Nanda Veerapatren, un SDF qui a vaincu le démon de la drogue…

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Son histoire, bouleverse et inspire. 13 ans. C’est le nombre d’années depuis que Nanda Veerapatren vit à l’abri de nuit de Port-Louis. Cet endroit ne le protège pas uniquement des intempéries ou encore de la famine. L’abri de nuit l’a sauvé des griffes de la drogue. Son héros est en quelque sorte, son ancien camarade de classe un dénommé, Kersley Goindoorajoo, l’ancien responsable de l’abri de nuit. « Je dormais dans la rue et un jour Kersley m’a reconnu et m’a demandé de venir à l’abri de nuit», explique-t-il. Cependant, conscient de son addiction, Nanda refuse d’y aller. «Mo ti per mo fer li gagn problem. Mo vinn drogué labas ek mo bann séring», se rappelle-t-il.

Mais déterminé à l’aider, Kersley Goindoorajoo venait lui donner à manger tous les jours jusqu’au jour où il a réussi à le convaincre de le faire admettre dans un centre de désintoxication. Et après 13 ans à l’abri de nuit, Nanda Veerapatren a appris à se discipliner.

Par ailleurs, il voulait savoir s’il était «guéri» et a un jour quitté l’abri de nuit pour retourner vivre dans la rue. Mais durant ces trois mois loin de cet endroit où il avait trouvé quiétude et sérénité, les démons du passé l’ont tenté. Il rechute. Une rechute qui lui permettra, toutefois, de prendre conscience que l’abri de nuit est la place qu’il lui faut. «Mo koné enn zour mo pou bisin alé, mé monn trouvé ki kan mo an déor mo pa kav réténir mwa kouma kan mo isi

«Bat-bis»

Il tient néanmoins à préciser que l’abri de nuit n’est pas un lieu où il «bat-bis». Non. Nanda Veerapatren travaille comme tous les autres résidents. Il a sa propre routine. Il se réveille à 4 heures du matin, aide les autres à préparer le thé. Ensuite, il se rend au poste de police pour y prendre sa dose de méthadone. À son retour à l’abri, il prend son petit-déjeuner et se prépare pour aller au travail. «Mo planté ek mo ed enn dimounn pou vann légim. Kan légim resté, mo amenn dan abri é nou kwi nou tou manzé», raconte-t-il.

À 54 ans, Nanda Veerapatren a un but précis désormais. Aller vivre dans un centre afin de finir ses jours dans le calme. Néanmoins, le quinquagénaire concède que s’il n’était pas tombé dans le fléau de la drogue, sa vie aurait été autre.  «Si mo pa ti tomb dan ladrog la zordi mo ti pou avek mo fami […] Mo ti fini prévwar plitar kouma mo ti pou été. Zordi kitfwa dimounn ti pou travay pou mwa. Ladrog inn vir mo lavi amba lao», confie-t-il la voix remplie de regret. «Mo pa kapav sagrin selman parski mo mem monn akseptéviv sa lavi la. Personn pann riss mwa pou met mwa ladan.»

C’est sans doute la raison pour laquelle Nanda Veerapatren s’est engagé à dire à tous ceux qu’ils croisent de ne pas s’engager dans cette voie car, dit-il, «pa enn lavi sa». Il a également tenu à conscientiser les jeunes en leur disant que désormais il y a de nombreuses facilités pour s’en sortir comme des centres de désintoxication, entre autres. «Sa simik la osi pas ladrog sa. Poison sa pas touss sa ditou. Li pou touy ou. Dimounn ki pas ladan pas koné, moi mo koné. Nou kapav dire nou pran li enn sel kou mé li pa pou facil kan bisin sorti ladan.»

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