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Ashvin Gokhool: «Le recrutement d’un GM gelé»

24 juillet 2016, 13:30

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Ashvin Gokhool: «Le recrutement d’un GM gelé»

 

C’est un homme qui préfère être dans l’ombre, loin des caméras. Le président de la CNT a malgré tout accepté de répondre à nos questions. Au sujet de l’achat de nouveaux autobus et des réunions organisées par l’avocat Rama Valayden avec les employés, entre autres. Et au milieu de tout ça, les ralentisseurs, à l’origine d’une polémique. Alors, est-ce que ça roule à la CNT ? Embrayons.

Commençons par les «retarders» (NdlR, ralentisseurs). Certains employés de la CNT déplorent le fait que ce mécanisme n’a pas été intégré dans les nouveaux autobus Yutong…

 Vous savez, je ne suis pas ingénieur. Mais je me base sur les conseils d’experts dans le domaine. Le «retarder» est un ralentisseur qui peut être activé manuellement et automatiquement. En 2014, lors de l’achat de nouveaux autobus, il y a eu quelques soucis. La CNT a consulté des professionnels de Yutong et est ensuite passé au mode automatique. Les ralentisseurs sont toujours présents. Deux communiqués l’expliquent bien : celui d’ABC Motors qui représente la marque Yutong et le nôtre.

Vous voulez dire que les ralentisseurs sont toujours là mais qu’ils sont invisibles ?

 Oui. Il s’agit d’un dispositif qui est là et qui se déclenche automatiquement quand il le faut. Tout est bien expliqué dans les deux communiqués de presse.

Dans la même veine, les services de Rama Valayden ont été retenus par des employés qui ne sont pas satisfaits des ralentisseurs. Depuis quelques semaines, des réunions se multiplient. Qu’en pensez-vous ?

Il faut comprendre les rouages de la CNT. Depuis des années, nous travaillons en étroite collaboration avec les syndicats : TIW, NTCEU, TCEU, BITU, UBIW et CTSP. Tous ces syndicats ont des rencontres régulières avec la direction. Nous continuons à travailler et à discuter avec eux. Le plus important, c’est d’être à l’écoute. Et après, s’il le faut, nous discuterons avec Rama Valayden. Est-ce que vous avez déjà entendu un syndicat légalement reconnu dire qu’il y a un problème avec les ralentisseurs ?

Il y a eu le départ de deux General Managers (GM). Et là, une Executive Team a été mise en place pour gérer la CNT. Cherche-t-on un nouveau GM ?

Nous avons eu des candidats pour occuper le poste de GM. Il y a eu une évaluation et c’est à partir de là que nous avons eu l’idée de nommer un Officer in Charge. C’est sûr qu’on va recruter un GM. Mais pour l’instant, le projet est gelé en attendant que l’équipe instaure une structure adéquate et des bases solides.

Pourquoi une Executive Team ?

Quand je suis arrivé, j’ai instauré le Corporate Governance Principle. Nous avons créé six sous-comités et ce, dans divers départements : finances, ressources humaines, audit, corporate governance, opérations et stratégie et marketing. Tout ça pour faire avancer les choses. Les membres du board sont des hauts cadres du ministère des Infrastructures publiques et des gens du privé. Notre objectif, c’est de rendre la CNT profitable, tout en proposant un service de qualité et en étant à l’écoute des employés. Il y avait plusieurs postes vacants au niveau du management et middle management. Nous avons rempli ces postes. L’Executive Team est une transition. Nous avons besoin de compétences pour consolider l’organisation et aller encore plus vite. L’équipe est là pour donner un nouveau souffle à la compagnie.

Qui fait partie de cette équipe ?

