Publicité
Tracé du métro léger: Arab Town appelée à disparaître
Par
Partager cet article
Tracé du métro léger: Arab Town appelée à disparaître
Vêtements, produits de beauté, ustensiles de cuisine, nourriture… À la foire d’Arab Town, lieu emblématique de la ville de Rose-Hill, on y trouve de tout à un prix qui défie toute concurrence. Le samedi, il y a tellement de monde qu’il est difficile d’y circuler. Pourtant, ce marché est appelé à disparaître car il se trouve sur le tracé du métro léger. L’express est allé à la rencontre des marchands et des habitués d’Arab Town.
Dès que l’on pénètre dans ce bazar, les marchands vous suivent du regard. Attendant sans doute de déceler un soupçon d’intérêt pour un de leurs produits. C’est la chasse aux clients puisque les affaires ne marchent pas aussi bien que d’habitude pour les marchands de prêt-à-porter. «Cela fait 25 ans que nous sommes ici. Les affaires marchaient mieux auparavant. Et ce, même si nous avons une clientèle fidèle ici», affirme Salim Boodhoo, marchand de vêtements.
«Nous avons entendu parler du projet du métro léger. Toutefois, il n’y a rien eu d’officiel. L’essentiel c’est que si on nous prend notre lieu de travail, qu’on nous compense comme il se doit», explique Salim Boodhoo.
En traversant les petites allées étroites, dont il est impossible de voir la fin à cause des vêtements qui sont accrochés de toutes parts, nous arrivons au stand d’Elaibux Gollamhossen, marchand de fruits à Arab Town depuis 1987. «J’ai toujours fait cela. C’est ce métier qui a fait vivre ma famille et je ne peux pas me permettre de ne plus travailler. Nous avons peur de perdre cet endroit. Cela m’a pris plusieurs années pour fidéliser la clientèle et je n’imagine pas Rose-Hill sans cette foire», soutient ce marchand de fruits.
En face de lui, Beelall Adam, un jeune homme de 23 ans et marchand d’alouda, ne cache pas son inquiétude. Arab Town, il la connaît depuis son enfance. Son père y vend de l'alouda depuis 1984. «Je n’ai jamais pensé faire autre chose. C’est toute ma famille qui est là, toute ma vie. Je connais mes clients et ils sont des habitués. Même si les autorités nous donnent un autre lieu, ce n’est pas sûr qu’on arrivera à retenir cette clientèle ailleurs», affirme le jeune homme.
Clients fidèles
Parmi ses clients fidèles, nous rencontrons Deeplall Jeenah, un retraité âgé de 85 ans. Il dit venir, au minimum, quatre fois par semaine dans cette foire. «Je me suis fait des amis ici. Même si je n’achète pas grand-chose, je viens quand même pour les rencontrer», dit-il. Mais il précise qu’il n’est pas si attaché à ce lieu. «Si c’est au nom du développement, il faut comprendre. Il faut que le pays progresse même si cela veut dire qu’il faudra raser la foire de Rose-Hill», soutient le retraité.
Après avoir salué le marchand d’alouda, Deeplall se tourne vers ses autres amis, les vendeurs de vêtements. «Nous avons des pantalons pour vous. Vous pouvez aussi essayer, nous avons une pièce spéciale que nous avons aménagée à l’arrière», lance un autre vendeur. Il indique un petit coin, délimité de quatre feuilles de tôle, surplombé d’un tuyau de décharge d’eau de pluie. Strictement rudimentaire. Nous apprenons plus tard que c’est l’un des rares marchands à avoir pensé à aménager un petit coin pour l’essayage.
Un peu plus loin, une vendeuse n’hésite pas à demander à ses prochaines clientes d’essayer les vêtements derrière son comptoir. «Personne ne vous verra. Les clients ont l’habitude de se changer ici. Je vais vous cacher s’il le faut», assure-t-elle à sa cliente visiblement gênée. Le malaise est vite oublié lorsque la cliente prend connaissance du prix du pantalon qu’elle s’apprête à acheter. Rs 300 le jean pour femme.
Publicité
Publicité
Les plus récents