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Femmes battues: elles sont passées de l’ombre à la lumière
8 mars 2014, 12:06
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Femmes battues: elles sont passées de l’ombre à la lumière
Déterminées, elles le sont. Ces femmes ont quitté mari et foyer. Elles n’en pouvaient plus. Victimes de violence conjugale, elles ont décidé un beau jour de faire leurs valises et de fuir leur bourreau. En cette journée mondiale de la femme, zoom sur ces femmes courages.
Comme Jacqueline, 44 ans. Cette habitante de Mahébourg a vécu 19 ans avec son ex-mari avant de le quitter. Pour de bon. Mais il faut dire qu’elle revient de loin. «Il a commencé alors que j’étais enceinte de notre premier fils. Ce jour-là j’ai pris une gifle qui m’a brisée la lèvre. J’ai encaissé, sans broncher. Je n’avais pas trop le choix.»
Des coups, elle en a pris. Mais elle est quand même restée sous le toit conjugal. Pourquoi ? «Pour mes enfants principalement. Au début je ne travaillais pas. Je n’avais donc aucun moyen de subvenir aux besoins de mes enfants qui étaient encore en bas âge. J’étais comme prise au piège.»
Aujourd’hui, Jacqueline est libre. «Je travaille comme vendeuse dans un magasin. Je ne gagne pas un gros salaire mais, au moins, je ne vis plus dans la peur.» Séparée de son mari depuis quatre ans, elle vit avec son fils de 18 ans qui est étudiant. Pour en arriver là, il lui a fallu faire preuve d’une volonté de fer. Mais ce qui ne lui semblait n’être qu’un rêve est finalement devenu une réalité. «Je me suis toujours dit, qu’un jour je rentrerai du travail pour m’allonger sur le canapé et regarder un film en mangeant un repas vite fait. Sans être obligée de faire la cuisine sous peur d’être frappée. Maintenant, je le fais quand je veux.»
Quant à ses enfants pour qui elle a fait tant de sacrifices, «ma fille a terminé ses études universitaires. Elle travaille maintenant. J’ai un fils à l’université et le troisième est encore au collège» La clé, selon elle, c’est l’éducation. «Il faut à tout prix mettre toutes les chances de son côté. De sorte à pouvoir se donner les moyens de partir très vite au lieu de subir en silence.»
Annvi, elle, n’en est pas encore là. «Mais c’est en bonne voie», confie-t-elle. Cette habitante de la région de Port-Louis, âgée de 39 ans, a atterri à l’hôpital de Moka après que son compagnon lui a assené un coup de poing à l’œil l’année dernière. «Je me suis dit, ‘plus jamais’ !» Elle ne peut bénéficier de l’aide financière du gouvernement car son salaire mensuel s’élève à plus de Rs 7 500.
Mais elle a déjà trouvé une maison et compte déménager bientôt pour de bon. Ce qui l’encourage à se battre : son fils de 10 ans, pour qui elle souhaite un meilleur avenir.
Comme ces deux femmes, elles sont nombreuses à avoir osé dire non. Pour y parvenir ces femmes se tournent souvent vers une ONG : SOS Femmes. Cette organisation les accompagne, les encadre et leur propose un hébergement dans certains cas.
«Remettre la femme debout.» C’est le maître-mot de la directrice, Ambal Jeanne. Elle explique que des «happy endings», elle en a vu beaucoup. «Des femmes qui ont repris le contrôle de leur vie. Elles travaillent et sont indépendantes.» «Sortir de la trappe émotionnelle, vaincre le sentiment de culpabilité et aller de l’avant et se reconstruire.» C’est ce qu’elle préconise.
En chiffres
En 2012, le bureau des statistiques a révélé que 31 % des femmes victimes de violence conjugale ont été victimes d’agression physique de la part de leur conjoint ou partenaire. 18 % ont subi des agressions verbales du conjoint ou partenaire (mauvais traitements, de harcèlement, abus et d'humiliation), 16 % ont reçu des menaces du conjoint et 11 % ont été victimes de harcèlement de la part de leur conjoint.
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