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Economic Mission Statement: la performance des fonctionnaires surveillée de près
24 août 2015, 08:50
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Economic Mission Statement: la performance des fonctionnaires surveillée de près
Après l’appel de sir Anerood Jugnauth (SAJ) samedi aux fonctionnaires d’être efficaces, le chef de la fonction publique ne mâche pas ses mots. Interrogé hier, dimanche 23 août par l’express, Sateeaved Seebaluck a déclaré qu’il surveillera de très près la performance des fonctionnaires. «Nous attendons un changement d’attitude et nous prendrons le taureau par les cornes. Il n’y a pas de place pour les canards boiteux dans la fonction publique», a-t-il lancé. Et d’ajouter que des mesures ont déjà été prises pour veiller à ce que les 80 000 fonctionnaires soient disciplinés et donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Dans son Economic Mission Statement samedi, SAJ a placé la fonction publique au centre même du développement. «Fonctionnaires, soyez efficaces car je vous libère des griffes jurassiques qui vous immobilisaient sous l’ancienne administration», a-t-il lâché sous un tonnerre d’applaudissements. La fonction publique a souvent été synonyme de lenteur administrative, de privilèges ou encore de sécurité d’emploi. Si cette perception est vraie, elle risque de changer dans les semaines à venir.
Sollicité par l’express, Alain Wong se dit fier que le PM souhaite dynamiser la fonction publique, dont il est le ministre. Il indique que plusieurs plans sont à l’étude pour donner une nouvelle impulsion aux fonctionnaires. «J’étudie la possibilité d’introduire le flexi-time pour permettre aux employés de mieux s’adapter », fait-il ressortir.
Au lieu de pratiquer des horaires 9 heures à 16 heures, ce qui est «difficilement gérable» pour certains fonctionnaires, Alain Wong envisage d’introduire les créneaux suivants : 8 heures à 15 heures et 10 heures à 17 heures. Il souhaite également établir un programme d’échanges public-privé à travers lequel des fonctionnaires pourraient accroître leur expérience dans le privé et vice versa.
Payés par le public
Qu’est-ce qui doit changer dans la fonction publique ? Krish Ponnusamy, ancien chef de la fonction publique, indique que cette déclaration de SAJ appelle à une «remise en ordre», un nouveau «mindset» et un plan de réforme. «Il ne faut pas oublier que la fonction publique s’occupe des législations et tout repose dessus. Il faut pouvoir relier le travail des fonctionnaires à la stratégie nationale et perform avec discipline pour aller avec le progrès», dit-il. Et de rappeler que la fonction publique touche la population elle-même et que les fonctionnaires sont payés par le public.
«Il y a toujours des brebis galeuses dans toute profession. Mais la grande majorité des fonctionnaires fait de son mieux», fait valoir, pour sa part, Rajoo Vithilingem, ancien Permanent Secretary (PS) dans la fonction publique. Concernant la lenteur alléguée des fonctionnaires, il souligne qu’il y a des procédures à respecter. «Ce n’est qu’une perception de dire que les fonctionnaires sont lents ; aucune étude n’a été réalisée dans ce sens», martèle-t-il.
Rajoo Vithilingem concède néanmoins que des soucis liés au retard de certains employés en arrivant au travail et à d’autres qui partent tôt ont été relevés. «L’appel de SAJ, qui a par ailleurs toujours été pro-fonctionnaire, est une bonne chose. Ayons confiance, s’il faut demander aux fonctionnaires de faire un effort, c’est positif», dit Rajoo Vithilingem.
Pour sir Bhinod Bacha, ancien chef de la fonction publique, ce domaine a un impact direct et immédiat sur les opérations économiques et la croissance globale du pays. Il cite, par exemple, les cas de favoritisme ou de trafic d’influence occasionnés par des fonctionnaires, qui ont conduit «à la ruine de l’État».
Selon sir Bhinod Bacha, il faudrait que le leadership de chaque ministère soit éclairé et les objectifs bien maîtrisés. Et d’ajouter que la perception selon laquelle les fonctionnaires sont lents est inexacte. «Peut-être qu’il y en a une poignée, cela existe partout. Mais il y a des fonctionnaires qui restent jusqu’à tard, après 16 heures pour des consultations», argue-t-il. Pour sir Bhinod Bacha, l’appel de SAJ est un «wake up call», car la vision 2030 du gouvernement «ne peut pas être réalisée sans la participation de la fonction publique, qui est vitale».
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