 Un Officer in Charge sera à la tête de cette équipe qui comprend un haut fonctionnaire du ministère des Infrastructures publiques, notamment. Nous avons fait notre choix mais je ne peux en dire plus car il faudra d’abord passer par le Conseil des ministres (NdlR, qui a avalisé la nomination de Jayavadee Sooben comme Officer in Charge de la CNT vendredi. Elle occupe le poste de Deputy Permanent Secretary au ministère de tutelle). L’équipe sera constituée par la suite avec des personnes compétentes du secteur public.

Que pouvez-vous nous dire sur la situation financière de la CNT ?

 Quand je suis arrivé, les employés m’ont demandé si des licenciements étaient prévus. Ma priorité c’est de rendre la CNT rentable. Celle-ci était quand même dans une situation où elle subissait des pertes. C’est un gros challenge, pas facile du tout. Les comptes de 2013 ont été compilés récemment. Nous nous attelons à présent de compléter ceux de 2014 et 2015. Je ne veux pas donner de chiffre mais ce que je peux vous dire c’est que la situation financière est loin d’être rose. Il ne faut pas regarder le passé mais vers le futur. A partir de là, nous avons lancé des projets. L’achat d’autobus et le recrutement d’employés en font partie. Ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que la situation de la CNT est stable.

La CNT ne roule donc plus à perte ?

 Le board a travaillé et a pris des décisions et à présent, la situation financière de la CNT a été stabilisée.

Comment ?

À travers les actions entreprises. Nous avons acheté 100 nouveaux autobus. Ces autobus réduisent les coûts d’entretien. Les bus neufs créent un «feel good factor». Nous avons analysé des lignes et avons créé des trajets plus courts. La CNT dessert 88 lignes et on était initialement surpris de constater que deux tiers des lignes de la CNT ne sont pas rentables. Il ne faut oublier que notre objectif est aussi de rendre service à la population et donc, nous avons aussi des lignes «sociales». Nous desservons plusieurs longs trajets qui ne sont pas rentables. Nous avons revu tout ça et ouvert de nouvelles lignes qui couvrent des trajets plus courts. Par exemple, Rivière-desAnguilles – Chamouny. Nous avons pris en considération les paramètres disponibles, en identifiant, par exemple, les périodes de pointe et les périodes creuses. Nous avons capitalisé sur les périodes de pointe. Nous avons un rapport qui date de juin 2016 rédigé par le management de la CNT. Il démontre qu’on a pu rendre 44 % de nos lignes rentables. Et puis, nous sommes en discussion avec la National Transport Authority (NTA) pour trouver des solutions en ce qui concerne les lignes «sociales». Il faut rester dynamique. Il faut que la population sache que les opérateurs illégaux piratent les lignes de la CNT, ce qui provoque un manque à gagner important. Des mesures sont prises déjà par le ministère en ce qui concerne les opérations crackdown, entre autres. Je vous ai donné les grandes lignes mais sur je ne peux pas dévoiler toute notre stratégie !

Y-a-t-il une volonté de reprendre certaines lignes qui sont rentables ?

 C’est la NTA qui décide de la desserte des lignes. Mais bien sûr, nous voulons créer en ouvrir d’autres, qui n’existent pas pour le moment. Une demande a été faite en ce sens. Nous penchons par exemple pour des agglomérations, comme à Trianon ou à Ébène. Nous ne pouvons pas en dire plus par rapport à la concurrence.

On a évoqué une modernisation des services que propose la CNT…

Déjà, nous sommes en train de renouveler notre flotte de véhicules. Nous avons 120 nouveaux autobus. Nous comptons venir de l’avant avec un système de GPS pour que les passagers puissent savoir où les autobus se trouvent, le Wi-Fi, un site dédié avec des applications… Il faut vraiment avancer avec le développement et revoir les services que l’on offre aux passagers. On a pensé à des écrans LCD dans les autobus, qui déboucheront sur des possibilités de publicité et donc une source de revenus pour la CNT.

Ces services sont pour quand ? Cette année ?

C’est en cours de réalisation. On travaille dans cette direction. L’Executive Team est justement là pour faire bouger les choses.

 

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