Qui veut être conquis ?

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Nous vivons à l’ère de l’Internet, sur le continent africain, du téléphone 3G. Il faut imaginer un Gabonais, un Ghanéen, un Nigérian ou un Tanzanien, un haut fonctionnaire, un entrepreneur ou un étudiant en sciences économiques qui lirait la presse mauricienne de ces derniers jours. Outre de s’apercevoir que la diversité des 53 pays-membres de l’Union africaine est amalgamée en un seul mot fourre-tout, l’Afrique, il découvrirait surtout que Mauriciens et Indiens entretiennent de grands projets pour son coin de la planète. Si un journal trouve que Maurice est le pont évident entre l’Inde et l’Afrique, un autre relève le projet de coopération triangulaire Maurice-Inde-Afrique, alors que l’express fait état du plaidoyer d’Arvin Boolell et de Rama Sithanen pour «un tandem Inde-Maurice pour conquérir l’Afrique». Nous voilà néo-conquistadors ! Mais qui donc veut être conquis ?

Quel modèle de développement et de croissance avons-nous pour projet d’exporter sur le continent africain ? D’abord, quand allons-nous comprendre que les célébrations de la diaspora font parfois l’impasse sur ce qui existe déjà et pour lequel les entrepreneurs indiens ne nous ont pas attendus. Les échanges commerciaux entre l’Inde et l’ensemble de l’Afrique ont été de 50 milliards de dollars l’année dernière, dont 20 milliards pour la seule région ouest-africaine, cela principalement des investissements dans les secteurs gaziers et pétroliers. De quoi nous inciter, au moins, à réfléchir à neuf à notre approvisionnement en hydrocarbures. Allons-nous enfin nous intéresser aux possibilités de l’Angola, sans parler du Gabon dont on suggère une probable visite du président à Maurice, bientôt. Acheter nos carburants sur la côte ouest du continent africain, ce qui impliquerait de les raffiner en Afrique du Sud, aurait entre autres effets de réduire les frais d’assurance qu’occasionne la navigation au large de la Somalie.

Qui veut être conquis ? Personne. Qui recherche des partenariats nouveaux et imaginatifs ? De nombreux pays, sans aucun doute. Certains pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Gabon, comptent des nombres importants d’expatriés chinois. Pour leurs déplacements réguliers vers leur pays, ces derniers sont contraints de suivre des itinéraires très compliqués. Certains connaisseurs de ces marchés soutiennent qu’Air Mauritius pourrait en prendre une part, avec un vol d’Est en Ouest sur le continent.
L’imagination, voilà, sans doute, une conquête légitime. 

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