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Interdiction de boire devant les boutiques et dans les rues

16 janvier 2008, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les autorités veulent être plus sévères envers la consommation, la vente et les publicités relatives à l?alcool. Le Public Health Act sera amendé. Le ministère de la Santé invite à des réactions sur ces nouvelles dispositions avant leur entrée en vigueur prochaine.

Ces amendements prévoient qu?il sera interdit de boire de l?alcool dans un lieu public. Excepté les plages publiques et les restaurants et bars qui détiennent des permis pour que le client boive sur place. Il ne sera donc plus possible de boire devant les boutiques, dans les rues, dans les gares, dans les jardins? Les contrevenants devront payer une amende de Rs 10 000 maximum et une peine d?emprisonnement ne dépassant pas un an.

«Nous souhaitons envoyer un signal fort car l?alcool cause un tort immense aux jeunes et à tous ceux qui en abusent. Les personnes sont trop inconscientes, surtout des conséquences sur la santé,» soutient la Principal Medical Officer au ministère, la Dr Maryam Timol.

Les amendements prévoient aussi que les entreprises produisant ces boissons mettent une étiquette sur la bouteille (comme pour la cigarette) pour prévenir les consommateurs des méfaits de l?alcool sur la santé.

Une des propositions exige que les vendeurs affichent un message en anglais, français et créole, pour faire comprendre que l?alcool est nocif. Ce message devra aussi préciser que la vente d?alcool est interdite aux mineurs.

Pour le Dr Maryam Timol, «l?alcool fait beaucoup de ravages chez les jeunes. Nous voulons insister auprès d?eux pour les protéger car ce sont les adultes de demain».

L?alcool est un facteur de risque pour l?hypertension, le diabète. Sans compter, rappelle le médecin, que sa consommation excessive entraîne souvent des problèmes psychiatriques, des complications gastriques et des ulcères. Pendant la grossesse, elle peut entraîner une malformation chez l?enfant.

L?alcool abîme le muscle cardiaque et peut provoquer des insuffisances cardiaques. «C?est assez fréquent d?avoir des patients qui boivent beaucoup avec ce genre de complications connues comme la cardiomyopathie éthylique. Autre fait marquant : nous voyons cette tendance chez des jeunes», soutient le cardiologue Cassam Hingun.

Par ailleurs, la publicité sur l?alcool, la promotion d?une marque particulière, sera interdite. Il n?est pas question non plus d?autoriser un parrainage lié à l?alcool.

L?Association Advertising Agencies of Mauritius (AAA) se réunit d?urgence demain à ce sujet, annonce sa présidente, Priya Thacoor. Un des membres, Rama Poonoosamy, explique qu?«il y a des propositions et comme l?on invite à des réactions, il y aura sans doute des contre-propositions. Tout cela en tenant compte que nous vivons dans une île Maurice ouverte. Sans oublier les conséquences d?une consommation excessive d?alcool. Notre association va faire connaître sa position pour contribuer au débat tout en faisant émerger le sens de la mesure».

Ces propositions n?ont pas forcément un écho défavorable auprès du public. Jean-Marie, chauffeur, est partisan de ces nouveaux règlements : «Je bois seulement dans les fêtes, mais je me rends compte du ravage de l?alcool au sein des familles. On ne peut rester les bras croisés, si toutefois la loi est appliquée dans toute sa rigueur.»

Joséphine, couturière, partage le même avis sur le suivi de la loi mais ajoute : «Le fléau attaque les jeunes. Il nous faut nous réveiller et surtout faire des campagnes de sensibilisation pour bien faire comprendre le message.»

En revanche, Rajesh, cadre dans le marketing, est plus sceptique : «Je ne crois pas que la loi va pouvoir empêcher les gens de boire. C?est un leurre. Il faut davantage d?organismes de soutien pour aider les alcooliques.»

Même Cyril Ahchoon, de Chez France, un des lieux de rencontre très connus des buveurs de la capitale, se dit conscient : «Depuis quelques années, je ne vends plus d?autres boissons alcoolisées que la bière, conscient des problèmes que l?alcool entraîne sur la santé. Même avant la loi, j?ai pensé à mettre des étiquettes pour prévenir mes clients.»

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