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Allégation de brutalité policière: un adolescent affirme avoir été tabassé par la CID

27 août 2014, 12:49

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Allégation de brutalité policière: un adolescent affirme avoir été tabassé par la CID

«Ils étaient quatre à me frapper. Ils ont utilisé leurs matraques et leurs mains. Ils m’ont frappé au visage, aux jambes, partout.» Cet adolescent de 17 ans a la voix qui tremble en racontant le sale quart d’heure qu’il soutient avoir passé entre les mains de la Criminal Investigation Division (CID) de Quartier-Militaire. Accusé d’avoir volé Rs 150 000 de bijoux, il aurait été malmené par les policiers pour qu’il avoue ce crime qu’il soutient n’avoir jamais commis. Contacté, le Police Press Office affirme ne pas avoir été mis au courant de cette affaire.

 

Tout commence dans l’après-midi du mardi 19 août, au domicile de l’adolescent. Il était un peu moins de 15 heures lorsqu’il aurait reçu un appel anonyme sur son portable. «J’ai décroché, et on m’a dit de sortir dans la rue. J’y suis allé, et c’est alors que j’ai vu un 4x4 de la CID s’approcher. Des hommes en sont sortis et m’ont forcé à entrer dans le véhicule», se souvient-il.

 

Il raconte avoir été conduit au poste de police de Quartier-Militaire, où il aurait été «interrogé» par une dizaine de membres de la CID de la localité. «Il y avait 9 policiers, mais seuls quatre d’entre eux me frappaient. Ils voulaient que j’avoue avoir dérobé ces bijoux. J’avais tellement mal que j’ai avoué, avant de crier que je les avais cachés chez moi», allègue l’adolescent. Cependant, le jour où aurait été commis le délit en question, il soutient avoir travaillé. Il était employé jusqu’ici par une société de lavage de voitures du centre, mais a perdu sa place suite à cette mésaventure.

 

Après qu’il eut «avoué», les policiers auraient embarqué de nouveau le suspect pour qu’il leur montre où était le butin. «Une fois chez moi, j’ai hurlé que la CID m’avait arrêté et que j’avais été frappé. Mais mes parents n’étaient pas là, il n’y avait que ma grand-mère», relate le jeune homme. La vieille dame n’aurait cependant rien pu faire, et son petit-fils aurait encore une fois été emmené par les policiers.

 

Ces derniers l’auraient ensuite déposé en face d’un dispensaire, et lui auraient conseillé de raconter qu’il s’était blessé en tombant. Cela faisait environ deux heures que son calvaire avait commencé, affirme notre interlocuteur. «J’étais salement amoché, j’avais très mal à la jambe et je pouvais à peine marcher. Je suis rentré directement chez moi, et j’ai dit à mes parents de m’emmener à l’hôpital», explique-t-il.

 

Muni d’une Form 58 et accompagné de ses parents, il aurait alors tenté de porter plainte au poste de police de Moka, mais les policiers lui auraient indiqué qu’il devait se rendre à Quartier-Militaire, où il aurait été battu. L’adolescent explique avoir finalement pu porter plainte au poste de St-Pierre.

 

La voix nouée, il explique avoir beaucoup de mal à se remettre physiquement et mentalement de cette mésaventure. «J’ai perdu mon travail, j’ai mal partout. Comment la police peut-elle agir ainsi ?» s’interroge-t-il. Tout cela aurait commencé, soutient le jeune homme, après une banale dispute familiale. «Ce sont des parents à moi qui ont porté plainte pour vol de bijoux et qui ont dit à la police que j’étais le coupable», allègue-t-il.

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