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Fridays for future: oui les jeunes s’intéressent à la politique… mais pas aux politiciens !

22 mars 2019, 22:18

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Fridays for future: oui les jeunes s’intéressent à la politique… mais pas aux politiciens !

Alors que le monde politique est secoué par la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo, les jeunes, eux, voient plus loin. Des centaines de Mauriciens se sont joints au mouvement Fridays for future, et en sont à leur deuxième vendredi de manifestation, en ce 22 mars. Il faut croire que ce sont davantage les grandes causes et l’avenir qui les intéressent, plutôt que les individus politiques…

 
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Il y a eu des forums-débats, des invitations dans les meetings et d’autres déclarations publiques pour tenter d’encourager les jeunes à faire de la politique. Vendredi dernier, 500 d’entre eux sont descendus dans les rues de la capitale pour réclamer un changement de politique afin de protéger l’environnement. Des jeunes Mauriciens inspirés par le mouvement Fridays for future lancé par la Suédoise Greta Thunberg, âgée de 16 ans. Et si cette initiative des jeunes Mauriciens était finalement un signe d’engagement politique ?

Lien environnement et système

Chez Lalit, parti politique de gauche, la démarche des jeunes de manifester dans les rues de Port-Louis rappelle des souvenirs d’une lutte de plus de 30 ans. Alain Ah-Vee, porte-parole du parti, explique qu’à l’époque déjà, les jeunes militaient pour un changement du système. «C’est une très bonne chose que de voir que des jeunes s’activent. Mais ce qu’il faut voir encore une fois, c’est le lien qui existe entre l’environnement et le système en place. L’environnement est ce qui les fait réagir, mais c’est un éveil sur le fonctionnement du système qui est réellement nécessaire», soutient Alain Ah-Vee.

Pour le militant de gauche, il y a urgence. Il évoque le rôle des grandes entreprises dans la dégradation de l’environnement. Alain Ah-Vee explique que le soulèvement des jeunes pour l’environnement ne peut être un combat isolé. «Cela doit pousser les dirigeants à penser plus loin. Lorsqu’on parle, par exemple, de la question de propriétés, réalisons-nous que 80 % des terres à Maurice appartiennent au privé ? Et ces terres sont bétonnées sans que nous ayons notre mot à dire

Conscience écologique

L’autre mouvement politique ayant, à maintes reprises, manifesté contre la destruction de l’environnement, c’est Rezistans ek Alternativ. Ayant fait de l’accaparement des plages par les promoteurs hôteliers leur principal cheval de bataille, ce parti est d’avis que cela fait des années que les jeunes se sentent concernés par la politique.

Nous avons sollicité Michel Chiffonne, membre du mouvement. Pour lui, la nouvelle génération a une conscience écologique déjà bien éveillée. «On ne peut pas dissocier leur démarche de la politique. Les jeunes manifestants font appel aux politiciens pour qu’ils agissent. L’environnement est une question centrale dans la sphère politique. Ils se bougent parce qu’ils se sentent concernés. On touche à leur vie. Ce que font les gros bonnets touche directement à leurs loisirs finalement et ils le réalisent», ajoute Michel Chiffonne.

Greta Thunberg activiste à 16 ans

Elle est une des plus jeunes militantes du monde. La Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, est connue pour ses grèves scolaires pour le climat. Mais c’est surtout sa prise de parole à la COP 24, le sommet des Nations unies sur les changements climatiques, qui a marqué les esprits. «Ceci est la crise la plus grave que l’humanité ait jamais subie. Nous devons en prendre conscience tout d’abord et faire aussi vite que possible quelque chose pour arrêter les émissions et essayer de sauver ce que nous pouvons», avait-elle déclaré le 4 décembre. Depuis, dans le monde, des jeunes descendent dans les rues pour manifester.