Chirurgie en clinique: un objet de 7 cm oublié dans le corps d’une patiente

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Elle pensait qu’une intervention en clinique la soulagerait de ses douleurs. Elle s’est endettée à cet effet mais «par la faute du chirurgien», elle se retrouve à l’hôpital dans un pire état qu’avant. 

Depuis le 10 juin, cette jeune maman de deux enfants souffre le martyre après avoir subi une opération. Pourtant, on lui avait fait croire que cette opération allait changer sa vie pour le meilleur. 

Trois jours après son intervention chirurgicale dans une clinique privée, ne se sentant toujours pas bien, elle a fini par rejeter un objet de 7 cm. Elle a eu le choc de sa vie. 

Calculs dans la vésicule

Charlène Stéphanie Godin est désemparée car cela fait sept ans qu’elle souffre de coliques biliaires. Il y a quelques semaines, un médecin exerçant dans le privé lui a expliqué qu’elle avait des calculs (pierres) dans la vésicule biliaire. Il a alors recommandé à la trentenaire une intervention chirurgicale sans délai.

Le seul hic, c’est que sa famille a dû trouver une grosse somme pour l’opération. «Mon époux a dû emprunter de l’argent auprès de la compagnie pour laquelle il travaille. Cela n’a pas été facile. Nous n’avons plus un sou car nous avons tout investi dans l’opération. Aujourd’hui je vais toujours mal, par la faute de la clinique. Comment peut-on oublier un objet dans le corps d’un patient au bloc opératoire ? Je comprends qu’une erreur médicale peut arriver. Cependant, le médecin qui m’a opéré a totalement banalisé cet incident alors que j’aurais pu perdre la vie», déplore Charlène Stéphanie Godin.

Le jeudi 10 juin, la trentenaire est admise en clinique. Le même jour, elle subit une intervention chirurgicale pour enlever des pierres dans sa vésicule biliaire. Le médecin lui dit que son intervention chirurgicale s’est bien passée. 

Elle est gardée sous observation pendant un jour et quitte la clinique le vendredi 11 juin. Une fois à la maison, son état se détériore. Elle a des douleurs et des nausées. 

Vomit un objet

Cependant, elle prend sur elle-même, croyant que ce sont les effets de l’opération et qu’elle ira mieux dans quelques jours. Le lundi 14 juin, elle se réveille toujours avec des nausées et des douleurs. Peu après, elle vomit un objet long de 7 cm.

Son père est témoin de cette scène qui semble irréelle. Ils décident de se rendre à nouveau à la clinique pour des explications. L’état de santé de la jeune maman se détériore. 

Une fois à la clinique, selon ses dires, le médecin qui l’a opérée vient lui parler. «Le médecin m’a parlé et je lui ai montré l’objet que je venais de vomir. Il me dit que c’était comme si j’avais avalé une cuillère et que ce n’était pas grave. Déjà mon état de santé a empiré et je n’avais plus de force. On m’a fait une injection et on m’a dit de rester à la clinique à mes propres frais. Comment faire ? Je n’ai plus un centime. C’est là que ma famille a décidé de m’emmener à l’hôpital Jeetoo. Depuis, j’ai dû être opérée à nouveau à seulement quelques jours de mon opération. C’est horrible ce qu’on m’a fait subir. À l’hôpital Jeetoo, on m’a mis quatre drains car ma vésicule biliaire n’a pas tenu bon. La bile s’est propagée un peu partout.» 

Toujours clouée sur le lit de l’hôpital, Charlène Stéphanie Godin n’a pu être aux côtés de son fils dont c’était l’anniversaire, hier.
Enquête ouverte

Sollicitée, la clinique nous a répondu : «On confirme qu’une enquête interne a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par une patiente ayant subi une intervention chirurgicale le 10 juin 2021. L’établissement prend cette affaire très au sérieux et veille au respect de toutes les procédures conformément au protocole en place. La direction s’abstiendra de tout commentaire en attendant les conclusions de l’enquête en cours.»

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