Journée du patrimoine: sites et monuments nous livrent leur histoire

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Un week-end sur les traces de l’histoire. À l’occasion de la Journée des monuments et sites, une série de sites décrétés patrimoine national ouvrent leurs portes au public durant le week-end du 23 et 24 avril. Zoom sur trois d’entre eux. Ils sont relativement méconnus et se trouvent sur des terres privées.

Château de Riche-en-Eau

Il porte bien son nom, le château de Riche-en-Eau. Si à l’origine, il était entouré de huit bassins creusés par la main de l’homme, il n’en compte aujourd’hui plus que cinq. Ces bassins, alimentés par une source et remplis par un système de débordement, entourent la maison familiale des De Rochecouste, tout en délimitant le jardin à la française, «avec une touche mauricienne», de cette demeure coloniale du Sud.

Gaëtan Carosin, responsable de l’entretien et de la sécurité du château, raconte: «À l’origine, cette maison se trouvait à Plaisance, non loin de la piste d’atterrissage.» Elle appartenait alors aux De Bissy. L’édifice, au départ de deux étages, est détruit une première fois par le feu. Il est racheté par la famille De Rochecouste. «La maison a été démontée et les pierres ont été numérotées. Elle a été remontée là où se trouvait l’usine de Riche-en-Eau. L’usine a été transférée à son emplacement actuel», à quelques centaines de mètres plus loin. «C’était en 1890», explique Gaëtan Carosin.

Cette maison en bois, au toit en bardeaux, a cinq chambres à coucher, dont quatre en suite. Elle est montée sur un soubassement en pierre taillée, qui servait autrefois de cave à vin. «Le bâtiment a été détruit une seconde fois, pendant le cyclone Carol en 1960», ajoute le responsable. Lors de sa reconstruction, les colonnades en bois de la terrasse ont été refaites en béton.

Arbres endémiques

Le château a aussi une terrasse d’où l’on contemple une cour «d’environ 30 hectares», dit Gaëtan Carosin. Et à deux pas de la maison, les dépendances, elles, sont aujourd’hui fermées. «À l’époque, le personnel était constitué d’une dizaine de personnes. Aujourd’hui, il n’y en a que trois pour maintenir la maison et le jardin en état.» Et dans le jardin, il y a aussi un pigeonnier et une antique piscine en béton, jadis alimentée par une vanne.

On peut également admirer une serre à anthurium. «Il y a eu une roseraie. Nous avons introduit des orchidées qui n’étaient pas là à l’époque.» Les visiteurs peuvent aussi admirer des arbres endémiques dont l’ébénier, le bois de natte, le «teckier». Plusieurs variétés de palmiste et des arbres à pain complètent le tableau. Précisons que lors des journées portes ouvertes, le public a accès au jardin uniquement. L’intérieur du château est interdit. «Ce week-end, c’est une ouverture exceptionnelle. Nous sommes ouverts au public seulement deux fois l’an. Le 12 mars et le deuxième dimanche de septembre», conclut Gaëtan Carosin.

Belle-Mare

Vieille prison

Imaginez être enfermé dans un couloir en pierre taillée, avec une lucarne loin au-dessus de votre tête. Si l’ancienne prison de Belle-Mare est aujourd’hui désaffectée, le sentiment de claustrophobie, une fois à l’intérieur du bâtiment, perdure. Ce lieu d’incarcération se trouve sur des terres appartenant à l’ancienne sucrerie de Constance La Gaieté.

Un bâtiment en trois parties, avec des cuisines – avec cheminées – séparées, qui selon le National Heritage Fund, a été construit à la fin du 18e siècle. «Il est généralement admis qu’il s’agissait d’habitations pour des esclaves. Il y a des preuves de troubles parmi la population esclave, notamment entre 1829 et 1831. Ces bâtiments de Belle-Mare ont peut-être été utilisés en cas d’urgence. L’ancienne prison date de l’époque française et reflète le traitement inhumain infligé aux captifs emmenés à Maurice.» Plus près de nous, des employés de Constance La Gaieté se souviennent que des annexes au bâtiment ont servi de séchoir pour le tabac.

Ancienne sucrerie

Avez-vous déjà vu trois cheminées, dans l’enceinte d’une seule usine? Scène atypique vue à l’ancienne sucrerie de Belle-Mare. Aujourd’hui désaffectée, elle se trouve sur les terres de Constance La Gaieté. Situé entre un champ de canne et un champ de palmistes, l’ancienne sucrerie porte l’inscription 1820, au fronton de l’entrée principale.

Autre particularité de cette ancienne usine : sept arches de chaque côté, deux côtés de la salle principale. Des arches avec des briques rouges en guise de décoration. Mais sur ces 14 arches, l’une a été bouchée.

Selon le National Heritage Fund, cette ancienne usine «remonte au début de l’occupation française. Il s’agirait du premier moulin à vapeur, introduit par Adrien d’Epinay en 1822. C’est en 1875 que la raffinerie cesse ses activités. Les familles Constance et Dalais ont acheté ces terres en 1953. Aujourd’hui, ces vestiges accueillent de temps en temps des réceptions et des mariages».

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