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Epreuves de vérité

L ’ université de Maurice, nous ne la devons pas à la seule témérité, à la seule « vision » de sir Seewoosagur Ramgoolam ( SSR). Ce n’est, certes, pas la question du moment, mais le contraire est si souvent affi rmé ces derniers jours qu’il en devient irritant. L’espace de trois paragraphes, cédons à… une « diversion » . Le Premier ministre en a bien fait, lui, en tentant de transformer la séance parlementaire en leçon de gériatrie.


Ainsi donc, preux chevalier porté par de grands espoirs pour le pays, SSR aura défi é tous les technophiles rétrogrades afi• de construire, selon ses désirs, le campus du Réduit. Ce n’est pas très juste. Car il y a bel et bien eu ballet d’experts et de contreexperts avant que l’université ne sorte de terre. Le professeur Colin Leys, sir Charles Morris… Ce sont autant de noms enfouis dans la mémoire de notre histoire. Sans les recommandations et les mises en garde des universitaires de grandes institutions britanniques, sans leur encadrement et leurs recommandations, l’université de Maurice n’aurait pas été ce qu’elle est.


Il n’est pas juste non plus de résumer cette période à une image opposant SSR le visionnaire aux autres. Les députés de l’époque et le gouvernement colonial ne s’opposaient pas tant au principe d’une université qu’ils ne s’interrogeaient sur la pertinence de l’investissement à l’époque donnée. Ils se demandaient si le pays pourrait soutenir ces dépenses s’il n’y avait pas le risque que les produits de l’université soient des « second class products » s’il ne fallait pas mieux rechercher une affi liation avec une université étrangère, voire faire une université franco- britannique si on pouvait garantir le principe de l’autonomie académique… C’est à la faveur de riches débats que l’idée est devenue projet.


A les relire aujourd’hui, on apprécie d’ailleurs la clairvoyance de certains de ces intervenants. Cette université qui se classe au rang pas très glorieux de 18 e en Afrique, derrière celles du Zimbabwe et de Dar es- Salaam, n’aurions- nous pas plus de raisons d’en être fi ers si nous avions procédé autrement ? Le fait que l’université de La Réunion, bien plus jeune que celle de Maurice, se classe bien mieux au rang mondial, ne suscite- t- il pas de questions ? Le nombre et la qualité de professionnels de calibre que l’université de Réduit a produits pour le pays justifi entils qu’on s’autocongratule aujourd’hui sur cette initiative ? Voilà pour la diversion. Venons- en aux circonstances dans lesquelles ce propos selon lequel on doit pouvoir gouverner sans expertise est tenu. Faut- il le prendre au mot ? Sans doute pas. Personne ne croit que la seule vision peut mener quelque part. Il n’y a pas de vision sans action, et vice versa. Et l’action, c’est le recours à des experts de différente nature, techniques, fi nanciers, qui vérifi ent si la vision n’est pas… hallucination. Non, Ramgoolam ne peut pas croire ce qu’il dit ne fait- il d’ailleurs pas lui- même encore appel à des experts britanniques pour s’assurer que ses projets tiennent la route ? Ce commentaire, en réalité, est une platitude comme tant d’autres. C’est tout le savoir- faire politique de Navin Ramgoolam.


Ce n’est pas un hasard que le terrain sur lequel il est descendu cette semaine, à un moment où l’agressivité de l’opposition et la persistance de la presse sur l’affaire Medpoint pourraient lui nuire, soit celui de l’éducation et des infrastructures. Ce sont là les points forts, les valeurs sûres du régime travailliste. Sur la nouvelle autoroute du Nord et sur le nouveau campus de Moka, Navin Ramgoolam est venu conforter, dans l’esprit des électeurs, ces images qui font sa force il est venu consolider son crédit en réactivant les idées auxquelles ils l’associent : stabilité, avenir, éducation, construction, routes, sécurité. Avec un petit clin d’oeil à « mo papa » , ça fait partie de la musique.


Car, le leader du Parti travailliste le sait, le citoyen raisonne avec ses tripes, il est primitif, sa pensée est affective et associative. Et Navin Ramgoolam en joue admirablement. Il sait qu’il peut se contenter de platitudes, voire de contrevérités.


Sa base électorale ne s’attend pas à un discours sur l’intégrité.


Ils ne sont pas une foule à s’émouvoir de l’affaire Medpoint.


Pas par absence d’éthique ou de convictions véritables, mais par indifférence. A côté de l’école, de la route, des accidents – des sujets de grand intérêt personnel pour l’électeur –, les questions d’éthique ont peu de poids. Anecdote éclairante : 86 % des citoyens américains savaient que le chien de George Bush s’appelait Millie 15 % étaient conscients qu’il était favorable à la peine de mort. L’électeur est partout pareil.


