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Abolition de l’esclavage: pour que la mémoire ne s’efface pas

1 février 2014, 04:29

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Abolition de l’esclavage: pour que la mémoire ne s’efface pas

Cela fait 179 ans que l’esclavage a été aboli à Maurice. Sont prévus ce samedi 1er février chants, dévoilement de sculpture et spectacle culturel entre autres, autour du thème «Le Morne: Enn Sinbol», pour commémorer cet événement. La journée sera aussi à la réflexion.

 

«Le Morne: Enn Sinbol.»C’est le thème choisi pour commémorer les 179 ans de l’abolition de l’esclavage, aujourd’hui. À cette occasion, Le Morne Heritage Trust Fund, le centre Nelson Mandela pour la culture africaine et le Creole Speaking Union ont concocté tout un menu d’activités.

 

La commémoration débutera par la partie protocolaire à 11 heures. Près d’une vingtaine d’enfants du village du Morne interpréteront l’hymne national aux côtés des jeunes du groupe ABAIM, suivi d’un hommage à Nelson Mandela avec une interprétation d’Asimbonanga de Johnny Clegg.

 

Le dévoilement d’une sculpture est aussi prévu. «Il y a neuf pierres près du monument commémoratif et chaque année un sculpteur d’un pays ami nous fait l’honneur de réaliser la sculpture de l’une d’elles pour la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Nous en sommes à l’avant-dernière pierre», souligne Stephan Karghoo, Head of Research au centre Nelson Mandela pour la culture africaine. Cette année, cest lartiste sénégalais Ndary Lo qui réalisera la sculpture.

 

Le spectacle culturel axé sur le Code noir débutera vers 11 h 30. En première partie, il y aura un mime de l’histoire de l’esclavage conté par une mère à son fils. Puis, place à des images poignantes avec, en toile de fond, une projection sur grand écran des bâtiments de l’époque construits par les esclaves ainsi que les vieilles routes de la capitale.

 

En deuxième lieu, le spectacle sera axé sur la résistance et le marronnage, des aspects méconnus de notre histoire, selon Stephan Karghoo. Une quinzaine de danseurs de la troupe de Stephen Bongarçon allieront danses et expressions corporelles au rythme d’Ase Plore, poème de Sedley Assonne. Une idée originale orchestrée par le centre Nelson Mandela et chorégraphiée par Stephen Bongarçon.

 

La place du village du Morne s’animera à partir de 13 heures avec une exposition retraçant l’histoire de l’esclavage entre 1760 et 1960 dans le village de Macaque. Il y aura aussi un dépôt de gerbes le 2 février à Pointe-Canon, à Mahébourg, ainsi qu’un concert entre 16 heures et 18 heures à l’amphithéâtre qui jouxte le site.

 

Pour ne pas déroger à la tradition, l’Association socioculturelle rastafari (ASR) organise, aujourd’hui, une marche du Morne-Brabant. Plus exactement à Trou-Chenille pour le Nayahbingi (une cérémonie spirituelle) et un dépôt de gerbes, suivis d’une journée de réflexion sur l’esclavage. José Rose, président de l’ASR, fait ressortir que notre histoire et notre patrimoine sont en danger. «Il faut cesser d’effacer la mémoire des esclaves», confie-t-il. Comme exemple, il cite l’ancienne prison de Port-Louis où étaient enfermés des esclaves.

 

Plusieurs syndicats et organisations de gauche ont, eux, demandé, dans une lettre adressée au Premier ministre hier, que l’État, à travers sa Constitution, reconnaisse l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Ces syndicats de l’industrie sucrière, des pêcheurs, du secteur portuaire et du transport public affiliés à la General Workers Federation  participent, ce matin, à la Caravane de la Liberté. Le cortège quittera l’Aapravasi Ghat et parcourra le pays avec des arrêts symboliques sur les différents lieux de mémoire dédiés aux victimes de l’esclavage, de Camp-Yoloff jusqu’au pied de la montagne du Morne-Brabant.

 

Quelques images du petit village côtier, ancien sanctuaire des esclaves.

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