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Anand Babbea: «Une restructuration interne pour revaloriser l’humain»

28 mars 2017, 20:04

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Anand Babbea: «Une restructuration interne pour revaloriser l’humain»

La situation financière de la Banque de développement de Maurice (DBM) était dans le rouge récemment. Qu’en est-il aujourd’hui ?

La DBM était dans le rouge à cause des comptes en arrérages. Le montant en souffrance était assez élevé en 2015-2016. Beaucoup d’individus minimisent l’importance d’un emprunt de la DBM et pensent que le paiement sera written off. Si votre projet est bon, vous aurez votre emprunt. Mais il faut aussi une repayment capacity, soit honorer le paiement et assurer la pérennité dans l’activité professionnelle. Grâce à un travail d’équipe, nous sommes sortis de cette situation. Le bilan aujourd’hui est positif.

Quels sont vos objectifs en tant que président du conseil d’administration?

L’un des objectifs de la DBM lors de sa création, en 1988, était de faire de la recherche. Quand je suis arrivé, il n’y avait pas ce département. Il y a eu divers changements depuis. Le personnel compte des années d’expérience. En l’impliquant davantage, nous pourrons agir comme la Research Cell de l’État. Il faut encourager la formation du personnel à l’étranger. C’est en côtoyant les personnes à l’international que nous aurons des idées novatrices.

Autre objectif : acquérir une meilleure visibilité. Et nous pensons à l’organisation structurelle de l’institution avec un département marketing. Un autre dossier concerne la restructuration interne. Nous n’allons pas diminuer le nombre de personnel mais revaloriser le personnel. Avec mes 25 ans d’expérience dans le secteur bancaire, j’essayerai de changer les choses en valorisant l’humain.

Quel est le rôle de la DBM dans une société en mutation technologique ?

Un de nos rôles est d’identifier les secteurs en mutation. Aujourd’hui, nous ne pouvons dire que la DBM doit financer uniquement le secteur sucrier ou celui du thé. Mais que cherche la nouvelle génération ? En le comprenant, nous serons plus aptes à mettre en place les structures nécessaires pour répondre à ses demandes.

Quel est le bilan du «Grant Scheme» pour les chauffe-eau solaires ?

Pour 2015, le scheme a permis de financer 80 000 foyers. Pour l’année financière 2016-2017, nous avons reçu 27 750 demandes et en avons approuvées 21 722. 112 demandes n’étaient pas éligibles et 5 916 sont en suspens.

Pourquoi ces demandes sont-elles en suspens ?

Lorsque nous avons commencé le processus, les demandeurs devaient nous transmettre leurs données avant de revenir compléter la demande. Or, souvent les gens ne se présentent pas. Il arrive aussi qu’ils ne soient pas propriétaires de la maison où doit être installé le chauffe-eau, alors que c’est l’un des critères exigés. Les soumissionnaires peuvent se présenter au plus tard le 30 avril pour compléter la demande. Au cas contraire, celles-ci ne seront pas traitées.

Comment ce projet évoluera-t-il ?

Ce projet a changé les choses pour des Mauriciens. Ceux qui utilisent une douche électrique ont une facture élevée d’électricité. À chaque fois, nous avons adapté le scheme à la situation. La prochaine fois, nous y apporterons des modifications. Pour la suite du scheme, les discussions pré-budgétaires sont en cours.

Qu’en est-il des nouveaux projets ?

Nous allons bientôt lancer deux parcs industriels à Vuillemin et Plaine-Magnien. Au lieu d’investir dans les bâtiments, l’eau, l’électricité, avec ces parcs industriels, les entrepreneurs auront une one-stop shop. Il est important de leur donner les infrastructures nécessaires car ces investissements sont onéreux pour eux. Nous prévoyons de lancer ce projet d’ici deux mois. Nous viendrons aussi avec d’autres projets. Nous ne pouvons les dévoiler maintenant. Nous ne pouvons être en compétition avec les autres banques. En revanche, nous pouvons apporter des facilités et continuer à renforcer les produits existants qui soutiennent les entrepreneurs.

 

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