Emploi Jeune: Propositions de Vincent d’Arifat et de Reaz Chuttoo

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L’île Maurice comptait, à décembre 2012 selon les chiffres du Bureau central des Statistiques, 47 100 chômeurs dont 20 500 étaient âgés de moins de 25 ans. De ce nombre, quelque 2 700 jeunes ont trouvé un emploi grâce au National Youth Employment scheme, plan lancé lors du dernier budget.

Pour évoquer cette thématique de l’emploi jeune dans la perspective du budget 2014, lexpress.mu a réuni Vincent d’Arifat, président de la Mauritius Employers Federation (MEF), et Reaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP).Deux hommes, des visions multiples, un même objectif… Comment, en cette période de crise économique mondiale, tracer de nouvelles voies pour ne pas être prisonniers de l’austérité, du chômage, du vieillissement de la population, entre autres?

L’emploi est, à ce jour, une constante qui revient à chaque budget. Pour l’année 2014, le ministre des Finances compte bien faire reculer le taux de chômage, actuellement de 17% chez les 16-30 ans. Les programmes favorisant l’embauche des jeunes ont, cependant, démontré leurs limites. Quelques points forts des interventions de Reaz Chuttoo et de Vincent d’Arifat lors du débat qui les a réunis dans les locaux de La Sentinelle Ltd.

Des points saillants

Reaz Chuttoo: «Il y a des disparités au niveau de l’emploi… Dans le dernier budget, on devait, à travers le National Youth Employment scheme, assurer une opportunité professionnelle aux jeunes. Une partie de leurs salaires est subventionnée par la National Empowerment Foundation et une autre par le secteur privé. Ces jeunes devaient ainsi bénéficier de deux années d’expérience. Or après ces deux ans, ils se retrouvent en compétition avec le jeune qui arrive sur le marché du travail»

Vincent d’Arifat: «C’est tout beau d’entreprendre des études de comptabilité. Mais il y a déjà de nombreux comptables sur la place. La comptabilité n’est qu’un exemple qui sert à démontrer surtout la nécessité d’un système adapté aux réalités du marché du travail, tel que celui de l’apprentissage existant en France et en Allemagne… Il faut que notre économie soit suffisamment importante pour absorber toute cette jeunesse qui termine ses études secondaires et tertiaires»

Reaz Chuttoo: «A Maurice, un jeune terminant ses études à l’Université de Maurice, supposément avec des frais de scolarité les moins élevés à Maurice, doit effectuer un prêt de Rs 200 000 à 5% d’intérêt. Donc, il doit rembourser Rs 5 000 par mois sur trois ans. S’il n’obtient pas un emploi qui lui permet de rembourser sa dette, il aura de gros problèmes»

Vincent d’Arifat: «Une personne qui accumule de l’expérience en-dehors de Maurice, c’est une personne qui revient avec plus de chance de trouver un emploi ou de lancer son entreprise… C’est clair que nous sommes dans une expérience de crise où il faut trouver une solution à notre problème du chômage. C’est l’économie qui doit progresser… Le fonds de pension de l’Etat se dirige vers une catastrophe si on ne change pas l’âge de la retraite… La réalité, c’est qu’il y a aussi certains emplois qui ne trouvent pas preneurs… Pourtant, le chômage a atteint un taux de plus de 8%»

Reaz Chuttoo: «Aujourd’hui, le marché du travail est complètement déréglé et il favorise le licenciement abusif. Je suis pour l’introduction d’un Portable Sewerance allowance fund où, pour chaque mois de travail, on demande à l’employeur de contribuer une journée de rémunération dans un fonds. Cet employeur n’aura plus à faire des contrats à durée déterminée…. Le travailleur ne perdra pas non plus ses années de service selon cette formule»

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