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Charge modifiée contre Peter Wayne Roberts: la famille de Lee-Ann Palmarozza «outrée»

29 septembre 2015, 10:48

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Charge modifiée contre Peter Wayne Roberts: la famille de Lee-Ann Palmarozza «outrée»

Rebondissement dans l’affaire Lee-Ann Palmarozza. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a modifié, il y a quelques jours, la charge qui pesait sur le milliardaire sud-africain Peter Wayne Roberts dont la compagne a été retrouvée morte dans la piscine d’un hôtel cinq-étoiles, le 30 décembre 2014. Il sera finalement poursuivi pour manslaughter, soit meurtre. Il faisait auparavant face à une charge provisoire d'assassinat, qui implique une peine plus lourde.

 

Contacté en Afrique du Sud par l’express, le beau-père de Lee-Ann Palmarozza, Jack Haye, se dit outré par la tournure des événements. Pour lui, c’est une charge d’assassinat qui devrait être logée contre Peter Wayne Roberts. 

 

«Je n’ai malheureusement aucune connexion à Maurice pour lutter contre cette charge», se lamente-t-il. Faute de moyens, la famille ne peut que suivre le déroulement de l’enquête à travers les autorités mauriciennes et la presse.

 

«Nous n’avons aucun sentiment pour lui», affirme Jack Haye, tout en espérant qu’il n’y aura pas de remise en liberté pour Peter Wayne Roberts, le 1er octobre. «Le 30, ça fera dix mois que Lee-Ann est décédée», déplore-t-il.

 

Quelles sont les implications d’un changement de charge?

 

S’il avait été trouvé coupable sous une accusation d'assassinat, Peter Wayne Roberts aurait pu écoper d’une peine d’emprisonnement maximale de 60 ans. Mais avec la charge de meurtre, la peine pourrait aller jusqu’à environ 45 ans.

 

C’est une «pratique courante» et qui dépend des preuves, indique-t-on du côté du DPP. Même son de cloche du côté de Me Rama Valayden, un des avocats pénalistes de l’accusé. «Ce n’est pas rare qu’une charge change. Cela se fait d’ordinaire après une enquête préliminaire.»

 

Mais pour lui, il est clair que son client est innocent. L’enquête préliminaire qu’il a mené le démontre, soutient-il. Dans cette affaire, il montre du doigt des «erreurs» commises par «la poursuite» et «qui continuent à persister».

 

Selon lui, ce procès fera perdre de l’argent à l’État car «c’est clair qu’il (NdlR Peter Wayne Roberts) poursuivra l’État». «Il a les moyens de le faire et ce sera mauvais pour l’image et la réputation du pays.»

 

«Un concept inacceptable, archaïque et inhumain»

 

Pour Me Shakeel Mohamed, avant que le DPP ne décide de la charge finale contre Peter Wayne Roberts, il a dû analyser toutes les preuves en relation avec les délits possibles. «S’il faut loger une affaire contre quelqu’un, le DPP ira vers des preuves qu’il détient», explique-t-il. Du coup, la charge provisoire peut être finalement rayée ou la charge finale peut être modifiée en relation avec les preuves qui sont dans le dossier à charge.

 

Même s'il est «courant» de modifier une charge provisoire, pour Me Shakeel Mohamed cela ne veut pas dire que c’est une bonne pratique. «C’est un concept inacceptable, archaïque et inhumain» qui a été inventé à Maurice «pour donner la possibilité d’arrêter des personnes même s’il n’y a pas de raison. C’est pour pouvoir contrôler la liberté de quelqu’un», lance-t-il.

 

Il poursuit que la charge provisoire n’existe pas dans les livres de droit mauriciens, il n’est fait mention que de «charge». Il confie que la «provisional charge» est devenue une pratique acceptée. Cela même en violation «de nos droits» qui garantissent la liberté de l’individu.

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