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Décès de Levana, 13 mois

La joie de la famille a disparu avec elle

7 novembre 2026, 13:00

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La joie de la famille a disparu avec elle

Levana Azélie Blessing Casimir n’avait que 13 mois. À peine avait-elle commencé à découvrir le monde que la petite a perdu la vie, le dimanche 1ᵉʳ novembre, dans des circonstances troublantes. Sa mort fait l’objet d’une enquête policière.

Dans l’une des petites ruelles qui rejoignent l’impasse Cocoterie à Roche-Bois, un drame s’est joué dimanche dernier. Là où résonnaient encore récemment les gazouillis et les rires de cette petite fille de 13 mois, le silence a désormais envahi la place.

Sa vie ne faisait que commencer. Elle était à cet âge où chaque sourire, chaque geste et chaque nouvelle découverte deviennent une source de bonheur pour ses proches. Dans son foyer, elle était cette petite lumière qui égayait le quotidien, celle vers laquelle les regards se tournaient et qui apportait de la joie dans la maison.

Aujourd’hui, cette maison doit apprendre à vivre sans elle. Pour sa mère, Gabriella Deborah Casimir, 29 ans, la perte est immense. Comment accepter qu’une enfant que l’on a portée, soignée et accompagnée dans ses premiers mois de vie ne soit plus là ? Comment se résoudre à l’absence de ces petits gestes qui rythmaient le quotidien ?

Des épisodes de vomissements

Née le 23 septembre 2025, Levana aurait connu plusieurs jours difficiles avant le drame. Selon les explications de sa mère, son bébé souffrait notamment d’une infection à la gorge et connaissait des épisodes de vomissements. Elle avait d’abord été conduite au dispensaire avant d’être prise en charge à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, Port-Louis, où elle aurait reçu du sérum et une injection. Le 30 octobre, les médecins auraient recommandé son admission en observation. Toutefois, sa mère aurait signé un formulaire de Discharge Against Medical Advice (DAMA), permettant à son bébé de quitter l’établissement contre l’avis médical. Elle aurait expliqué devoir rentrer chez elle pour s’occuper de ses autres enfants.

Samedi, l’état de la petite semblait pourtant s’être amélioré. D’après le récit de sa mère, Levana avait retrouvé un comportement plus habituel et avait même joué avec les autres enfants de la maison. Mais cette accalmie aura été de courte durée.

Le lendemain, les vomissements auraient repris. La fillette manifestait également des signes de douleurs abdominales et continuait de pleurer. Dans ce contexte, Jean Yvan Adelaide, 27 ans, maçon de profession et compagnon de Gabriella Deborah Casimir, aurait entrepris de lui masser le ventre pour tenter de la soulager.

Lors de son interrogatoire, il a expliqué aux enquêteurs qu’il avait simplement voulu apaiser les douleurs de l’enfant. Il aurait déclaré : «Mo ti frot so vant akoz li gagn kolik.» Selon sa version, il aurait procédé à ce massage abdominal avant de constater que la fillette ne réagissait plus.

Il aurait alors alerté sa compagne, qui a contacté les services d’urgence. Vers 21 h 40, une équipe du SAMU s’est rendue au domicile familial, à l’impasse Cocoterie. Après avoir examiné l’enfant, le médecin n’a pu que constater son décès. Le corps a ensuite été transporté à la morgue de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. L’autopsie du bébé pratiquée le lundi 2 novembre par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer, a révélé que Levana Azélie Blessing Casimir est morte d’une «lacération de l’intestin». Cette grave lésion intestinale constitue désormais l’un des éléments centraux de l’enquête. Les circonstances dans lesquelles l’enfant a subi cette blessure restent à déterminer.

Le compagnon de Gabriella Deborah Casimir a été interpellé le même jour par les enquêteurs de la Criminal Investigation Division de Roche-Bois et de Baie-duTombeau. Il a été placé en détention après avoir expliqué avoir effectué un massage abdominal sur le bébé. Il a ensuite comparu devant la justice sous une accusation provisoire d’homicide involontaire par imprudence, selon les informations rapportées par la presse. De son côté, Gabriella Deborah Casimir défend son compagnon. Elle affirme qu’il n’a jamais fait de mal à ses enfants et conteste qu’il ait pu s’en prendre à sa fille. «Li pa finn fer mo zanfan nanye. Zame li pann bat zanfan-la», soutient-elle. Désormais, les enquêteurs devront établir ce qui s’est réellement passé dans les dernières heures de vie de Levana Azélie Blessing Casimir.

À Roche-Bois, derrière les investigations et les procédures judiciaires, il reste surtout l’histoire d’une petite fille qui n’aura vécu que 13 mois. Une vie interrompue alors qu’elle aurait dû encore être faite de jeux, de découvertes et de premiers apprentissages.


Adriano, sept mois, aurait été tué par son père en août

La mort de Levana Azélie Blessing Casimir rappelle un autre fait tragique qui avait bouleversé Roche-Bois, quelques mois plus tôt. Le dimanche 23 août, le petit Jean Keliana Adriano Perrine, dit Adriano, âgé de seulement sept mois, a été mortellement agressé à l’arme blanche. Son père, Jean Daniel Perrine, âgé de 30 ans, a été arrêté puis présenté devant le tribunal de Port-Louis Sud sous une accusation provisoire de meurtre. L’autopsie avait conclu à une blessure provoquée par une arme tranchante à l’abdomen.

Le père, un toxicomane, aurait également déclaré aux enquêteurs avoir entendu des voix lui demandant de faire du mal à son enfant. Ces éléments avaient conduit à son admission à l’hôpital psychiatrique Brown Sequard pour une évaluation de son état mental. Le décès d’Adriano avait suscité une vive émotion et soulevé des interrogations sur les dispositifs de protection des enfants exposés à des situations familiales difficiles. À quelques mois d’intervalle, la mort de ces deux très jeunes enfants dans la même localité ravive ces inquiétudes.

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