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La MCB donne la réplique à nTan
La Mauritius Commercial Bank (MCB) est sortie de son silence hier pour s?expliquer longuement sur le contenu du rapport nTan Corporate Advisory. Tout en déclarant que la banque ?ne se considère pas comme parfaite et exempte de critiques?, le président du conseil d?administration de la MCB, Gérard Hardy, égratigne néanmoins les auteurs du rapport pour n?avoir pas pu faire la lumière sur les bénéficiaires ultimes des Rs 632 millions détournées des dépôts du National Pensions Fund (NPF). (Voir l?intégralité de la lettre en p22).
Dans une lettre aux actionnaires, Gérard Hardy déplore que les enquêteurs de nTan n?aient pu identifier les bénéficiaires de l?argent détourné, bien que cela fasse partie du cahier des charges du cabinet singapourien.
?On constate qu?après 6 000 heures de travail et plus d?un an après la découverte de la fraude, les enquêteurs de nTan semblent s?être arrêtés aux bénéficiaires qui avaient déjà été identifiés depuis plus d?un an par la MCB?, écrit Gérard Hardy.
Compte ouvert par Robert Lesage
Il note également que certains des protagonistes de l?affaire n?ont pu être interrogés alors que pour d?autres les enquêteurs de nTan n?ont pas jugé bon de les rencontrer.
Gérard Hardy déplore aussi que nTan n?ait pas donné à la MCB ?la latitude de s?expliquer ou de mettre les choses en contexte. Ceci aurait permis d?éviter à nTan d?avoir recours à des suppositions et d?arriver à des conclusions inexactes ou incomplètes?.
Toutefois, malgré ses manquements, le rapport nTan ?identifie clairement le seul Robert Lesage comme chef d?orchestre de la fraude?, poursuit le président de la MCB. La lettre aux actionnaires cite plusieurs passages du rapport pour appuyer cette thèse, notamment ce paragraphe : ?It appears that the person that was substantially directing the aforesaid transfers was Mr Lesage.?
Gérard Hardy déclare également que le compte au nom de la MCB découvert par nTan a en fait été ouvert par Robert Lesage.
Par ailleurs, dans cette lettre, Gérard Hardy admet que la MCB avait effectivement mis en place un mécanisme pour contourner le credit ceiling imposé à l?époque par la Banque de Maurice. ?S?il est vrai de dire qu?il y a 15 ans il y a eu des opérations ayant pour but de contourner le credit ceiling il n?est pas vrai de dire que cela a été fait sans l?aval des clients.?
Il explique que cela avait été fait pour aider au développement économique en finançant les projets des clients au-delà des limites imposées par le régulateur. Gérard Hardy indique également que, pour y arriver, la MCB était contrainte ?d?emprunter? auprès d?autres clients et avec leur consentement.
L?argent ?emprunté? était effectivement canalisé vers les comptes des compagnies du groupe MCB, mais il est faux de dire que ces compagnies ont été les bénéficiaires des transferts. L?argent a servi à financer l?ensemble de la clientèle de la banque, précise-t-il.
Correspondances avec la Banque centrale
De plus, tandis que nTan parle de transferts de Rs 1,8 milliard, Gérard Hardy relativise. ?Les Rs 1,8 milliard représentent-ils la somme des mouvements intervenus sur une période de quelques jours en fin et début de mois ? Ce qui équivaudrait à interpréter une facilité de crédit de, par exemple Rs 1 million, accordée sur un an mais utilisée douze fois pendant l?année comme étant un prêt de Rs 12 millions.?
En ce qui concerne la MCB Finance Corporation (MCBFC), qui, selon nTan, aurait opéré sans permis pendant près d?une décennie, Gérard Hardy soutient que cette société n?était pas engagée dans des activités bancaires classiques tels le change ou l?ouverture de lettre de crédit. ?Son activité se limitait à la recherche de ressources à moyen terme pour lui permettre de répondre à ces besoins de financement.?
Le statut de la MCBFC a donné lieu à de nombreux échanges de correspondances entre la MCB et la Banque centrale. Les enquêteurs de nTan ont dû avoir accès à ce dossier, ajoute Gérard Hardy.
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