La Russie va relancer ses emprunts auprès de la population

Avec le soutien de
Le budget est attendu en déficit de 3,2% du produit intérieur brut cette année contre 3,6% en 2016, alors qu'il était quasi équilibré avant la crise.

L'Etat russe, confronté à une baisse de ses revenus pétroliers, va relancer en avril une pratique courante à l'époque soviétique consistant à emprunter auprès de la population, a annoncé lundi le ministre des Finances Anton Silouanov.

Pour la première fois depuis les années 1990, les Russes auront désormais la possibilité d'acquérir directement, deux fois par an, des titres de dette publique proposés par l'Etat en complément de ceux proposés traditionnellement aux investisseurs institutionnels sur le marché de la dette.

«Le montant total de l'émission de ces titres pourra varier autour de 20 à 30 milliards de roubles par an», soit environ entre 325 millions et 500 millions d'euros au taux actuel, a précisé M. Silouanov, cité par les agences russes.

Le ministre a souligné que ce montant était «peu élevé» par rapport aux emprunts totaux, prévus cette année à 1.800 milliards de roubles (30 milliards d'euros).

L'idée d'un grand emprunt contracté auprès de la population avait été évoquée en 2015 quand l'Etat a vu ses revenus tirés des hydrocarbures s'effondrer alors qu'ils représentaient la moitié des rentrées budgétaires en période de prix élevés.

Le gouvernement peinait en outre alors à s'endetter sur le marché en raison des sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne. Si désormais la Russie emprunte sans peine, elle a confirmé son idée d'avoir recours aux bas de laine de ses habitants.

Finalement, la première émission de dette sera lancée en avril, selon M. Silouanov. Elle consistera en des titres remboursables en trois ans à un taux moyen de 8,5%, soit supérieur à l'inflation (autour de 5% sur un an actuellement) mais aussi aux taux des dépôts bancaires.

Chaque Russe pourra souscrire à cet emprunt entre 30.000 roubles (500 euros) et 25 millions de roubles (400.000 euros), a-t-il précisé.

Le budget est attendu en déficit de 3,2% du produit intérieur brut cette année contre 3,6% en 2016, alors qu'il était quasi équilibré avant la crise. Cette prévision est bâtie sur un baril de pétrole à 40 dollars, contre autour de 55 dollars depuis le début de l'année, mais Vladimir Poutine a demandé au gouvernement de ne pas utiliser la cagnotte en découlant pour de nouvelles dépenses mais pour reconstituer les réserves financières.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires