Publicité
Point of order: cette tactique pour freiner l’adversaire au Parlement
Par
Partager cet article
Point of order: cette tactique pour freiner l’adversaire au Parlement
«On a point of order Madam speaker…» C’est une phrase récurrente dans l’hémicycle à chaque fois qu’un élu souhaite montrer sa désapprobation à un commentaire de son adversaire.
D’habitude un parlementaire soulève un point de procédure (point of order) s’il juge un terme inapproprié au décorum de la Chambre ou s’il pense qu’une allégation a été commise à son encontre. Toutefois certains abusent de cette disposition des règlements de l’Assemblée nationale (standing orders) pour couper leur adversaire dans son élan lors d’un débat ou freiner ses ardeurs argumentatives.
«C’est une tactique du gouvernement pour empêcher l’opposition de le critiquer tout comme c’est une tactique de l’opposition pour empêcher le gouvernement de vanter ses réussites», nous dit un ancien speaker.
Rajesh Bhagwan, député de l’opposition, confie, pour sa part, qu’il est déjà arrivé qu’un ministre coupe les arguments de l’opposition plusieurs fois en utilisant les points de procédure. «On utilise aussi les points of order quand des ministres fournissent des réponses trop longues à nos questions.»
De son côté, Bobby Hureeram, Chief Whip, fustige certains membres de l’opposition qui «font perdre du temps» avec des points de procédure pas nécessaires. «C’est clairement un abus de certains. Ça arrive du côté du gouvernement aussi mais moins qu’avec l’opposition», clame-t-il.
Faisant valoir que des points de procédure «peuvent en réalité ne pas en être», l’ancien speaker précise que «c’est à la speaker d’en déterminer la pertinence». Elle peut statuer sur le champ comme elle peut aussi remettre sa décision à plus tard. «Si elle juge qu’un point of order n’est pas pertinent, personne ne peut la questionner.»
Rajesh Bhagwan insiste lui aussi sur le rôle de la présidente de la Chambre. «On utilise tous les points of order mais si la speaker trouve que quelqu’un exagère, elle doit intervenir car un élu peut en soulever plusieurs durant la même séance s’il le souhaite», indique le député mauve. À l’ancien speaker de renchérir : «Chaque parlementaire peut en faire usage quand il le juge nécessaire.»
Pour Bobby Hureeram, si des parlementaires soulèvent des points de procédure inutiles, c’est qu’ils ne connaissent pas suffisamment les standing orders qui «sont la base même pour les élus». Par conséquent, le Chief Whip appelle les élus à prendre le temps des vacances parlementaires afin de mieux connaître les règlements de l’Assemblée nationale.
Publicité
Publicité
Les plus récents