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Pramila Patten, justicière à plein-temps
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Pramila Patten, justicière à plein-temps
Vous venez d’être nommée sous-secrétaire du secrétaire général des Nations unies avec un mandat particulier de conseil sur les violences sexuelles dans des zones de conflit. Vous serez basée à New York ?
Ma nomination au sein du cabinet du secrétaire général des Nations unies exige que je sois à New York au quartier général. Faisant partie du conseil de gestion et étant chargée d’assister le secrétaire général et de conserver une cohérence stratégique dans l’application des actions de l’Organisation des Nations unies (ONU), je dois impérativement être basée à New York. Je quitte Maurice en juin car prends mes fonctions le 12 de ce mois. Ce ne sera pas comme prendre un nouveau départ étant donné que depuis 2003, je siège sur le comité des Nations unies sur l’Élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des Femmes (CEDAW) et je passe au minimum trois mois l’an à New York. Donc, y être ne me pose aucun problème. Vivre dans une ville qui ne dort jamais n’est pas si désagréable que cela. On ne s’y ennuie jamais. New York City est le berceau des comédies musicales et la culture y est omniprésente.
Comment concevez-vous votre nouveau rôle ?
J’ai un mandat bien établi et le bureau que je vais occuper, a été créé par la résolution du Conseil de sécurité 1888 en 2009. Je suis dorénavant le porte-parole de l’ONU et le défenseur politique sur la violence sexuelle liée aux conflits. Je suis aussi la présidente du réseau Action de l’ONU contre la violence sexuelle dans les conflits. Je continuerai dans la voie tracée par mon prédécesseur mais je compte aussi donner un nouvel élan à la lutte contre l’impunité en travaillant étroitement avec la Cour pénale internationale, ainsi qu’avec le comité des sanctions du Conseil de sécurité. J’estime que les sanctions imposées par le Conseil de sécurité telles que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs, devraient être appliquées davantage. Je vais aussi privilégier le dialogue avec les gouvernements en mettant l’accent sur une plus grande appropriation nationale et les aider à renforcer leurs capacités à lutter contre ce phénomène complexe et très délicat à travers des réformes de leur justice and security sector. En tant qu’experte du comité des Nations unies sur le CEDAW, j’ai une compréhension très sophistiquée de ce qu’est la discrimination et les inégalités du genre. Je compte m’attaquer tant aux causes de la violence sexuelle qu’à ses effets en répondant aux besoins des victimes. Je travaillerai étroitement avec la société civile et les communautés locales afin de mieux définir les facteurs de risque et élaborer des stratégies de prévention et de protection contre la violence sexuelle.
Parlez-nous de votre famille.
Je suis la troisième d’une famille de six enfants. Mon père Rasangon, un homme de grande valeur, était bijoutier et sa bijouterie était à la rue Moka, à Port-Louis. Ma mère Nila était femme au foyer et s’est occupée de ses enfants et de leur éducation d’une main de fer et de fée. Mon père disait toujours qu’il n’avait pas de grandes richesses à nous léguer mais qu’il allait investir à fond dans notre éducation, qui était notre passeport pour la vie et il a accompli cette mission.
Mes parents nous ont inculqué le sens du travail, du devoir, de l’honnêteté, ainsi que de l’humilité. Ma personnalité de battante et de femme entière et intègre, je la dois à mes parents, surtout à mon père qui a inlassablement encouragé ses quatre filles à être autonomes. Ce fut ma première leçon d’autonomisation de la femme.
Mon père est mort il y a 25 ans et ma mère il y a un an. Mes sœurs, mes frères et moi, sommes très proches. Ils vont me manquer.
Je considère que mon fils Irvin, né en janvier 1993, une année après le décès de mon père, est une réincarnation de ce dernier. Comme mon père, Irvin m’a toujours soutenue dans mon travail et dans la carrière internationale que j’ai choisie. Je suis aussi très fière qu’il ait suivi les traces de son père Ivan Collendavelloo, et les miennes, et ait décidé d’embrasser une carrière d’avocat. Irvin prêtera serment comme avocat au barreau mauricien, le 22 septembre. Malheureusement, je ne serai pas présente, mais son père sera à ses côtés. Comme moi, Irvin est membre du Gray’s Inn. J’espère qu’il sera un aussi bon avocat que son père. Mon fils va reprendre mon cabinet. Vous voyez, ma relève est déjà assurée.
Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde?
Gandhi a dit : «Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes.» Je continuerai à faire ce que je peux et du mieux dont je suis capable, à chaque instant.
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