Le «F**k Off» de Shakeel Mohamed à PwC

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Cela a chauffé. André Bonieux et Rajeev Basgeet, les deux partenaires de PricewaterhouseCoopers (PwC), ne sont près d’oublier les premières heures passées chez Fashion Style Ltd le 26 mai. Et pour cause, ils ont eu un vif échange de propos avec l’avocat député Shakeel Mohamed, qui s’y trouvait déjà ce jour-là.

L’express est en présence d’une vidéo exclusive montrant cette confrontation, au moment où les deux partenaires prenaient possession du bâtiment abritant les opérations de la compagnie de Rakesh Gooljaury à la rue Ibis, à Quatre-Bornes. Ce, suivant une décision de la Cour suprême, après qu’une injonction a été émise par les institutions bancaires MauBank et AfrAsia, interdisant à l’homme d’affaires de négocier les franchises appartenant à Fashion Style.

Nommés le 20 mai par la Cour suprême pour administrer Fashion Style et une palette de sociétés appartenant à l’ex-partenaire d’affaires de Nandanee Soornack, le tandem Bonieux/Basgeet est donc passé à l’action le 26 mai. Car entre-temps Rakesh Gooljaury avait choisi Sattar Hajee Abdoula, de la firme Grant Thornton, comme administrateur de ses affaires. Il a fallu conséquemment un ordre de la Cour pour trancher et donner gain de cause à PwC.

Selon nos informations, les deux administrateurs ont dû faire le pied de grue dehors pendant quatre heures avant d’avoir la permission de Paul Lam Shang Leen, Lead Counsel de Rakesh Gooljaury, pour avoir accès à l’intérieur du bâtiment.

Toutefois, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase était la présence pour le moins inattendue de Shakeel Mohamed sur les lieux. Ce qui a provoqué la colère des deux administrateurs. L’un d’eux, en l’occurrence Rajeev Basgeet, a ordonné à ses officiels de prendre le nom de l’homme de loi, ainsi que celui de toutes les personnes présentes dans le bâtiment. Et de réclamer dans le même souffle que l’avocat quitte les lieux. Ce qui a mis Shakeel Mohamed hors de lui.

Shakeel Mohamed: «Koumadir mo enn nwar touni»

L’avocat justifie de son côté sa présence : «Paul Foo Kune, qui voulait racheter les marques de Fashion Style, a retenu mes services. Mon client m’a demandé de rencontrer certains managers de Fashion Style en vue de ce rachat. C’est ce que je faisais quand les administrateurs sont arrivés

Visiblement, l’avocat de l’ex-propriétaire de chevaux n’a pas aimé la manière de faire de Rajeev Basgeet. D’où les propos virulents lancés à l’égard de ce dernier. «Tonn amerd mwa la. Pa nek koz ar mwa koumadir mo enn nwar touni. Nek dimann mwa ki mo pé fer la.» Ou encore : «Taa, rod kouyonad ar mwa, gagné ar mwa

Dès lors, André Bonieux est intervenu pour calmer les choses. Il a demandé à Shakeel Mohamed d’évacuer les lieux, insistant qu’il a «la responsabilité du bâtiment». Une injonction qui n’a pas plu à l’avocat. Qui lâche : «Je ne prends pas d’ordre de vous, Monsieur Bonieux.» Ce dernier de lui répliquer : «Excitez-vous quand il y a lieu de s’exciter.» Avant de menacer de faire appel à la force policière.

Entre-temps, Paul Lam Shang Leen, ancien juge et qui est aussi le Chairman de la Commission d’enquête sur la drogue, a demandé à certains officiels de PwC de quitter les lieux. Réponse d’un des intéressés : «Comment ça, dehors ? Mwa ki bizin met déor.» L’équipe de PwC a finalement réussi, avec difficulté, à investir le bâtiment.

Elle y est depuis deux semaines. Car le choix d’un repreneur pour les activités de Rakesh Gooljaury risque de prendre un certain temps, alors même que les deux principales créancières, MauBank et AfrAsia Bank, font de leur mieux pour récupérer leurs prêts.

Shakeel Mohamed confirme l’incident

Joint au téléphone jeudi 9 juin, Shakeel Mohamed explique ce qu’il faisait sur place, avant que les administrateurs n’arrivent. Outre le fait de représenter les intérêts de son client, Paul Foo Kune, il déclare avoir pris la défense des employés présents car ils se faisaient interroger «avec virulence» par certains représentants de PwC. Et c’est là que tout est parti en vrille. Shakeel Mohamed dit estimer que sa présence sur les lieux n’a rien d’illégal puisque c’est après son arrivée que les administrateurs sont venus prendre possession du bâtiment.

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