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Dorsamy Ayacouty: «Les marchandises stockées dans l’entrepôt dépassaient la quantité autorisée»

22 novembre 2017, 00:30

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Dorsamy Ayacouty: «Les marchandises stockées dans l’entrepôt dépassaient la quantité autorisée»

Les pompiers ont pris huit jours pour retrouver Dineshwar Domah. Sa famille accuse les autorités d’avoir pris trop de temps pour intervenir. Veuillez nous expliquer le protocole observé.

Pendant la première heure, nous avons mené l’opération search & rescue. Je l’ai dit déjà, on avait des problèmes pour pénétrer dans l’entrepôt. Les issues étaient bloquées par des marchandises stockées partout. Il faisait très chaud, la fumée était épaisse. À mesure que les flammes s’éteignaient, on déployait les pompiers à l’intérieur de l’entrepôt.

Il faut d’abord évaluer la sécurité de nos hommes avant qu’ils ne puissent pénétrer à l’intérieur. Dès qu’un pompier s’avance à l’intérieur du bâtiment, il prend ses repères. C’est uniquement quand le feu a été circonscrit qu’on peut entreprendre une recherche complète. L’entrepôt doit être complètement déblayé.

Il faut à ce moment-là l’aval de la police et des Scene of Crime Officers car sinon on risque de compromettre les indices. Jeudi, c’est avec les éléments de la Special Mobile Force (SMF) que nous avons travaillé. Celle-ci a pris quatre jours pour retrouver le corps du disparu.

Les issues ont été démolies après plusieurs jours… N’êtes-vous pas d’avis que les pompiers ont tardé à réagir ?

À une heure du matin le lundi 13 novembre (NdlR : le feu s’est déclaré aux alentours de 17 heures le dimanche12 novembre), les pompiers avaient déjà pénétré l’entrepôt à cinq ou six reprises. Depuis19 heures dimanche, on s’est mis à travailler. Nos pompiers sont formés et peuvent entrer dans n’importe quel bâtiment. Mais dans ce cas-ci, le plus gros souci a été la visibilité. Elle était inexistante à cause de la fumée et l’intensité du feu. Tout cela a joué contre nous.

Selon la famille, si c’était l’enfant d’une personnalité qui avait été pris au piège dans l’entrepôt, les pompiers auraient tout mis en œuvre pour le sauver. Que leur répondez-vous ?

Il n’y a absolument pas de distinction ! J’ai risqué ma vie pour sauver six personnes lors des inondations en 2011 à Mont-Goût. Ce, sans aucun équipement. Les pompiers étaient très motivés pour retrouver le jeune homme. Ils refusaient de quitter les lieux et ont fait tout leur possible pour le retrouver.

Est-ce la première fois que vous faites face à ce type d’incendie ?

Oui, c’est la première fois ; même si nous avons eu à circonscrire de nombreux incendies dans le passé. À l’instar du bâtiment Hassamal, un bâtiment très haut, ravagé par les flammes. Il y a eu d’autres incendies importants, tels qu’à la Compagnie mauricienne de textile ou encore à Cernol. Un entrepôt qui prend feu, ce n’est pas la première fois ; mais l’incendie à Shoprite était d’une forte intensité.

En quoi était-il différent des autres ?

Avec la période festive qui commence, beaucoup de produits étaient stockés à l’intérieur de l’entrepôt notamment des denrées alimentaires. Les marchandises stockées dépassaient la quantité autorisée. Il faut savoir que plus il y a des matières combustibles, plus l’incendie sera violent. Du coup, il sera difficile à circonscrire. La fumée, la flamme et la chaleur seront plus intenses. La chaleur s’est propagée à grande vitesse. Ce n’est qu’une fois les flammes éteintes que nous avons découvert qu’il existait un total de quatre foyers.

Certains estiment que les premiers pompiers à être arrivés sur les lieux n’ont que deux à trois ans d’expérience. Étaient-ils assez réactifs face à l’ampleur de l’incendie ?

C’est faux de dire que tous les premiers pompiers étaient des jeunes. Seuls quelques-uns avaient deux à trois ans d’expérience. Les autres en avaient jusqu’à 15. Les pompiers étaient très réactifs. L’incendie s’est déclaré plus tôt et lorsque les pompiers ont été alertés, il était déjà un developing fire. La quantité de fumée qui émanait de l’entrepôt était déjà une indication.

Normalement, combien de temps cela prend-il pour circonscrire un tel feu ?

On ne peut jamais être sûr de la durée d’une opération, on ne peut qu’établir une moyenne. L’entrepôt était fermé. On n’avait aucune idée de ce qu’il y avait à l’intérieur. Certains disaient que les produits étaient sur les étagères. Ce n’est qu’à l’intérieur qu’on a été confronté à l’étendue de l’incendie. Il y avait des sachets de gâteaux, du riz ou encore des pâtes dans des emballages en plastique entreposés dans des boîtes en carton. Toutes les conditions étaient réunies pour alimenter le feu.

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