Far West Mauricien: Calamity Jane affronte les Daltons

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Elle a fait fuir trois malotrus à elle toute seule. À 32 ans, cette habitante de Quatre-Cocos est devenue un symbole de courage et d’héroïsme depuis son agression le dimanche 17 juin. Même si elle n’est pas sûre de retrouver ses effets personnels, c’est avec une pointe de fierté dans la voix qu’elle raconte sa mésaventure. Ou plutôt son aventure.

Elle rentrait chez elle après sa journée de travail. «J’emprunte cette route tous les jours, donc il était facile pour les agresseurs de me repérer», raconte notre interlocutrice, qui n’a pas voulu dévoiler son identité. Il est 13 heures. Pas loin de sa maison, une voiture commence à zigzaguer devant son véhicule, avant de s’arrêter. Croyant à un accident, elle s’arrête et descend de sa voiture.

Les trois occupants de l’autre véhicule font semblant d’effectuer des marquages sur la route en attendant que les autres voitures passent. «Lerla, zot inn tir kouto ar mwa. Monn sey rant dan mo loto et ferm bann vit, mé zot inn fini rass mo sac. Mo ti éna 1 000 dollars, mo recette du jour», souligne la femme d’affaires.

Puis, les malfrats démarrent en trombe. N’écoutant que son courage et malgré la peur au ventre, elle se met à les pourchasser, telle Calamity Jane chevauchant son fier destrier au milieu d’un désert de bitume. «Sa moman-la, mo pa koné kot mo kouraz inn vini. Monn démaré monn swiv zot. Pann réflési lot zafer !»

La chasse aux voleurs a duré une bonne quinzaine de minutes. Sur la route, elle ne cessait de klaxonner et crier mais, à cette heure-là, les rues étaient vides. Elle appuie alors sur le champignon. À un moment, sa voiture heurte celle des agresseurs. «Zot loto inn déviré net. Mo ti krwar zot inn bien blésé tou…» Les trois Dalton ont pu prendre la fuite. L’un d’eux a été rattrapé le même jour, et les deux autres ont été arrêtés vendredi matin. De son argent, elle n’a récupéré que 100 dollars.

Une semaine après les événements, la Calamity Jane locale est toujours un peu secouée. «Je ne me sens plus tellement en sécurité. Je ne me promène plus avec les recettes du jour sans la présence de mon mari.» Mais si c’était à refaire, elle le referait. Si elle n’avait pas pris les choses en main ce jour-là, elle serait devenue une proie facile pour les agresseurs. «Si laisse sa passer enn kout, ti kapav reariv mwa sa lot semenn. Zot ti pou kontigné vey mwa…»

Certes, au début, sa famille, surtout ses enfants, se sont fait un sang d’encre pour elle, mais elle est parvenue les rassurer. Et non, le fait d’être une femme n’empêche pas de pourchasser des voyous. «Une femme fait la chose la plus dure au monde. Elle enfante. Si elle peut faire cela, elle peut tout faire, y compris se défendre !»

Les voleurs n’ont qu’à bien se tenir.

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