Crime à Vallée-Pitot: «Oomesh Bhayraw pa gagn drwa viv sa, li pa enn dimounn li!»

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Ils ont eu le choc de leur vie quand cet homme de 42 ans a débarqué chez eux avec deux de ses enfants pour qu'ils les surveillent en leur déclarant : «Mo’nn pik li, mo’nn fini ar li. Guet banna la, mo pé alé aster...»

Oomesh Bhayraw, dit Moon, comparaît devant le tribunal de Port-Louis, ce jeudi 3 mai, sous une accusation provisoire d’assassinat. Tandis que les funérailles de son épouse Ashna, 27 ans, se tiennent aujourd’hui… Il l’a poignardée lors d’une énième dispute, hier, mercredi 2 mai, malgré le fait qu’elle avait un Protection Order. «Linn fer lagel ar mwa mo’nn pik li», aurait-il dit à un proche.

Ce drame aurait-il pu être évité ? Ashna Bhayraw était mariée à Oomesh, dit Moon, depuis 11 ans. De cette union sont nés trois enfants, âgés de neuf ans, trois ans et six mois. La jeune femme avait fait appel à la police de Plaine-Verte, hier matin. Une équipe de policiers s’est rendue au domicile du couple, à Vallée-Pitot. Les officiers auraient demandé à la jeune femme de les suivre au poste de police, mais elle aurait refusé. Leur  disant qu’elle ne voulait pas porter plainte, car elle savait que son époux allait encore être arrêté...

Si elle a refusé de porter plainte contre son époux pour maltraitance, Ooomesh Bhayraw, lui, n’aurait pas hésité à s’en prendre à la jeune femme. Lui assénant deux coups de couteau mortels. L’autopsie a attribué le décès à un stab wound to the chest and abdomen.

«Get mo zanfan»

Au coeur de leur dispute: l’argent. Mardi 1er mai, la jeune femme aurait donné de l’argent à son époux, qui effectuait des petits boulots, pour mettre de l’essence dans le véhicule afin qu’il puisse déposer leur fils aîné à l’école. Hier matin, la jeune femme serait revenue à la charge, faisant remarquer à Oomesh que leur fils se rendait toujours à pied à l’école. La dispute aurait alors repris de plus belle…

Après avoir commis l’irréparable, Oomesh Bhayraw, libéré depuis novembre 2016 après avoir purgé 18 mois de prison pour possession d’articles volés, aurait emporté leur fille de trois ans et le bébé de six mois pour les laisser chez une voisine. «Get mo zanfan», lui aurait-il dit.

Alertée par des voisins qui ont entendu la dispute, la police s’est de nouveau rendue au domicile des Bhayraw. Elle aurait rencontré Oomesh en route. Ce dernier leur aurait avoué qu’il avait tué son épouse. La victime gisait dans une mare de sang, à plat ventre, dans sa chambre quand la police l’a découverte.

Couteau caché sous une feuille de tôle

Oomesh Bhayraw, fiché à la police pour plusieurs délits et possession de drogue, a été arrêté par des policiers de Plaine-Verte. Immédiatement après, une équipe composée du Sub Inspector Satish Buljeeon, sous la supervision de l’assistant surintendant de police Hassen Chady, est arrivée sur le lieu du crime. Elle a été rejointe par les hommes du surintendant de police Shyam Bansoodep de la Criminal Investigation Division (CID) de la Metropolitan Police de la division nord. Des éléments du Scene of Crime Office (SOCO) de la division nord, menés par l’inspecteur Ragaven, sont également venus sur la scène du crime pour recueillir des indices et effectuer des prélèvements.

Oomesh Bhayraw a été emmené sur le lieu du crime, hier, vers 14 heures, par la CID. Il a restitué aux policiers le couteau de cuisine qu’il avait utilisé pour tuer son épouse. Il l’avait placé sous une feuille de tôle dans un couloir au rez-dechaussée dans la maison de sa mère. Le couteau a été remis au Soco pour analyse. À sa sortie, un quart d’heure plus tard, il a été hué par une foule hostile, qui voulait s’en prendre à lui.

«Li mari mové»

Sur les pas géométriques de la rue Inkerman où habitait la victime, c’est en effet un sentiment de révolte qui anime les voisins. Ces derniers disent ne plus pouvoir se retenir devant la violence dont était victime la jeune femme. Ils étaient même décidés, selon leurs dires, à donner une bonne correction à Moon. «Li pa gagn drwa viv sa, li pa enn dimounn li», lance l’un d’eux. Un de ses proches qui habite le quartier avance qu’Oomesh «mari mové mem, mwa ki fami ar li, li pa finn per pou ménas mwa».

Entre-temps, à Ruisseau-Rose, Montagne-Longue, village d’origine d’Ashna, voisins et amis ont afflué au domicile de sa mère Meeta. Celle-ci n’arrive pas à croire qu’Oomesh a ôté la vie de sa fille. Après avoir perdu son époux un 9 mai, dans des circonstances tragiques, il y a 13 ans, c’est un nouveau drame qui s’abat sur elle. Toutefois, la famille et les enfants de la jeune femme peuvent compter sur le soutien de la Child Protection Unit et d’un psychologue, qui leur ont rendu visite, à Montagne-Longue, hier.

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