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Conférence de presse du FMP
Paul Bérenger réclame une nouvelle équipe gouvernementale et dénonce un pays à la dérive
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Conférence de presse du FMP
Paul Bérenger réclame une nouvelle équipe gouvernementale et dénonce un pays à la dérive
Entre les répercussions du tsunami électoral américain sur le dossier des Chagos, les dysfonctionnements au Parlement, la crise de l’eau et la gestion des terres agricoles, le Fron Militan Progresis (FMP) a dressé un réquisitoire contre le gouvernement. Face à la presse au bureau d’Ambrose, à Rose-Hill, hier, Paul Bérenger, Chetan Baboolall et Joanna Bérenger ont multiplié les critiques sur la gestion du pays.
Le ton était donné dès le départ. Pour Paul Bérenger, les élections de mi-mandat aux États-Unis constituent un véritable «tsunami électoral» dont les conséquences pourraient dépasser les frontières américaines et avoir des répercussions sur plusieurs dossiers internationaux, notamment celui des Chagos. Le leader du FMP estime que ces résultats pourraient modifier les rapports de force sur la question de souveraineté de l’archipel. Il est notamment revenu sur sa proposition d’un nouvel accord impliquant Maurice, le Royaume-Uni et les États-Unis, inspiré du modèle du Groenland, dans lequel les intérêts stratégiques des différentes parties seraient pris en compte sans compromettre la souveraineté mauricienne.
En rappelant avoir défendu cette approche lors d’une conférence de presse le 19 septembre dernier, il s’est appuyé sur une récente interview du Premier ministre britannique, Andy Burnham, dans The Guardian, dans laquelle celui-ci évoque la possibilité de revoir l’accord entre Londres et Port-Louis en s’inspirant du règlement concernant le Groenland et le Danemark. Pour Paul Bérenger, cette convergence de positions mérite d’être prise au sérieux. Il regrette toutefois que Maurice ait, selon lui, laissé passer une occasion de défendre plus efficacement sa souveraineté.
Sur le plan national, le dirigeant du FMP a consacré une partie importante de son intervention à la situation politique et institutionnelle. Il a notamment réclamé une nouvelle équipe gouvernementale dans les meilleurs délais, estimant que le pays traverse une période particulièrement délicate, notamment avec les révélations concernant le trafic de drogue et l’implication présumée de certains éléments des forces de l’ordre. Sa demande est précise : un nouveau Premier ministre, un vice-Premier ministre, un ministre des Finances à plein temps, un ministre de l’Intérieur responsable de la police et de la lutte contre la drogue, ainsi qu’un nouvel Attorney General. «Le plus tôt cela arrive, le mieux pour le pays», a-t-il insisté.
Paul Bérenger a également critiqué l’absence annoncée du Premier ministre Navin Ramgoolam (NdlR: en déplacement à Paris pour un forum sur la paix) à la séance parlementaire de mardi prochain. Il s’est interrogé sur les priorités du chef du gouvernement à un moment où plusieurs dossiers sensibles nécessitent, selon lui, une présence et une attention particulières. Le leader du FMP a aussi dénoncé les conditions dans lesquelles le Mauritius Telecom Foundation Bill doit être présenté au Parlement, estimant que le texte comporte des imprécisions et soulève des interrogations sur le fonctionnement de cette fondation destinée à attribuer des bourses.
Affaires et dossiers en suspens
Prenant ensuite la parole, le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, a dressé un bilan particulièrement sévère des deux années du gouvernement. «Enn gouvernman zero bilan», a-t-il lancé, reprochant à l’exécutif de multiplier les lois sans que cela se traduise par une amélioration concrète des conditions de vie des Mauriciens. Il a notamment évoqué les difficultés liées au Certificate of Character, les dispositions de la Public Gathering Act, les pouvoirs envisagés pour la National Crime Agency et les garanties entourant les enquêtes policières. Selon lui, plusieurs textes législatifs renforcent davantage les mécanismes de contrôle de la population que les protections accordées aux citoyens. Chetan Baboolall s’est également interrogé sur les résultats de la lutte contre la drogue et la criminalité, revenant notamment sur des affaires toujours en suspens. Il a demandé davantage de transparence sur le Mauritius Telecom Foundation Bill, particulièrement les conditions d’attribution des bourses.
Enfin, Joanna Bérenger a abordé la question des terres agricoles, mettant en cause la gestion des terrains relevant du ministère de l’Agriculture. Elle a notamment évoqué le dossier des semences avariées importées par l’Agricultural Marketing Board (AMB), qui auraient occasionné des pertes de Rs 150 000 à Rs 200 000 à certains planteurs. Elle s’est interrogée sur la nécessité pour l’AMB d’importer des semences alors que le ministère dispose d’une division spécialisée dans la production de semences et de plants destinés aux agriculteurs locaux.
S’appuyant sur le rapport de l’audit, elle a indiqué que seuls 58 % des terres relevant de la division concernée étaient exploitées. Au centre de ses interrogations figure également le Seed Production Centre de Roches-Brunes, dont seuls 19 % des terres seraient exploitées.
Joanna Bérenger a notamment cité le cas d’Earthrise Farms Limited, qui aurait obtenu en novembre 2025 un contrat de bail de 12 ans portant sur des terres de ce centre pour des plantations fruitières et maraîchères. Elle s’interroge sur la compatibilité de cette exploitation privée avec la vocation stratégique du site.
Pour elle, les stations expérimentales et les centres de production de semences constituent des infrastructures essentielles à la sécurité alimentaire du pays. Leur mise en location risque, selon elle, de fragiliser la capacité de Maurice à produire localement des semences de qualité et à réduire sa dépendance aux importations.
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