Repenser la participation citoyenne

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Fierté. C’est, sans l’ombre d’un doute, le sentiment de la majorité des Mauriciens avec l’ouverture des auditions orales à la Cour Internationale de Justice de La Haye, le 3 septembre. La revendication de notre souveraineté sur l’archipel des Chagos aura au moins réussi à nous rassembler.

Même les politiques qui s’acharnent à nous diviser expriment, depuis le début de la semaine, leur solidarité avec la délégation qui a fait le déplacement aux Pays-Bas. Difficile de croire qu’il aurait pu en être autrement tellement le sujet est sensible.

Cette adhésion populaire devrait nous inspirer, voire nous inciter à faire cause commune sur d’autres sujets d’intérêt national. C’est le seul moyen pour le pays de briser les tabous et sortir de l’état d’asservissement dans lequel le système contrôlé par quelques happy few nous cantonne depuis des années.

Déjà, nous assistons à quelques initiatives citoyennes, fort louables d’ailleurs, cherchant à braquer les projecteurs sur les enjeux sociétaux. Avec les réseaux sociaux, il est plus facile aujourd’hui qu’hier d’engager le citoyen. À plus d’une année, officiellement, des prochaines consultations populaires, ces plateformes de réflexion ou de mobilisation numérique méritent une plus forte résonance car elles peuvent contribuer à remodeler la société dans laquelle nous vivons. D’autant plus que le modèle actuel est loin de promouvoir la notion de bien commun.

Nous sommes livrés à des niaiseries politiciennes qui sont aux antipodes de nos préoccupations nationales

Toute tentative pour y remédier passera irrémédiablement par la participation citoyenne. Nous avons vu l’impact des réseaux sociaux lors des élections générales de 2014. Imaginez maintenant l’impact qu’ils pourront avoir s’ils sont mis à contribution pour reconnecter l’élu – de plus en plus déconnecté d’ailleurs, comme en témoignent les discours ces jours-ci de certains politiciens, gouvernants et opposants confondus – à l’électorat.

Alors que l’on s’attend à de vraies propositions face aux enjeux pressants comme l’essoufflement de la présente structure économique, le financement des partis politiques, la réforme électorale, l’amélioration du niveau et de la qualité de vie, le développement durable, entre autres, nous sommes livrés à des niaiseries politiciennes qui sont aux antipodes de nos préoccupations nationales.

Maurice mérite mieux, beaucoup mieux ! Pour changer la donne, il est nécessaire que chacun s’y engage. Il faut s’y mettre dès maintenant pour rompre une fois pour toutes avec la complaisance morbide qui a gagné pratiquement toutes les sphères de la République. Il ne s’agit pas ici de remplacer une administration par une autre, mais de dicter de nouvelles pratiques politiques pour une société plus juste.

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