Nouvelle Cité Longères Tôle: il en faut peu pour être heureux

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Un chantier bruyant. Mais surtout, une cité de fortune déjà habitée, et qui, contre toute attente, fait le bonheur des quatre premières familles démunies qui y résident. Nous sommes à la nouvelle Cité Longères Tôle, à Baie-du-Tombeau.

À coups de pelleteuses et de chargeuses, la centaine de cases sociales en bois et tôle – qui ressemblent en effet à des cages –  sont alignées l’une à côté de l’autre. Mais, aussi l’une en face de l’autre. Le site : un terrain poussiéreux, à salir chaussures et bas de jeans, en ce mercredi ensoleillé.

Parmi les quatre familles qui y résident depuis deux mois, il y a celle de Ghislaine Cézara. À 51 ans, cette mère de cinq enfants et grand-mère de deux petits-enfants est loin de se plaindre des conditions de vie des lieux. «Pour une personne démunie comme moi, je ne peux qu’être satisfaite. J’ai un toit pour m’abriter de la pluie et du soleil. Que demander de plus ?»

Ghislaine, dont l’époux est «anflé kamion», raconte avoir habité dix ans sur ce terrain. Sans eau. Sans électricité. Quand elle pouvait se le permettre, elle achetait une bougie. Au cas contraire, sa famille et elle «ti ress dan marénwar». Jusqu’au jour où sa modeste bicoque est la proie des flammes.

Ayant tout perdu, Ghislaine et les siens trouvent refuge sous un arbre. C’était avant que les auditeurs de Kool Fm, une des stations radio nationales, ne lui viennent en aide. Elle a de quoi nourrir sa famille, dont ses deux petits-enfants. Comme elle habitait le terrain, elle s’est retrouvée parmi les premiers bénéficiaires à y être logés.

Sa maison, qu’elle présente fièrement, comprend trois pièces, dont un salon/cuisine et deux chambres. La salle de bain et les toilettes sont, elles, toujours en phase d’installation. En attendant, deux familles partagent des W.-C. et une salle d’eau communes. Par contre, elles doivent parcourir au moins 300 mètres à l’extérieur pour faire leurs besoins.

Quant aux maisons, elles se jouxtent, exactement comme les longères. Durant l’entretien réalisé dans le salon de Ghislaine, l’on pouvait entendre non seulement la télé de sa voisine mais aussi les échanges de conversations. Quand elle a emménagé, notre interlocutrice raconte qu’elle n’avait qu’un sofa et une table comme meubles dans sa maison. Au fur et à mesure, elle a fini par recevoir un réfrigérateur et un matelas du patron de son époux. Puis, un téléviseur d’une bonne samaritaine.

Des autorités, Ghislaine a appris que les résidents de cette cité seront relogés dans des maisons en dur lorsque celles-ci seront prêtes. «Pour le moment, nous ne payons pas de loyer. Mais nous avons été informés que nous allons devoir nous acquitter des frais d’eau et d’électricité dans un futur proche. Ce que je trouve tout à fait normal.» Ajoutant : «Mem si mo bizin manz mo ti manzé mizer, mo satisfé.

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