Il reste que cette démarche, ce discours propres aux temps de crise et de campagne, signalent un embarras. Il est clair que Navin Ramgoolam est gêné. Parce qu’il a une part de responsabilité dans l’affaire – l’énergie qu’il met à convaincre que les experts n’ont pas toujours raison laisse deviner combien il a pesé sur la décision d’achat. Et parce qu’il ne sait pas comment réagir face à son partenaire. Pas homme à excuser les fautes – il n’a pas hésité, en 1997, à nommer une commission d’enquête sur son commissaire de police, le bulldozer Raj Dayal affublé de tous les soutiens que l’on sait –, il est déstabilisé. Mais il n’en laisse rien paraître. Il s’en sort honorablement, jouant, au Parlement, l’apaisement, le respect des institutions, déboussolant quelque peu Bérenger, ne fuyant pas en indiquant qu’il considérera, le temps venu, la nécessité d’un Select Committee . C’est correct.


Navin Ramgoolam a mérité son répit. Mais si l’ICAC ne trouve rien…

Commentaires

private eye | 03/27/11

This article is interesting, but whilst I'm in agreement with the points made, I don't think the PM playing the big-picture politician with a long term vision to his voters is going to work in the next elections. The electorate is younger and younger and can see what's happening all over the world - people are not prepared anymore to let their leaders do what they want while their quality of life and conditions of living deteriorate. In Tunisia, political elitism and clientelism, corruption were the causes of discontent and protests, leading to toppling of Ben Ali. Though Mauritius is not Tunisia, there is a parallel here. The PM should have the strategic vision to see that the Medpoint saga has damaged his own reputation as an independent leader who 'needs no alliance with anyone' and very much seen as the political prisoner of the MSM (a small party out of nowhere who was allowed to take a big share in the Cake). With all the facts about the Medpoint scandal, we don't need ICAC to tell us there has been corruption at highest level of government. And perhaps the leader of the opposition could have framed his questions in a way to force the PM to answer questions in the parliament. But... It's only a matter of time to see Ramgoolam letting the MSM go. The PM knows it and perhaps he's perhaps finding the right 'vision' on which to base his decision. . .

VVIZZ | 03/27/11

We can keep going on for ever with useless comments about the Med-Point deal. But is it going to bear any fruit? We all do agree that the deal is unethical but not illegal. Would the People agree to give their blessing for the sale if it had a say in the matter? Of course not, because it is unethical and anybody who did some tertiary education - including our MPs know that. Positive discrimination is unethical but it is still practiced all over the world.
What people fail to see is, in the vicinity of the ex-Med-point clinic a quarter of an acre of land was advertised for sale at US $1 000 000 on a real estate website the Med-point property must be well over 1 acre. A 2000sq feet 15 plus years old home in that area was advertised for Rs10 000 000. Now, do the math, the med-point property is worth at least over Rs100 000 000.
About the equipment. Do you think all the health centres (private and public) in the country have the latest and up-to-date equipment? Some centres use home-use grade equipment to test blood sugar level of diabetic patients. Also, do we really need high tech beds or wheel chairs?
What the experts failed to tell us is how much it would cost if a geriatric wing was to be added to an existing hospital. This cost would have to be replicated for each hospital. As it is now, our hospitals are complaining about overcrowding and not enough beds and what not. Do you think the experts are realistic? Do you think one geriatric unit (including building infrastructure and equipment) will cost under Rs100 000 000?
Get real people the more time the ICAC takes to find the truth the longer it will take for our elders to enjoy the service of a geriatric centre.
Finally, the centralised geriatric hospital can expand into a research centre on Medical Gerontology to study the ageing process itself.

private eye | 03/28/11

Can you stop wasting words and space please. The issue is not about having a geriatic hospital or not, but rather whether to give the Jugnauth rs144m of taxpayers' money or not. People are not blind anymore, thank you very much.

Lélio Wong | 03/28/11

l'Ile Maurice, vivait une famille. Papa, Prsident De La Rpublique, fils, ministre des finances et une cousine, ministre de la sant. Un jour la famille, propritaire d'une vielle clinique qui fit faillite, dcida de la vendre l'tat. Alors le fils Pravind obeit son papa et prit charge des procdures de vente et d'achat xorbitant le prix, Refrain de l'histoire : Oh papa ! Quel scandale si le peuple savait ca. Oh mon fils ! Le peuple sait que "moralit pa rempli vente".Oh Navin ! tu vas pas me laisser couler non ? Non Pravind c'est la faute de Maya. Oh Maya ! Vas-tu prendre le fardeau ? Oui Pravind, linge sale se lave entre famille. Et le peuple admirable se rejouit.

