Publicité
Quatre patients perdent la vue à l’hôpital de Moka: «En Inde on nous a dit qu’il était trop tard»
Par
Partager cet article
Quatre patients perdent la vue à l’hôpital de Moka: «En Inde on nous a dit qu’il était trop tard»
Désespérés, ils se sont rendus en Inde pour se faire soigner. En vain. Ces quatre patients ont perdu la vue suite à une injection d'Avastin, médicament destiné à ralentir la perte de vision. Et depuis, la plupart d'entre eux ne travaillent plus.
C’est notamment le cas pour Krishna Appadoo. Cet homme d’affaires ne travaille plus depuis fin mai. Comme lui, Kasee, soudeur de son état, connaît le même sort. «Nous avons puisé de notre poche pour payer le voyage en Inde. Nous avons tout tenté. Et mon mari ne peut plus travailler.Même si l’argent n’arrangera rien», confie sa femme Jayshree Kasee en évoquant la possibilité de poursuivre l’Etat.
Les autres patients sont Sylvestre Antonio, chauffeur de taxi et un retraité. Ces derniers se sont tous rendus à Chennai le mois dernier afin de recevoir des traitements plus poussés. Mais sur place, «les médecins indiens nous ont dit qu’il était trop tard, le cas est dépassé et qu’ils ne pouvaient rien faire pour nous», deplore Ravinduth Kasee.
Hier, ces patients ont été convoqués au siège du ministère de la Santé. «Les officiers du ministère nous ont expliqué qu’une enquête a été instituée. En attendant,nous sommes censés avoir un document certifiant que nous avons perdu la vue au niveau d’un oeil afin que l’on puisse toucher une pension de la Sécurité sociale», explique Krishna Appadoo.
Comment expliquer ce qui leur est arrivé ? En fait, même s’il est périmé de quelques mois, l’Avastin, médicament qui est censé ralentir la perte de vision, ne peut provoquer d’effets secondaires, tels que la perte de la vue. Une explication possible: une mauvaise manipulation du médicament avant l’injection.
Le Pr Cyrus Tabatabay, chirurgien ophtalmologue des facultés de médecine et de sciences de l’université de Genève et consultant au ministère de la Santé, explique qu’il pourrait s’agir d’une contamination soit au moment du prélèvement, soit au moment de l’injection de l’Avastin. En d’autres mots, au moment de la manipulation du médicament.
L’Avastin est utilisé par injection à l’hôpital de Moka depuis 2008. Ce médicament est généralement utilisé chez les patients souffrant de diabète dans le but de ralentir la détérioration de la vue. Le Pr Tabatabay souligne qu’il faut s’en tenir strictement aux directives des protocoles d’injection afin de minimiser le risque d’infection. «Il existe des différences d’usage dans tous les pays. Lesconditions d’hygiène en France ne sont pas les mêmes qu’à Maurice, par exemple. Il faudrait identifier les risques d’infection à Maurice et adapter la prévention à ce contexte.»
Le médecin précise qu’en Suisse, une injection d’Avastinest est effectuée dans des conditions de chirurgie, c’est-à-dire dans une salle stérilisée. Quant aux risques d’infection liés à l’Avastin, le médecin explique que cela peut s’avérer dans un à trois cas sur 10 000.
Publicité
Publicité
Les plus récents