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Vivekanand Ramburrun: «Il est impossible de contrôler un trafic de 300 000 à 400 000 conteneurs par an»
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Vivekanand Ramburrun: «Il est impossible de contrôler un trafic de 300 000 à 400 000 conteneurs par an»
Le directeur des douanes est en poste depuis plus d’un an. Il a mis en place une unité spéciale pour contrer l’entrée de la drogue au pays via le port et l’aéroport.
Huit mois depuis la création de l’Anti-Narcotics Section, quel est le bilan de cette unité ?
Le résultat est positif. On travaille d’arrache-pied. C’est une section qui s’appuie sur des renseignements, ce qui ne se faisait pas souvent auparavant. Maintenant, avec les informations qu’on reçoit au quotidien, on fait des analyses internes sur le marché local, les sources d’informations, les bases de données internationales. Nous avons tissé une relation régionale très étroite avec des pays comme La Réunion, Madagascar, les Comores, le Kenya, le Mozambique et l’Afrique du Sud. En termes de chiffres, il faut savoir que de la drogue d’une valeur de Rs 2,7 milliards a été saisie entre octobre 2016 et mars 2017.
Quel a été l’élément déclencheur de la mise en place de cette unité ?
Il n’y avait pas de système de renseignement. Lorsque j’ai rejoint le département des douanes, j’ai dit qu’il fallait une section spécialisée. J’en ai parlé au directeur de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Un directeur adjoint s’occupe de cette section, qui emploie 78 personnes.
Nous jouons un grand rôle pour ce qui est de la facilitation de l’échange international et le mouvement transfrontalier de marchandise. La vocation de Maurice est l’exportation. Il y a un trafic de 300 000 à 400 000 conteneurs par an. Il est impossible de tout contrôler. Il faut juste faire la balance et avoir une vision des risques.
Cent cinquante-sept kilos d’héroïne saisis en deux semaines. Comment expliquezvous cette saisie record et soudaine ?
Cette saisie n’est pas soudaine. On travaillait sur les renseignements depuis longtemps. On avait déjà fait des contrôles qui se sont révélés négatifs. Mais le bateau était toujours dans notre collimateur. Nous avions son manifeste. En même temps, on travaillait en étroite collaboration avec le département des douanes d’Afrique du Sud.
Grâce à une hotline, le public peut fournir des informations concernant les trafiquants de drogue. Est-ce fructueux ?
Le public commence à faire des dénonciations sur le numéro de téléphone spécial 8958, ainsi que sur notre e-mail [email protected], qui, je vous le rappelle, est anonyme. Je lance un appel aux gens pour qu’ils nous aident s’ils sont témoins de quelque chose de louche.
Plus d’un an que vous êtes à votre poste. Quel regard jetezvous sur cette année ?
C’est une année très fructueuse. Les résultats sont visibles. J’avais aussi un autre défi, celui d’améliorer le classement de Maurice en ce qui concerne le Doing Business. Nous sommes en train de prendre des mesures, de concert avec le Board of Investment, entre autres, pour accélérer le dédouanement des marchandises. Seulement 5 % des conteneurs sont contrôlés, s’appuyant sur les risques.Les 95 % restants sont vérifiés à l’aide de documents.
Nous avons une base de données sur les importateurs, les déclarants, les exportateurs, le pays d’origine. C’est comme ça partout dans le monde. Il faut savoir que, pour le dédouanement, il n’y a pas que la douane qui est concernée, mais aussi d’autres acteurs économiques, comme la MRA.
Quel changement avezvous apporté au département des douanes ?
J’ai redéployé les douaniers en fonction de leurs compétences. Il y a 11 sections au sein de la douane. J’ai fait une sélection du personnel pour intégrer la Narcotics Section. J’ai fait une rotation fondée sur les compétences et j’ai mis la bonne personne au bon endroit. J’ai mis en place le K9, la section canine. On a fait un budget pour 24 chiens renifleurs. Nous avons prévu des maîtreschiens. Au total, 83 douaniers ont été recrutés, plus trois psychologues.
Pensez-vous que l’arsenal mis en place est suffisant pour arrêter les trafiquants ?
La technologie change. Nous devons suivre l’évolution. La qualité d’image d’un scanner vieux de dix ans n’est pas la même. On vient de changer le gros scanner du port. Nous allons déjà vers un protocole d’accord avec la police afin de travailler de concert avec la National Coast Guard. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale des douanes.
Le gouvernement actuel dit «être sans pitié» pour combattre le trafic de drogue. Et vous, quel est votre avertissement aux trafiquants ?
Notre objectif, à la douane, est que tout ce qui entre dans le pays, ou qui en sort, soit en conformité avec la loi du pays. Nous travaillons pour mettre un frein au trafic de drogue à Maurice ainsi qu’à la contrefaçon et aux produits prohibés. Il nous faut aussi un coup de main de la population. Rien ne se fait sans les renseignements. Nous voulons tous vivre dans un pays débarrassé de la drogue.
Rs 2,5 mds de drogue saisie en trois mois
<p>La brigade antidrogue et les douaniers ont été sur la brèche durant ces trois derniers mois. Plus de Rs 2,5 milliards de drogue a été saisie à l’aéroport et au port entre janvier et mars. C’est ce qu’indique un document déposé à l’Assemblée nationale. Au port, la valeur de la drogue saisie est de Rs 2,3 milliards, alors qu’à l’aéroport, la drogue saisie est estimée à Rs 126 millions. L’année dernière, de la drogue d’une valeur de Rs 70 millions avait été saisie au port et, à l’aéroport, la drogue saisie était estimée à Rs 95 millions.</p>
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