Campagne Collectif Arc-en-Ciel: quand les Mauriciens ont du mal à accepter…

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La campagne du Collectif Arc-en-Ciel comprend notamment des affiches qui seront placardées dans 31 points stratégiques à travers l’île et ce jusqu’au 23 février.

La campagne du Collectif Arc-en-Ciel pour amener la population mauricienne à prendre conscience des droits légitimes des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres a vite enflammé la Toile. Avec des propos violents tenus par plusieurs internautes. Réagissant, le collectif recentre le débat.

«Malédiction», «calamité», «acte contre nature»… Ce sont quelques-uns des termes utilisés par des internautes pour réagir à la demande de légalisation de la sodomie du Collectif-Arc-en-Ciel, qui a lancé une campagne nationale pour les droits de la communauté des lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT). De nombreux propos homophobes et intolérants qui continuent d’alimenter les réseaux sociaux, principalement Facebook.

La plupart des opposants à la légalisation évoquent la religion pour s’élever contre cette pratique sexuelle, qui «attire la malédiction», soutient un internaute. D’autres expliquent que «Dieu a créé Adam et Eve. Pas Adam et Steeve».

Autant de propos, les uns plus violents que les autres, qui font réaliser à quel point de nombreux Mauriciens sont extrêmement intolérants envers ceux qui ont une orientation sexuelle différente de la leur.

Réagissant face à cette vague de violence,le Collectif Arc-en-Ciel souligne qu’il ne s’agit pas uniquement de légaliser la sodomie. Le collectif évoque deux autres axes de sa campagne comprenant la création d’une loi concernant les violences à caractère de haine (comprenant l’homophobie et la transphobie), et l’intervention de la société civile dans les écoles publiques afin de parler de la sexualité et des risques liées à cette pratique si elle est non protégée.

«Le droit d’aimer est un principe fondamental»

Pour le collectif, évoquer uniquement l’aspect légalisation de la sodomie dans ce combat est trop réducteur car il ne fait qu’attiser l’homophobie. «Nous sommes en 2015 et les préjugés persistent. Nous ne réclamons pas plus de droits que les autres. Notre campagne est axée sur le droit d’aimer qui est un principe fondamental», relève Pauline Verner, coordinatrice et chargée de plaidoyer du Collectif Arc-en-ciel.

Un casting a été organisé pour «mieux faire passer notre message et de montrer de vraies personnes». Plusieurs personnes de la communauté LGBT se sont engagées. Parmi celles retenues pour  la campagne, certaines sont de vrais couples dans la vie, ce qui a permis d’obtenir une vraie complicité au niveau des photos.

Si la campagne dérange, l’idée de départ n’était de ne choquer quiconque, mais de mettre en place un mécanisme pour que la société mauricienne reconnaisse le droit d’exister et d’aimer à ceux qui font partie de la communauté LGBT.

Ainsi Droit d’aimer et d’exister pour tous est le thème choisi par le Collectif Arc-en-ciel pour amener la population mauricienne à prendre conscience des droits légitimes des LGBT.

Grâce au financement obtenu par le Fonds Canadien d’Initiatives Locales, le collectif a pu mettre sur pied cette campagne d’affichage qui comprend l'utilisation des billboards, des insertions dans la presse écrite et digitale ainsi que des spots radio.

Des affiches seront donc placardées dans 31 points stratégiques à travers l’île jusqu’au 23 février. La campagne se poursuivra jusqu’au 28 février à  la radio et le Web. Trois supports visuels mettant en scène des gays, lesbiennes et une personne transgenre ont été utilisés pour faire avancer les choses à Maurice et faire les gens prendre conscience de la situation. La campagne a été faite en français et en créole pour toucher le maximum de personnes.

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