Visite à la ferme aquacole: l’AHRIM donne la réplique à Gayan

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Anil Gayan s’est rendu à la ferme aquacole de Grand-Gaube ce lundi 8 janvier, où des plongeurs ont vérifié la présence éventuelle de requins.

Anil Gayan s’est rendu à la ferme aquacole de Grand-Gaube, ce lundi 8 janvier, où des plongeurs ont vérifié la présence éventuelle de requins.

Ce lundi 8 janvier, ils ont décidé de ne pas répondre présents à l’invitation d’Anil Gayan, ministre du Tourisme. Eux, ce sont les membres de l’AHRIM, soit l’association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice. Ils ont fait faux bond au ministre Anil Gayan, ce matin, lors d’une visite à la ferme aquacole à Grand-Gaube. Ce dernier avait même déploré l’absence de l’AHRIM, soutenant que l’un des «principaux buts de cette visite c’était de considérer si les craintes exprimées par l’AHRIM sur la présence des requins autour des fermes aquacoles étaient justifiées ou pas».

Cependant, dans un communiqué émis ce lundi après-midi, l’AHRIM avance qu’elle a bel et bien reçu l’invitation du ministère du Tourisme, le vendredi 5 janvier. Sauf que selon l’invitation, cette visite avait pour but d’évaluer l’intérêt économique de l’Ilot Bernache et de l’île d’Ambre.

Or, soutient l’AHRIM, c’est dans la presse, le dimanche 7 janvier, qu’ils ont appris qu’il s’agissait en fait d’une visite à la ferme aquacole de Grand-Gaube. «Devant cette situation confuse, l’AHRIM a décidé, ce lundi matin, de ne pas modifier son calendrier. Nous avions déjà prévu une réunion importante pour préparer notre appel contre l’EIA Licence accordée à Growfish Ltd. Il faut savoir que le Tribunal de l’Environnement entend cette affaire ce mardi 9 janvier et que l’appel a été avancé de deux semaines. Nous avons jugé utile d’y donner priorité», peut-on lire dans le communiqué.

Attaques de requins

Pour rappel, c’est le 26 octobre dernier que l’AHRIM a logé cette affaire devant l’Environment and Land Use Appeal Tribunal contre le ministère de l’Environnement du développement durable qui a accordé un EIA licence à Growfish Ltd. De plus, dans le magazine de l’AHRIM de novembre 2017, des experts ont été sollicités pour donner leurs avis sur les risques que représente le projet de Growfish Ltd dans le cadre de la demande d’EIE (étude d’impact environnemental). Les interlocuteurs sont tombés d’accord sur le même avis : «Maurice ne sera pas à l’abri d’attaques de requins.»

Mais Anil Gayan, n’est lui, pas de cet  avis. Pour cause, d’autres partenaires, tels la Tourism Authority, le ministère de la Pêche et celui du Tourisme, s’étaient embarqués pour la balade ce matin, accompagnés de plongeurs. Ces derniers ont fait le tour des cages, sous l’eau. Ils sont ensuite remontés sains et saufs.  «Nous n’avons trouvé aucun signe de présence de requin autour de ces cages», a expliqué Anil Gayan.

La méthode est cependant décriée par l’AHRIM. «L’AHRIM réitère l’importance d’une étude scientifique sur la présence des requins dans nos eaux et leur comportement. Nous n’estimons pas très scientifique la méthode choisie ce matin à Grand-Gaube : une vidéo de quelques minutes réalisée par des plongeurs et commentée par le ministre lui-même», précise le communiqué.

Projet dangereux

« Par ailleurs, il faut rappeler que les réserves de l’AHRIM sur l’aquaculture ont été émises dans le cadre de l’octroi de l’EIA Licence à Growfish Ltd. Nous n’avons jamais évoqué la cage aquacole de Grand-Gaube ni commenté les informations reçues quant à la présence de requins autour de cette cage. Le principal motif d’appel concerne la démesure des objectifs du projet Growfish (cent fois plus élevés que ceux de la ferme de Mahébourg), le stimuli qu’il risque de représenter pour la population de requins et l’insuffisance de mesures de précautions prises pour éviter une présence accrue. Chacun des sites de Bambous identifiés pour ce projet contient de 48 à 84 cages de 50 m de diamètre chacune (soit une surface équivalente à 30 stades d’athlétisme), ce qui n’a absolument rien à voir avec le minuscule bassin de Grand-Gaube», soutient le communiqué.  

L’AHRIM maintient qu’un projet tel que celui proposé par Growfish est dangereux pour le pays si les risques ne sont pas complètement maîtrisés et une réglementation appropriée posée. Elle réitère sa détermination à tout faire pour protéger le pays et l’industrie du Tourisme de tels risques.

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