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Port-Louis: les marchands ambulants tout-puissants?
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Port-Louis: les marchands ambulants tout-puissants?
Police, mairie comme commerçants sont unanimes à le dire: le nombre de marchands ambulants en opération dans la capitale a sensiblement augmenté depuis le début de l’année. Le gouvernement songe surtout à les reloger plutôt que d’en contrôler le nombre. Ce qui met en rogne les commerçants. Intraitables, ces derniers soutiennent que les autorités leur donne carte blanche. Quoiqu’il en soit, le sujet divise, comme le démontre les nombreuses réactions sur le Web. Faut-il avoir de la sympathie pour les marchands ambulants qui ont envahi la capitale ?
«Cela fait partie du charme de l’île Maurice…» dit l’un d’eux en haussant les épaules. «Les marchands ambulants se débrouillent comme ils peuvent pour gagner leur vie sans voler, ils ne font de mal à personne», ajoute un internaute sur le réseau social Facebook. Plus nuancé, ce dernier indique qu’il faudrait «régulariser leur situation, leur faire payer des taxes».
Mais si certains éprouvent une certaine sympathie pour les marchands, d’autres adoptent un ton plus dur, parlant de «chaos» et de «gangrène». «Si on vivait dans un pays où il est très difficile de trouver du travail et où les gens meurent de faim, on aurait pu tolérer cette situation. Mais, selon moi, il y a des emplois disponibles», commente cet utilisateur de Facebook. Du côté de cette passante, c’est le ras-le-bol : «Ils vendent des contrefaçons à des prix exorbitants, bloquent les trottoirs…» Et d’ajouter : «Ils opèrent au détriment des autres commerces qui eux paient des charges. Et personne n’a de la sympathie pour les commerçants.»
De fait pour les commerçants, les marchands ambulants sont bel et bien une plaie qui gangrène leur activité. L’on soutient même que les autorités sont en leur faveur alors que, eux, galèrent. Cela, depuis, que le ministre des Collectivités locales et d’autres députés rouges se sont ralliés à leur cause. «C’est un signal fort qui leur a été donné en novembre dernier. Depuis, ils continuent à oeuvrer en toute impunité»,souligne Raj Appadu, du Front commun des commerçantsde Maurice (FCCM).

Ministres, conseillers ont soutenu les marchands ambulants lors d’une manifestation
à Port-Louis l’année dernière.
Pour Raj Appadu, depuis le début de l’année,autour de 280 commerçantsont fermé boutique etont quitté son association.«La concurrence déloyale tue à petit feu les commerçants», lâche-t-il, sans compter leniveau d’insécurité que cestrottoirs bloqués posent.
Il parle d’une montée en puissance de ces marchands qui se sont étendus à plusieurs autres rues de Port-Louis. «Ils étaient plutôt concentrés sur l’axe gare du Nord - gare Victoria. Maintenant, on en trouve à la rue Bourbon, la rue Royale et aussi à La Chaussée», souligne-t-il.
Des informations obtenues auprès de sources policières confirment une hausse dans le nombre de marchands ambulants. «Ils sont définitivement plus nombreux. À présent, ils nous disent qu’ils ne craignent plus la police étant donné que personne n’a le droit de les déloger», déclare un officier affecté dans un poste de la capitale.
Hyder Raman, président du Front commun des marchands ambulants, a, lui, une autre lecture de la situation. Certes, le gouvernement les a bien aidés. «Il nous a permis de quitter l’illégalité», mais ces marchands souligne-t-il sont dans une situation «économique difficile. Plusieurs ont abandonné le métier. Certains se sont reconvertis. Par exemple, ceux qui étaient dans le domaine vestimentaire se sont tournés vers la restauration», déclare-t-il.
Loin d’être une plaie, les marchands ambulants souhaitent «participer au progrès du pays», fait-il valoir.
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