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Village de Roches-Noires

Une conseillère éjectée sans raisons claires

11 février 2024, 10:00

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Une conseillère éjectée sans raisons claires

Nivedita Ramjeeawon, conseillère du village de Roches-Noires, a été éjectée de son siège par son groupe. Cependant, la principale concernée ne comprend toujours pas pourquoi, surtout qu’aucune raison claire ne lui a été communiquée. Ce problème remet sur le tapis la mainmise des autorités sur les conseils de village et municipalités avec les amendements successifs de la Local Government Act (LGA).

Les amendements à la LGA ont permis à un parti ou un groupe d’éjecter un conseiller de village ou de municipalité uniquement sur une accusation selon laquelle la personne est devenue hostile au groupe ou parti en question et cela sans qu’il y ait besoin de preuve. Un autre amendement, introduit par le ministère des Collectivités locales, n’a pas changé grandchose et a seulement exigé que la décision soit prise par le «Leader, President, Secretary and two other members of the group» au lieu d’une seule personne. Et c’est le ministère des Collectivités locales, et non le Chief Executive du conseil de district, qui déclare le siège vacant.

Selon plusieurs observateurs, cette formule peut donner lieu à des abus. C’est ce qui s’est passé à Roches-Noires, le 8 décembre quand Nivedita Ramjeeawon reçoit une lettre de Sanjeev Rageah, secrétaire du parti ‘Nou Village, nou fierté’, datée du 5 décembre. Elle est convoquée à une réunion qui devait se tenir le 11 décembre, à 18 heures, au domicile d’un autre conseiller, Lenine Aukhajan. La raison évoquée est floue : «To discuss about your code of conduct in public, social media and towards the chairperson (ndlr : Sanjeev Rageah est aussi président du conseil du village) as well as members of the village council of Roches Noires».

La correspondance précise que son absence à cette réunion serait la preuve qu’elle n’est plus disposée à travailler dans le sens des objectifs du parti. Le même jour, elle répond qu’elle n’a reçu la lettre que le 8 décembre et qu’elle n’est pas disposée à assister à une rencontre au domicile d’un autre conseiller à 18 heures. Elle demande, dans la foulée, que la rencontre se tienne dans un lieu et à une heure appropriée pour une dame. Sa demande reste lettre morte.

Le 31 janvier, Nivedita Ramjeeawon reçoit une autre lettre, émanant cette fois du Chief Executive du conseil de district de Rivièredu- Rempart l’informant que son siège a été déclaré vacant par le ministre Anwar Husnoo.

Ragots et autres…

Quels sont les faits reprochés à Nivedita Ramjeeawon ? Pas de réponse claire à la question. Nous avons sollicité ceux derrière cette éjection. Ils ont évoqué des affaires personnelles et autres ragots qui circulent sur la conseillère. Quant à la principale concernée, elle explique qu’elle a eu vent de ces «palabres» qu’elle nie. De toute façon, tout ce qui a été dit n’a rien à faire avec son travail de conseillère. Cependant, elle a renoncé à avoir recours à la justice car elle estime que c’est une affaire perdue d’avance.

Pour rappel, le 19 mai 2023, les juges Iqbal Maghooa et Patrick Kam Sing avaient confirmé, dans un jugement, qu’il suffisait que le président ou le leader d’un parti ou groupe écrive au Chief Executive pour dire qu’un conseiller municipal ou villageois ne faisait plus partie du groupe ou parti pour que son siège soit déclaré vacant et qu’il soit remplacé par quelqu’un de la liste de réserve, conformément à la loi. Les juges soulignaient que le Chief Executive, n’ayant aucune obligation légale de questionner la lettre du président du parti, n’avait d’autre alternative que de déclarer les sièges vacants. Et l’amendement apporté à la LGA en décembre par Anwar Husnoo n’a rien changé dans le fond. Cet amendement aurait dû être l’occasion, selon un conseiller de village, d’établir une bonne procédure avant de déclarer un siège vacant. «Or, avec l’affaire Ramjeeawon, on voit bien que tout est permis, même les règlements de comptes personnels.»


Lumière !

Les villageois n’aiment pas l’obscurité. C’est en tout cas l’impression que l’on a lorsque l’on se penche sur leurs doléances auprès des conseillers du village de Roches-Noires. Une lampe au néon qui ne s’allume plus fait l’objet presque de harcèlement des conseillers de la part des habitants. Et quand enfin, le CEB arrive pour changer le tube au néon, cet ‘événement’ est répercuté à travers Facebook. Dans d’autres lieux, ce sont les drains qui sont devenus indispensables. Décidément, les villageois ont été gagnés par le slogan de ‘développement’.