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Echouement du MV Benita : incursion dans l’univers des hélicoptères

23 juillet 2016, 15:21

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Echouement du MV Benita : incursion dans l’univers des hélicoptères

 

Plus d’un mois depuis que le MV Benita, battant pavillon libérien, s’est échoué sur les rochers basaltiques du Bouchon. Cet échouement a mobilisé un bon nombre d’effectifs, et par la suite nécessité des interventions au quotidien. L’hélicoptère étant le seul moyen de mener à bien les opérations, ceux du Police Helicopter Squadron (PHS), basé à quelques mètres du site ont ainsi été sollicités.

C’est ainsi que les pilotes du PHS, habitués à des opérations de routine notamment le Search and Rescue (SAR) et de surveillance côtière pour la National Coast Guard (NCG), des opérations de sauvetage lors de randonnées ou encore des opérations anti-drogue, ont vu leur quotidien chamboulé. «Nous avons une quantité de travail limité à laquelle on s’attelle au quotidien. Depuis l’échouement, les vols sont plus fréquents. La dernière fois qu’on est intervenu dans ce genre d’’opération c’était en 2011 lors du naufrage du MV Angel One», explique Neeraj Sharma, le commandant du Police Helicopter Squadron.

En effet, le Dhruv, le Fennec et le Chetak font de nombreux vols, entre la base d’opération à Plaisance et celle du navire, depuis le 17 juin. Plusieurs opérations sont effectuées. A commencer par l’hélitreuillage du chef ingénieur Alvin Maderse blessé lors de la mutinerie à bord, le transport des experts grecs du Five Oceans Salvage. Ils ont aussi héliporté des équipements pour le pompage d’huile à bord, transporté l’huile lourde jusqu’au terrain de foot de la région, des équipements pour le renflouage, entre autres. Si les quatre hélicoptères sont utilisés pour les opérations, seul le Dhruv peut transporter des charges plus lourdes. Le Chetak peut accommoder cinq passagers, le Fennec trois et le Dhruv quatorze.

Selon les statistiques disponibles à ce jour auprès de la PHS, un chargement de 150 tonnes a été transféré sur le vraquier et 228 réservoirs de fioul ont été enlevés de sa cale. Ils sont 1 500 membres du personnel à avoir fait le va-et-vient entre le navire et la terre ferme. «On approche les 1 000 voyages jusqu’au navire. Normalement, nous ne volons pas autant. Et c’est difficile d’opérer avec autant de poids», dit le commandant. Le temps n’a pas été clément non plus, avec des vents forts. «Le vent n’est pas favorable. C’est très complexe. C’est difficile de manier l’appareil dans ces conditions. Les pilotes sont bien formés pour ce type d’urgence», confie-t-il.

L’ACP Parmanand Sookun, pilote du Fennec qui a essuyé des vagues de plusieurs mètres de haut (voir encadré) affirme que les pilotes sont habitués à voler 50 heures par mois. «Nou bann mouvman inn sanzé impé depi sa. Inn gagn pli bokou vols», lance-t-il. Selon lui, au total, 145 heures de vols ont été effectuées depuis le début de l’opération. Hormis le transfert des équipements, les hélicoptères ont dû, a plusieurs reprises, relier les cordes aux remorqueurs. «Nou ena enn poids pou risé. Sé enn distans 200 à 300 m. 6 fwa nou inn fer sa exersis atas bato la», affirme-t-il.

Depuis le naufrage du MV Benita, les pilotes doivent adhérer à un système de rotation. «Tout le monde a été mobilisé. Si vous n’êtes pas en forme, il faut le dire. C’est un travail de précision. Benita dan enn langle. De temps en temps gagn enn la houle. Bisin pran bann précautions», confie-t-il.

 

Quid des interventions de nuit? A cela, le commandant Sharma explique que les vols de nuit sont difficiles. «Comparé aux avions, les hélicoptères volent bas. Fil électrique, oiseaux…il y a beaucoup d’obstacles. Tout va dépendre des conditions d’éclairage. Si la lune est visible, là on peut. Les hélicoptères ont des limites. Même si tous ces hélicoptères peuvent voler la nuit, le but c’est de mener à bien une mission», affirme le commandant.

Autre département à être sur le qui-vive depuis le début des opérations : le département technique. «15 personnes sont actives tous les jours pour s’assurer que tous les hélicoptères sont en état de marche. Kan ena pli bokou vols nou nombre servicing augmenté. Li vinn pli frekan. Li basé lor heure de vol ou nombre utilisation appareil la. Nu inn transporte kargo entre 500 kg et 1 tonne», explique l’ASP Sanjaye Buljore, Maintenance Officer. Selon lui, il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de défaillance dans les systèmes de bord. «Nou pé voyaz dan bann atmosfer tré salin. Bizin observ bien bann teknik», fait-il ressortir.

Le Fennec déstabilisé par la houle : L’ACP Sookun raconte

C’est une expérience qu’il n’oubliera pas de sitôt. C’est la première fois qu’il perd un moteur en vol. «Pa ti atann», raconte l’ACP Sookun. Son premier réflexe a été de garder son sang-froid. L’ACP Parmanand Sookun décollait du MV Benita mardi dernier à bord du Fennec, avec trois passagers.

C’était la cinquième rotation lorsqu’une grosse houle d’une hauteur de 5 mètres s’est élevée et a fait des éclaboussures, engloutissant ainsi l’hélicoptère. «Monn trouv zis blan. Enn moter in teign. Bann pasazé inn koumans krié», se souvient-il. Il a dû sortir l’appareil de ce rideau d’eau avec un seul moteur. «Nou koné kouma sorti ladan gras a bann formation ki nou fer. De temps en temps nu fer enn pratiq avek enn moter», explique-t-il.

Avec une dextérité remarquable et en gardant son sang-froid il a su ramener l’appareil à terre, avec le SP Thakeshwar Singh Bobeechurn. Cela fait 23 ans que l’ACP Sookhun pilote le Fennec. Il détient 3 000 heures de vol. «Pli ou envolé ou konn machine la bien. Souvan nou fer bann pratik miz a nivo», explique=t-il.

Issu d’une famille modeste, le père étant laitier, l’ACP Sookhun décide à l’âge de 12 ans d’être médecin ou pilote. Son premier job a été de rejoindre la force policière. Il fait ses premiers pas comme constable. En 1990, il devient technicien aéronautique. Il a suivi une formation de technicien en Inde pour moteur d’hélicoptère. En 1992, il est sélectionné comme pilote au sein du Police Helicopter Squadron. «Depi sa mo semin in sanzé».

Très confiant, il fait son premier vol à bord du Chetak en 1993. Aujourd’hui, il a presque 4 000 heures de vol au compteur. Il est également instructeur pour le Fennec. Sa première mission ? Sauver des pêcheurs à bord d’une pirogue qui avait chaviré au large de Baie-du-Cap pendant la nuit. Selon lui, ils étaient à environ 5 milles nautiques de la côte. Ils sont restés 26 heures dans l’eau. «Pli vié la inn nazé ek inn donn lalerte», se souvient-il.

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