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Attentat à Bangkok: des Mauriciens racontent
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Attentat à Bangkok: des Mauriciens racontent
Ambiance tendue à Bangkok. L’explosion d’une bombe lundi, dans un sanctuaire situé à proximité des centres commerciaux et des grands hôtels, a tué au moins 20 personnes et fait plus d’une centaine de blessés. Le lendemain, un engin explosif du même type que celui responsable de l’attaque de la veille a été lancé d’un pont sur des passants, sans faire toutefois de blessés. Deux Mauriciens vivant dans la capitale thaïlandaise témoignent.
Sterenza Anamah: «Je vais souvent là où la bombe a explosé»

Depuis l’attaque, Sterenza Anamah, une étudiante de 22 ans, indique ne pas avoir «vraiment de craintes. Les gens disent d’éviter les endroits très fréquentés». Son quartier, Thonglor, est à 15 minutes en taxi du lieu de l’attentat, «quand il n’y a pas d’embouteillages». «J’y vais souvent, il y a plusieurs centres commerciaux sur place. La dernière fois que j’y suis allée c’était vendredi dernier. C’est touristique et très fréquenté».
La jeune femme est en deuxième année de Fashion & Marketing au Raffles College, une école de commerce australienne implantée en Thaïlande. Au moment de l’attentat à la bombe lundi, elle s’apprêtait à sortir dîner avec une amie. «C’est elle qui m’a appelée pour me dire qu’on ne pouvait pas sortir, que le quartier était bouclé par les militaires et que tous les restaurants étaient fermés». En même temps, les réseaux sociaux bouillonnaient d’activité. «Tout le monde disait d’être prudent. Sur le coup, on ne savait pas quelle était la gravité de ce qui s’était passé. C’est quand on a vu les vidéos, postées par des journalistes étrangers sur place, qu’on a compris.»
La jeune femme est donc restée chez elle à regarder les infos en boucle et les vidéos mises en ligne. «Et puis, on s’est mis à la terrasse pour voir l’ambiance.» Elle n’a pas manqué de répondre aux appels de sa famille, inquiète de savoir si elle était en sécurité. «Je ne sais pas si à Maurice, cela a eu la même ampleur qu’au moment de l’attaque de Charlie Hebdo en France. La Thaïlande, ce n’est pas très connu. Je crois que les gens à Maurice ne se sont pas vraiment rendu compte de l’impact.»
En ce moment, Sterenza Anamah reste à la maison pour terminer son projet de fin de diplôme. Après, «c’était déjà prévu», elle quittera la Thaïlande en septembre. En retenant l’image d’un pays où «c’est facile de s’installer. La vie n’est pas vraiment chère». Une ville, Bangkok, où elle «prend le taxi seule à 22 heures ou minuit. C’est quelque chose que je n’aurais jamais pu faire à Maurice». Pas non plus de regards et de commentaires désobligeants dans la rue, quand elle sort court vêtue, «pas comme à Port-Louis».
Reggie Collendavelloo : «J’évite les foules»

Deux jours après l’attaque à la bombe, Reggie Collendavelloo s’est rendu sur les lieux à l’occasion d’une présentation des correspondants de presse à Bangkok. «Mais je n’ai pas fait de photos, par respect pour les morts.» Le Mauricien témoigne: «Sur place, il y a encore des médias, une présence policière et plein de gens qui viennent se recueillir. Mais rien n’a changé pour nous.»
L’attaque a eu lieu en début de soirée, lundi. Ce jour là, Reggie Collendavelloo, General Manager de BM Asia, société qui crée des ambiances musicales, vaque tranquillement à ses occupations. Il a la tête dans ce business qui se spécialise dans la création d’ambiances, «qui sont diffusées à des heures spécifiques dans des hôtels, des spas, des centres commerciaux». BMAsia travaille avec les Seychelles et l’Asie du Sud-Est. C’est après avoir passé 25 ans en Australie que notre compatriote s’est installé seul en Thaïlande en 2012.
Son quartier, Thonglor, est à environ 10 km de là où la bombe a explosé. «Bangkok est immense, la ville fait pratiquement la taille de Maurice». Il ne sait rien de l’attaque jusqu’à ce qu’un «oncle, qui est en Australie, m’appelle pour me demander de mes nouvelles. C’est lui qui m’a annoncé qu’il y avait eu un attentat à la bombe».
Reggie Collendavelloo se rue alors sur sa télé. «Même deux heures après l’attentat, les chaînes locales ne couvraient pas encore l’événement.» La Thaïlande est aux mains d’un régime militaire. Les chaînes d’information internationales diffusent déjà des images en boucle. Les réseaux sociaux sont aussi en alerte. Et pourtant, «si on n’avait pas été alerté, on n’aurait rien su». C’était business as usual.
«J’ai appelé mon patron parce que je savais qu’il était à deux stations de métro du lieu de la catastrophe et il m’a dit que le métro continuait à fonctionner normalement, comme si de rien n’était.»
Moins d’une semaine après ces attaques, Reggie Collendavelloo dit ne pas craindre pour sa sécurité. «L’histoire de la Thaïlande est marquée par plusieurs épisodes violents.» Le pays a connu un coup d’Etat militaire en 2014. Dans l’immédiat, notre compatriote, «évite les foules et les lieux très fréquentés».
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