Nou zoli pei: Baie-du-Tombeau, la vivante

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Un soleil qui pourrait rendre jaloux les habitants des hauteurs. C’est ce que nous avons trouvé à Baie-du-Tombeau en plein hiver. Malgré ses poches de pauvreté ou ses usines de textile, le village de la bonne volonté nous a dévoilé ses atouts. Notre première escale, nous la faisons à «St-Malo Boutik». Il s’agirait, selon son propriétaire, Bobby Chan, de la dernière «boutik sinwa» du village. Une bâtisse ancrée ici depuis 50 ans.

«Tan ki lasanté bon, pou kontign travay.» C’est la devise de Bobby Chan. Vous imaginez bien qu’en 50 ans de métier, des anecdotes, il en a plein le tiroir. Mais c’est une petite plaque qui finira par attirer notre attention. «Aprann inpé bon manier…» Interrogé sur sa démarche, Bobby Chan s’explique : «Lontan dimounn ti éna pli bon manier. Zordi-zour, séki éna kas népli konn dir bonzour

En cheminant down memory lane, Bobby Chan ne manque pas non plus de contraster le coût des produits de consommation. Il dit se rappeler que dans les années 60, le prix du poisson et de «l’ourite» était de 30 sous la livre et que les fameuses «sopinn» de Coca- Cola se vendaient à 15 sous l’unité.

Quittant Bobby Chan avec un de ses plus fidèles clients, nous nous rendons à «l’auberge». Non, il ne s’agit pas d’une maison d’hôte, nous parlons là d’un petit coin de plage que les habitants connaissent sous ce nom. Idéal «pou kas enn poz trankil». Mais évidemment, nous retrouverons les bonnes vieilles ordures laissées par les pique-niqueurs. C’est le point commun de pratiquement toutes les plages mauriciennes.

Cependant, la particularité de cette plage, c’est qu’elle donne vue sur le port. Grues et conteneurs, à l’horizon, l’on peut aussi entendre le bruit des sirènes des bateaux au loin pendant que les petites pirogues valsent sur un lagon plutôt calme. L’on devine tout de suite que ça doit être «enn ti plas seryé pou lapes pwason».

Assis dos contre un mur et admirant les vagues, Georgie Pasnin appelle à la conversation. Cet homme âgé de 75 ans est un ancien pêcheur. «Lontan, mo ti lapes boukou isi. Aster, mo népli tro kapav», regrette-t-il.

Georgie Pasnin raconte avoir passé toute sa vie dans cet endroit qu’il n’habite pas. À présent, il revient pour retrouver une tranquillité qu’il n’a pas trouvée ailleurs. «Zamé monn tann ou rankont okenn problem isi», fait-il ressortir.

D’où vient le nom «auberge» ? lui demandons-nous. Le sexagénaire nous relate : «Lontan ti éna enn gran kanpman isi. Tou lé samedi ti éna bel bel fet isi. Ti apel sa bal zariko.» C’est plongé dans ses nostalgies, face à la mer, que nous l’avons laissé.

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