VVIZZ | 03/28/11

So you mean to say that it would be ok to give away Rs 144m of tax payer to someone else but not the Jugnauth. Get real man. The Jugnauths owned the property and now they have sold it. The government did not give money away but made a business transaction. More than the ethical issue of the matter, people are mostly unhappy to see so much money going to one family. I believe it was a brave move from the government to buy the property straight away from the Jugnauth. Another scenario would have shown the Med-point sold to a real estate company which would then sell it to the government. Would you be happier with that and BTW any body has a right to express their own opinion on this forum. If you like it you agree and if not you comment back. Attacking the author rather than his or her arguments shows a lack of intelligence.

private eye | 03/28/11

Ok, by saying that you're from Mars, I'm not attacking you personally but I'm just trying to illustrate that your views seem to be completely out of this world... With all the facts in the public domain about the level of corruption surrounding this buy-out, you are making an apology for the apparent misuse of public funds and corruption at the highest level of government. In any other democratic country the ministers concerned would have stepped down by now, at least during the ICAC enquiry, but not here. I understand your alternative view about the valuation and the need for a centralised geriatric hospital (albeit against regional upgrade options): but the fact remains: whilst taxpayers are being made to pay for all sort of taxes to fund public services (such as this hospital), our Ministers not only apparently issued a tailor-made bid but sped up the bidder selection process and sign-off so that the seller did not have to pay the relevant tax. About your opinion that a new hospital would cost more than rs144m and hence Medpoint is a better deal for the taxpayer: well, do you know how much money the taxpayer loses because of corruption? Just add all the current cases (in the public domain) and judge for yourself. Thanks for the challenge, but I sincerely think the country deserves better. Good luck.

Integrity | 03/28/11

Mauritius is the only country where lies are considered as truth and theft is considered as generosity. Medpoint saga is nothing but daylight robbery, a theft of tax-payers money. Ramgoolam's father's bad governance that had reduced this country to famine level is forgotten and things that he didn't do are mentioned by bootlickers.

Sputnik | 03/29/11

Nice one Lelio ;) spot on :) nice read ..... I hope those thieves burn in hell forever. Bunch of liars that they are!!!

PLOUM PLOUM- E... | 03/30/11

DEPENDING WHO YOU SUPPORT AND VICE VERSA , POLITICIANS NEVER SAY A TRUTH. JOURNALISTS NEVER SAY A LIE AND LEPEP ADMIRABLE CANNOT TELL THE DIFFERENCE (BETWEEN A LIE AND A TRUTH)!! NO OFFENCE PALS!! I agree with the President- during hard times, one has to " serre ceinture faire economie et sacrifices etc". So lets do our civic duties by being ECONOMICAL WITH THE TRUTH, ( MedPoint oblige). CRY MY MOTHERLAND CRY (while le cretins laugh all the way to the bank!! Lotto . What lotto? No need for it ! Guaranteed Jackpot since I was born. silver spoon in my big mouth.

jacky | 03/30/11

En somme Navin entretient sa base, il sait surtout la part quaccorde son electorat a leducation, et joue sur quelques points forts et realisations qui ne sont pas sienne mais du pater. Il a quand meme deux realisations a son actif que sont le transport gratuit aux etudiants ainsi quaux personnes agees et le retablissement de la pension universelle. Il a raison parcequune bonne frange sont de la generation pre-independence tandis que la population des 0-20 ans est significative. Pour linstant il sen sort sans egratignure dans laffaire Med point, honorablement peut-etre, et plus important encore cest que les deboires ne manquent pas avec seulement dix mois en poste sous ce present mandat. Il s'avere que l'opposition a echoue d'entree. Quand nous avons une ide de la propension accaparatrice et lappetit de lestablishment rouge au pouvoir, Navin et sa bande sont partis pour une belle partie de chasse. Ils ont les munitions necessaires avec les rabatteurs qui facilitent leur plan. Les autres nont qua aboye, la corrigerais Lelio en disant que largent sale se lave en famille dans la caravanne. La mo pou profite mo ajoute impe di poive dans ca zoli zistwar de famille a la mauricienne qui Lelio ine imaginer en la circonstance kot ena ene protagoniste qui fode pas blier en la personne de Baichoo. Li ene agwa dans ca deal la et pas ine tane li ditou, dernier news li bien bien occupe avec dossier lExpress qui li pe poursuive pou fausse information lors bus CNT. Li laisse le soin a la famille de faire le lavage. Quant a la verite, lelectorat ayant propulser Navin au pouvoir na que faire de celle ci malgres que les frasques et autres combines sont et seront des traits constants sous ce regime. Et la grande famille qui regroupe le peuple admirable saura servilement reelir ce meme Navin, soyons en certain.

Lélio Wong | 03/30/11

@jacky, keep cool my dear. La franchise, la sincrit et la vrit ne servent en ce moment rien. Fais comme moi , keep the records which are proofs an truth. The rest is as you analysed and mentioned yourself will be the same cinema till maybe 2020. Je ne souhaite pas que tu es aussi vieux/vielle que les vieux radoteurs et hritiers. Patience. Depuis hier la marmite pression des allis a commenc souffler trs fort. Crois moi, les loups vont se dvorer entre eux-mme.

Un electeur de no 3 | 04/06/11

Navin Ramgoolam qui raffole les anecdotes et les petites histoires qui glorifient son papa, devrait un jour nous raconter avec passion comment son cher papi a essuy une severe racle, le premier 60-0 de l'histoire. Qu'est-ce qu'il avait fait de si grave le bonhom pour etre eject du pouvoir de faon si brutale? On peut leurrer quelqu'un pendant tout le temps. On peut leurrer un peuple une fois oun deux. Mais on ne peut pas leurrer un peuple tout le temps. Cela, Chacha l'avait appris a ses propres depens.