Cannabis médical: le public commence à envoyer des propositions au comité technique

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Les membres du public peuvent soumettre leurs propositions concernant l’utilisation du cannabis médical jusqu’au 15 janvier.

Les membres du public peuvent soumettre leurs propositions concernant l’utilisation du cannabis médical jusqu’au 15 janvier.

«J’ai déjà reçu plusieurs propositions pour le développement de l’industrie et de médecins qui m’ont fait part de leur position. Ceci s’avère positif pour développer le cannabis médical», déclare Theeshan Bahorun, directeur exécutif du Mauritius Research and Innovation Council et président du comité technique sur le cannabis médical.

Alors que les propositions du public doivent être acheminées au ministère de la Santé jusqu’au 15 janvier 2021, notre interlocuteur dit avoir reçu diverses correspondances sur la question. «Nous allons faire le point avant la date butoir pour analyser les tendances, suggestions et commentaires. Le plus important est que c’est un exercice démocratique pour avoir les opinions des personnes concernées de près ou de loin par le cannabis médical. Et si on le met en place, cela bénéficiera à la population.»

Quelles propositions sont nécessaires pour une telle mise en place? «Moi, je souffre de diabète et de neuropathie diabétique. Il n’y a pas de médicaments pour cela à Maurice. J’avais des médicaments prescrits à Londres qui sont des dérivés d’opium mais avec des effets secondaires terribles. Maintenant que ce comité technique veut connaître l’opinion du public, c’est important de le faire», affirme Rashid Jaufeerally, optométriste, qui déposera sa proposition.

S’appuyant sur des recherches internationales, il se positionne en faveur de la libéralisation de l’importation et la vente du Cannabidiol. «J’en ai eu d’Europe et après utilisation, je ne souffrais plus. Définitivement, on doit pouvoir accéder au cannabis médical car c’est utile à diverses maladies en plus d’être un anti-inflammatoire.»

Epilepsie, sciatique, sclérose en plaques, cancer…

Pour sa part, Brigitte Michel, coordinatrice de l’association Aide, Infos, Liberté, Espoir et Solidarité (AILES), propose de réunir tous les experts nécessaires afin de recenser leur avis et d’introduire ce projet en accord avec juristes et médecins. «Il y a eu plein de témoignages de personnes ayant besoin de l’huile de cannabis médical pour se soigner.» À titre d’exemple, elle cite l’épilepsie, la sciatique, la sclérose en plaques, le cancer, entre autres maladies, que la médecine conventionnelle ne parvient pas à soulager.

Il incombe, insiste-t-elle, de définir les meilleures pratiques pour Maurice. Mais comment y procéder? «On ne peut pas faire comme n’importe quel autre pays du monde. Il faut adapter le projet à notre contexte local. De plus, il faut s’assurer que cela ne tombe pas entre les mains de la mafia. Ceci serait désastreux.»

Percy Yip Tong, président du Collectif Urgence Toxida (CUT), qui siège parallèlement sur le High-Level Committee sur la drogue, s’aligne également sur les vertus du cannabis médical face aux effets secondaires de la chimiothérapie entre autres pathologies.

«Il faut appliquer cette mesure sans aucune hésitation. Plein de pays l’ont fait. À notre niveau, il faut être structuré comme ces autres nations, c’est-à-dire avec une prescription médicale. Cela implique une importation de l’huile de cannabis. Cependant, Maurice peut même entreprendre sa propre production, ce qui reviendrait à moins cher.» En sus de la fabrication locale d’huile de cannabis, l’île pourra capter le marché international en entamant l’exportation.

Approvisionnement parallèle

En l’absence d’autorisation pour l’usage du cannabis médical, les approvisionnements parallèles vont bon train. «Des gens le font passer illégalement, ils le cachent et ne se font pas attraper. C’est du cannabis médical obtenu en pharmacie sous prescription d’Afrique du Sud», explique Brigitte Michel.

Un délit que concède Percy Yip Tong. «Des membres de toutes communautés et classes sociales font venir ces produits en contrebande pour l’usage de leurs proches. C’est souvent à travers des individus qui font des voyages.» Rashid Jaufeerally va plus loin, affirmant qu’un «marché noir s’est aussi développé». «Sur le marché noir à Maurice, vous pouvez l’avoir (le cannabis médical) mais à Rs 6 000 le millilitre, soit un usage pour environ trois jours.»

En attendant que l’étude pour évaluer la possibilité de recourir au cannabis médical passe à la vitesse supérieure, les propositions du public peuvent toujours être déposées. «Il ne faut pas confondre avec dépénalisation du cannabis tout court», rappelle Theeshan Bahorun.

Selon lui, le comité, qui regroupe une quinzaine de membres, se focalise sur un axe rigoureux et scientifique sur le cannabis médical. Au terme du délai fixé au 15 janvier, les propositions de la population seront évaluées en fonction des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

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