Fêtes des mères: après 10 ans, elle donne naissance à son bébé «miracle»

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La Fête des mères, cela fait des années qu’elle rêve de la célébrer. Ludmila Bonne, 38 ans, s’est unie à Gino il y a dix ans. Et depuis, comme beaucoup de couples, ils caressaient le désir de fonder une famille. Ils étaient alors loin de se douter que l’aventure ne serait pas de tout repos.

«Au début, il n’y avait aucune urgence. Nous étions heureux ensemble et nous nous disions que les enfants viendraient après. Mais passé un an, deux ans, nous avons commencé à comprendre qu’il se passait quelque chose», relate Ludmila.

Cette employée d’une clinique privée était encore pleine d’espoir. Elle n’était qu’une jeune trentenaire, elle avait la vie devant elle. «Chaque mois qui passait, on se disait, le mois prochain, ça ira. Puis l’an prochain ça ira. Et puis, il ne se passait absolument rien...». C’est alors que le couple décide de se tourner vers la médecine.

Le diagnostic est posé. Les médecins découvrent que Ludmila a du mal à ovuler. «Je n’ai jamais pu prévoir l’arrivée de mes règles. Je pouvais ne pas les avoir pendant trois mois puis saigner tout un mois. J’avais pris des pilules pour régler mon cycle, ça marchait pendant trois mois et ensuite, c’était la même chose.»

Pendant les cinq premières années de leur mariage, le couple Bonne aura tout essayé. Les injections, les pilules...tout. Et toujours rien. Pas une fois les tests de grossesse n’ont affiché les deux barres. Pas un embryon dans les échographies.

Le renoncement

Après cinq ans de vaines tentatives, le couple abandonne sa bataille médicale. Ludmila renonce au rêve de pouvoir serrer son bébé contre elle un jour. «Je m’étais dit que ce n’était pas pour moi, ça n’allait pas arriver. J’avais renoncé.» Les médecins leur avaient assuré que tout ce qui pouvait être fait, médicalement, avait été fait et qu’il n’y avait plus d’espoir.

La toute première nausée

C’était un matin tout à fait ordinaire et Ludmila était à la clinique. Elle travaillait comme d’habitude. Mais elle ne se sentait pas bien. Elle a demandé à un des médecins qu’elle connaît de lui prescrire un médicament contre une mauvaise digestion. Le médecin lui recommande alors une prise de sang pour un test de grossesse.

«J’ai répondu qu’il n’y avait absolument aucune chance que je sois enceinte. Je lui ai dit que cela faisait des années que je ne faisais plus ce test-là. Puis, je suis quand même partie au laboratoire pour une prise de sang pour faire plaisir au médecin», raconte-t-elle.

Une heure plus tard, une de ses collègues du laboratoire l’appelle. «Elle m’a dit ‘Ludmila tu es assise ? Le test est positif !’» Pendant un moment, elle ne peut plus rien dire. Elle n’y croit pas. «J’étais incapable d’y croire. Je n’y arrivais pas. Même si je le voulais de tout mon cœur, je n’y arrivais pas. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse une échographie pour en être sûre. C’est ce que j’ai fait. Et le médecin m’a dit qu’il y avait bien un embryon mais qu’il n’était pas en vie !» se remémore Ludmila. Si aujourd’hui elle en parle avec le sourire, à l’époque, les larmes étaient, une fois de plus, au rendez-vous.

Le médecin ne lui donnera, cependant, aucun médicament pour faire partir l’embryon sans vie. Il lui demande d’attendre deux ou trois jours. Elle le perdrait naturellement. «Le peu d’espoir que j’avais est tombé à l’eau. J’en ai parlé à mes parents le soir. Ma mère est croyante. Elle m’a dit que c’était la première fois qu’il y avait un embryon et que ce n’était pas pour rien. Elle m’a dit une parole. La bénédiction de Dieu n’est suivie d’aucun chagrin. Je me suis appuyée sur cette parole d’encouragement et le lendemain, je suis allée voir une autre gynécologue à la clinique», poursuit-elle. Une rencontre qui allait tout changer.

«Je vous ferai accoucher de ce bébé vivant»

Ludmila raconte, à nouveau, son périple et la gynécologue effectue une autre échographie. «Elle m’a dit que l’embryon était bel et bien en vie et que je mènerais ma grossesse à terme. Qu’il fallait juste que je prenne soin de ma santé.» Les mois qui ont suivi n’étaient pas les plus faciles. Entre les nausées, la prise de poids, les gros moments de fatigue, Ludmila garde le moral. Elle voit petit à petit grandir son fils Noah. Prénom qu’elle avait déjà choisi depuis qu’elle caressait le rêve d’avoir un enfant.

17 novembre 2017

3, 6 kg de bonheur. Le petit Noah, le «miracle» de Ludmila, est venu au monde par césarienne le 17 novembre 2017. Il est en parfaite santé. Sa mère aussi. «Je ne pourrais jamais décrire la joie que j’ai ressentie le jour où je l’ai eu entre les mains. C’était mon fils et il était en parfaite santé. Le médecin m’a dit que je pouvais l’emmener à la maison le jour même», dit Ludmila, les yeux remplis d’émotions.

«Toujours pas grand-mère ?»

En repensant à sa grossesse, Ludmila n’écarte pas cette anecdote. Elle était dans la voiture avec ses parents et son mari. Ils revenaient tous du supermarché lorsqu’une voisine a demandé à sa mère si elle n’était toujours pas devenue grand-mère. «Ma maman a répondu que c’était pour très bientôt. La voisine s’est alors penchée pour regarder si j’avais bel et bien un gros ventre et si c’était vrai que j’étais enceinte», raconte la trentenaire. Cela a beau être un geste anodin pour certains, mais Ludmila explique que des réactions similaires, elle en a eu des tonnes durant toutes ces années de douleur. «Les gens ne savent pas ce que vous traversez. À Maurice, ne pas avoir d’enfants, c’est toujours tabou. À chaque fois que je rencontre un couple qui n’arrive pas à avoir d’enfant, je leur dis de regarder Noah. Il est la preuve vivante que les miracles existent…»

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