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Amiirah Toofany: «A la place d’un époux en bonne santé, on m’a rendu un cadavre»

15 mars 2015, 17:03

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Amiirah Toofany: «A la place d’un époux en bonne santé, on m’a rendu un cadavre»

«Je ne souhaite pas que quelqu’un d’autre passe par ce par quoi je suis passée.» Devant la foule mobilisée en guise de soutien envers son époux au jardin de la Compagnie, ce dimanche 15 mars, Iqbal Toofany, Amiirah, prononce des mots de remerciements, mais adopte un ton dur envers les autorités. Surtout après les révélations du témoin clé, un vigile, qui a raconté comment des policiers se seraient acharnés sur son époux… 

 

«Nou bizin lazistis», clamait de son côté, la fille d’Iqbal Toofanny. Révoltée par la mort de son père, elle affirme qu’elle n’a pas l’intention de rester les bras croisés. «Si zordi pa fer nanier, zame nou pa pou kapav bouzé dan sa pei-la», lâche-t-elle avec force. Alors que sa mère ne cessait de marteler que ceux qui ont brutalisé son mari sont des «cochons», relevant que «mo misie inn alé an bonn santé, inn retourn li kadavr».

 

Cette marche pacifique, a pris le soin de préciser Salim Muthy, vise à «conscientiser la population mauricienne». Le porte-parole du comité de soutien à Iqbal Toofanny fait cependant ressortir que «nous avons confiance en la justice».

 

 

 

«Pa bat mwa mo pa finn kokin !»

 

Les cinq policiers écroués après la mort d’Iqbal Toofanny alors que celui-ci était sous surveillance policière seront, pour leur part, confrontés aux dires du témoin clé dans cette affaire dans les jours qui viennent. Vendredi, ce vigile qui travaillait près du poste de police de Rivière-Noire au moment du drame, a participé à une reconstitution des faits.

 

Dans sa déposition, ce gardien a expliqué qu’il a juré un affidavit pour tout raconter car il ne pouvait plus se taire après ce qu’il a vu et entendu.

 

Ce jour-là, aux alentours de 23 heures, il aurait vu «le sergent Gaigui» qui fumait à l’extérieur du poste de police. Et il lui aurait déclaré : «Mo finn trap enn kouyon ki finn kokin loto. A fors monn bat li mo lame inn vinn rouz li pa le dir mem.»

 

Lorsque le sergent est rentré à l’intérieur, il aurait cette fois entendu quelqu’un qui hurlait : «Pa bat mwa mo pa finn kokin !»

 

S’approchant, il aurait alors vu quatre hommes qui s’acharnaient sur le détenu.«So latet ti pe ale vini ek li ti pe gagn bate»¸ a expliqué le vigile aux enquêteurs…

 

Environ quatre heures plus tard, il aurait vu les policiers embarquant le suspect dans un 4x4 «kuma enn zanimo». Et ce n’est que par la suite que sa fille lui a appris qu’un homme est décédé et qu’il aurait été tabassé par des policiers de Rivière-Noire. Ce qui l’a ainsi poussé à rapporter l’affaire aux autorités «en tant que citoyen responsable».

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