Acte de vandalisme à son bureau : «Ces amis auraient pu jouer le rôle d’intermédiaire», dit Rama Valayden

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L’homme de loi se confie pour la première fois sur l’acte de vandalisme perpétré à son bureau. Dans lequel où nul autre qu’un de ses plus proches collaborateurs, l’avoué Kaviraj Bokhoree, est accusé. L’entretien s’est déroulé le mardi 17 juillet au domicile de Me Valayden.

Pourquoi réagissez-vous maintenant aux propos de l’avoué Kaviraj Bokhoree tenus dans ces mêmes colonnes, le vendredi 13 juillet ?

Je suis quelqu’un qui valorise l’amitié et c’est pour cela que j’ai gardé le silence jusqu’ici. Sauf que quand des propos rapportés dans les médias blessent ma mère qui est âgée, mon épouse et mes enfants, il y a un minimum que je dois faire pour les protéger.

Que s’est-il passé à votre bureau le mardi 10 juillet ?

Je n’y étais pas. Je ne m’y rends plus de façon régulière depuis ces sept derniers mois, sur les conseils de mes médecins, parce que je suis souffrant. Mon épouse qui gère le bureau et mon clerc étaient aussi absents à ce moment-là. Seuls deux stagiaires, une fille et un garçon, ainsi que la personne qui fait le thé, étaient présents. Lorsque j’ai été informé de ce qui s’est produit, le temps que j’arrive au bureau, la stagiaire avait déjà fait une déposition à la police. Beaucoup de personnes ont dit que Rama Valayden ne portera pas plainte. Comme quelqu’un qui travaille pour les droits humains, je ne peux empêcher un adulte, qui est dans un état de choc, de porter plainte à la suite d’une agression.

Le soutien de vos juniors à Me Bokhoree lors de sa comparution en cour n’est pas passé inaperçu…

Toute personne a le droit d’être défendue. Mais, ce qui me blesse davantage que ce qui est arrivé à mon bureau, est que tous ceux que j’ai formés et dont j’ai aidé à façonner la pensée l’ont défendu alors que ces mêmes amis auraient pu jouer le rôle d’intermédiaire. Ils ont choisi de ne pas demander ce qui se passe alors qu’ils auraient pu apaiser les choses. C’est la raison pour laquelle je n’ai répondu à aucun de leurs appels par la suite. Comme le dit Me Jacques Panglose, seuls les avatars partagent la victoire. La défaite, je l’ai toujours assumée seul. Désormais, mon bureau sera organisé différemment. Auparavant, il y avait une pléiade d’avocats et de juniors que je mettais sur le coup quand je prenais une affaire. Il y a trois choses dangereuses au monde : la mauvaise foi, la jalousie et l’hypocrisie. J’ai vu les trois dans cette affaire. Avec les amis d’hier, je vais devoir prendre mes distances.

Dans nos colonnes, Me Bokhoree a dit mettre en doute l’intention de ceux qui ont diffusé les images CCTV…

Quand j’ai regardé ces images, j’ai été très choqué et blessé. Comme dans le cas du vol commis chez moi où les gens disaient que c’était une mise en scène, ces images-là ont été rendues publiques lorsque des personnes ont dit qu’il ne s’est rien passé à mon bureau.

L’avoué réclame Rs 1,5 million. Est-ce bien une histoire d’honoraires qui est derrière tout cela ?

Ce n’est pas vrai. Je ne fais jamais de prix avant. J’envoie directement les clients chez l’avoué Bokhoree. Parmi la série de cas qu’il a énumérée et pour laquelle il dit n’avoir pas été payé, demandez, par exemple, à Hector Tuyau, si j’ai touché un sou pour l’affaire de syndicat de la police. Comme cela, il y en a d’autres où j’ai paru gratuitement.

Et, pour l’affaire Aurore Gros-Coissy, qui a aussi été citée…

Quand j’ai entendu cela, j’ai tout de suite envoyé un courriel à Kaviraj Bokhoree lui disant de réclamer ses honoraires à la mère d’Aurore Gros-Coissy. Cette dernière pourra aussi lui dire si elle m’a remis de l’argent pour l’avoué.

Votre épouse Taslima Valayden a également été entraînée dans cette histoire…

Mon épouse a toujours aimé les chevaux. C’est une femme courageuse qui vit pour sa famille et pour sa passion. Puis, Me Bokhoree a aussi parlé du train de vie. Si au moins c’était le cas, avec les fêtes, la jet-set, les voyages. Mais zéro. Mes enfants font leurs études supérieures à Maurice. C’est maintenant qu’ils vont aller faire leur barreau à l’étranger. Nous avons toujours travaillé dur, à la sueur de notre front. Au point où cela a nui à ma santé.

Votre rapprochement avec le Mouvement socialiste militant est aussi une allégation ?

Il y a une volonté de nuire à ma crédibilité à tous les niveaux. Je suis un membre du Parti travailliste (PTr) que j’ai rejoint au plus bas de son histoire. Mon état de santé ne m’a pas permis d’être actif ces derniers temps. En décembre, à plusieurs reprises, j’ai demandé à l’avoué Bokhoree de se retirer comme candidat à l’élection partielle à Belle-Rose-Quatre-Bornes au profit d’Arvin Boolell. J’ai aussi dit que le PTr réorganisé, ce sera un 60-0 aux prochaines élections.

Envisagez-vous de retirer la plainte comme vous l’auriez indiqué aux avocats de Me Bokhoree ?

Beaucoup de messages ont été échangés. Me Bokhoree aurait dû ajouter que s’il présente des excuses publiques, je le ferai. Il est encore temps de le faire. J’ai beaucoup pardonné. Je continuerai à le faire. Mais ça ne veut pas dire un effacement de la mémoire. Je fais un appel pour qu’on mette fin à tout ça même si les blessures prendront du temps à se cicatriser.

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