Waterpark: vue aérienne d'un parc fantôme

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Pas de grandes nouveautés au Waterpark. Les anciennes attractions seront «réparées» par Whitewater West Industry Ltd, société canadienne qui avait construit le parc dans les années 2000. Mais le hic, c’est qu’elle a été choisie par le SIT sans passer par l’appel d’offres.

Oubliez les toboggans transparents, le boomerang neuf ou encore le nouveau spiral slide… Le Sugar Investment Trust (SIT) a fait marche arrière sur ses ambitions de revoir complètement le Waterpark. Finalement, ce sont les anciennes attractions qui seront «réparées et maintenues» par Whitewater West Industry Ltd, la société canadienne qui avait construit le parc aquatique dans le début des années 2000. Le hic, c’est que celle-ci a été choisie sans qu’elle n’ait participé à l’appel d’offres lancé par le SIT.

Comment a-t-elle pu obtenir le contrat ? «Trois sociétés internationales avaient répondu (à l’appel d’offres), mais leurs propositions n’ont pas été acceptées par le conseil d’administration (NdlR, de la SIT Leisure Ltd). Vu que la rénovation et la remise à neuf du parc devaient impérativement se faire, la SIT Leisure Ltd a contacté Whitewater West Industry Ltd qui est à l’origine du design, de la construction et de l’installation des infrastructures des toboggans existants et autres attractions du Waterpark», indique une réponse écrite déposée au Parlement suivant une question du député travailliste Arvin Boolell, posée le 24 juillet 2018. Les frais de Whitewater West Industry Ltd s’élèvent à Rs 134 millions.

Pourtant, pas plus tard qu’en juillet 2018, une source bien placée au SIT parlait d’un investissement de Rs 350 millions avec les nouvelles attractions mises en place par Whitewater West Industry Ltd. L’express a contacté cette même source hier soir pour tenter d’obtenir une explication quant au changement dans le budget et dans les plans à moins d’un mois d’intervalle. Et la réponse fait sourciller.

«C’était trop cher. Au départ, il y avait 13 sociétés qui avaient exprimé leurs intérêts. Quatre ont été retenues pour l’étape suivante. Finalement, une firme demandait Rs 125 millions et l’autre Rs 90 millions, uniquement pour les frais de consultancy. Ce n’était pas viable! D’où le choix de contacter la société canadienne. Il fallait rendre opérationnel le Waterpark fermé depuis 2013», explique l’interlocuteur sans vouloir expliciter comment le SIT est passé d’un budget de Rs 350 millions aux Rs 134 millions de Whitewater West Industry Ltd.

De justifier :«Les Rs 134 millions tiennent en compte le consultancy, les travaux de rénovation, les certificats de sécurité et la mise en marche des attractions existantes, mais aussi la création d’un Aquaplay. Ce sera la seule nouveauté du parc. Le reste peut encore être utilisé». Selon les plans du SIT, la gestion du parc devrait rester sous son contrôle.

Ce qui, pour Arvin Boolell, est «un scandale de proportion gigantesque (…) Comment peut-on lancer un appel d’offres pour des Consultancy Services and Strategic Partnership et ne retenir aucun des soumissionnaires, disant qu’ils ont fait des offres trop élevées, pour en- suite contacter l’entreprise canadienne qui propose de tout faire y compris les travaux. Et le comble : le board du SIT a pris la décision sans passer par l’assemblée générale et sans consulter les actionnaires. C’est faire fi des pratiques de bonne gouvernance. Je ne serais pas étonné qu’il y ait malversations dans ce dossier», affirme le député rouge.

Notre interlocuteur bien informé du dossier avance, pour sa part : «Qu’y a-t-il de mal à contacter le constructeur d’un projet pour qu’il répare ce qu’il a construit ? Il est le mieux placé pour faire ce travail…»

En 2013, le Waterpark avait fermé suite à deux cas de noyade en l’espace d’une dizaine de jours.

Mahen Seeruttun : «la direction a trouvé acceptable de solliciter la société canadienne»

L’express a sollicité le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, car le SIT est sous sa tutelle. Pour lui, «il s’agit d’une décision du conseil d’administration du SIT, qui a exploré toutes les avenues possibles en vue de remettre en marche le Waterpark, mais qui n’a eu que cette option au final». Affirmant qu’à hier dans la soirée, n’étant pas à son bureau, il ne pouvait nous donner tous les détails et répondre à toutes nos questions, le ministre a rajouté : «Il y a eu plusieurs appels d’offres depuis 2015 et ces exercices ont été sans succès. La direction a trouvé acceptable de solliciter la société canadienne». Invité à répondre au député travailliste, le ministre a précisé que «c’est son point de vue». «Le Waterpark est fermé depuis 2013, on ne pouvait pas laisser les infrastructures tomber en ruines. Depuis 2015, on a tout fait pour redémarrer le projet. Tout le reste n’est que démagogie.»

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