Musée du Patrimoine musical: des airs de letan lontan

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Musée pour tous

Le musée du patrimoine musical fait 100 mètres carrés sur deux niveaux. Le rez-de chaussée raconte de manière chronologique l’histoire de Maurice depuis la période hollandaise, en passant sur l’apport des esclaves, des travailleurs engagés et des immigrants chinois. La Bhojpuri Speaking Union a fait don de percussions, dont le chimta, le lakri taal, les capsules enfilées sur un fil de fer. Le centre culturel chinois a aussi fait don de plusieurs instruments.

Ce musée est le résultat d’un travail de collecte d’instruments et de partitions du 19e siècle, effectuée sur une dizaine d’années. Une «collection unique dans la région que nous allons valoriser». Pour Claudie Ricaud, ce musée est la «concrétisation d’un vieux rêve». Son objectif est de «montrer aux jeunes notre riche patrimoine musical. Au fil du temps, l’île s’est enrichie de toutes les cultures. C’est vraiment le musée de tout le monde». La directrice du conservatoire y voit également un outil pédagogique.

Histoire du piano

Des recherches, notamment autour des maisons Erard et Pleyel montrent qu’il y a une riche histoire du piano à Maurice, indique Claudie Ricaud. «Aujourd’hui nous sommes en mesure de dire à quelqu’un, qui a le numéro de série de son piano Erard ou Pleyel, quand l’instrument a été construit, les artisans qui l’ont conçu, qui est le premier propriétaire de l’instrument, quand est-ce qu’il est venu de Paris, combien il a coûté à l’époque. Je n’attends que les gens pour qu’on leur donne un certificat de leur piano.»

La directrice du conservatoire rappelle qu’au moment où les maisons Erard et Pleyel se lancent dans l’exportation, «parmi les trois premiers pianos à partir, l’un d’eux est venu à Maurice. À l’époque, on l’appelait le petit Paris de l’océan Indien, il y avait une vie culturelle qui, pour la taille du pays et de la population, était intense». Claudie Ricaud affirme avoir répertorié «plus de 800 pianos du 19e siècle. Ce qui est vraiment extraordinaire, quand on pense aux moyens de transport, aux conditions climatiques. Cela représente plus de pianos qu’on n’en achète aujourd’hui».

Espace Marclaine Antoine

Une photo émouvante, prise à l’endroit où le cliché est accroché. On y voit Marclaine Antoine, griot disparu en 2017, jouer de l’un de ses instruments fétiches. C’est seulement une partie de la collection d’instruments de Marclaine Antoine qui se trouve au musée du conservatoire François-Mitterrand. Des négociations sont en cours avec son fils, Patrick Antoine, pour que d’autres instruments trouvent le chemin du musée.

«C’est un musée qui va évoluer régulièrement.» La collection d’instruments malgaches est déjà là. Selon Claudie Ricaud, une collection des Seychelles «arrive», une autre de La Réunion est «en préparation». Optimiste, elle souligne : «Depuis que nous avons annoncé l’ouverture du musée, nous recevons des dons.» Parmi celles qui ont prêté des instruments : Claudie Ricaud et Sophie Némorin. «Nous souhaitons aussi organiser des expositions temporaires avec des collections qui nous seront prêtées.» À venir, des percussions fabriquées par Menwar. Des luthiers aujourd’hui disparus ont leur place dans ce musée. Dont Ton Louison, l’inventeur du «guitaroluth».

La technologie pour après

Qu’en est-il de l’aspect nouvelles technologies dans ce musée ? Claudie Ricaud explique qu’une fois que la collection dans son ensemble aura intégré le musée, «nous installerons des tablettes».

Jouez maintenant

«Ce qui frustre dans les musées», confie Claudie Ricaud, «ce sont les écriteaux qui disent, prière de ne pas toucher». Il y a bien sûr les «instruments fragiles qu’on ne peut pas toucher», mais il y en a d’autres mis là expressément pour que le visiteur puisse les manipuler. Une ravanne, une maravanne, des percussions. «Ce serait frustrant de visiter un musée rempli d’instruments et de ne pas en toucher un seul.»

En chiffres

Le musée du patrimoine musical fait 100 mètres carrés. Il comprend 106 instruments de musique de Maurice, de Chine, d’Inde, de Rodrigues, de Madagascar et de France.

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