Ramgoolam-Bérenger: un nouveau roman d’amitié

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C’est reparti pour un nouvel accord politique entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Lors d’une conférence de presse marathon à la Clarisse House, le samedi 6 septembre, ils ont témoigné d’une amitié retrouvée. Le chef du PTr et celui du MMM ont promis de réussir cette fois parce qu’ils ont gagné en «expérience et en maturité».

 

S’ils ne se sont pas beaucoup attardés sur les détails de leur alliance en préambule et n’ont communiqué que l’essentiel, la presse ne l’entendait pas de cette oreille. Durant plus d’une heure, les deux leaders ont fait face aux interrogations, aux incertitudes et aux demandes de précisions relayées par les médias. Les questions portaient principalement sur le choix des candidats et des ministres des deux côtés, sur le «grand nettoyage» évoqué par le MMM, ou encore sur la collaboration entre les deux partis en attendant les prochaines élections.

Sur ce dernier sujet, Navin Ramgoolam a expliqué que des réunions seront organisées régulièrement entre les deux partis, et ce dès à présent. Toutefois, Paul Bérenger ne devrait pas démissionner de son poste de leader de l’opposition avant que l’assemblée des délégués du MMM n’ait ratifié l’accord.

«En ce qui concerne le leader de l’opposition, je n’ai aucune leçon à recevoir de qui que ce soit, papa! Jusqu’à lundi nous n’étions pas sûrs si je resterais leader de l’opposition jusqu’aux élections! Abe kifer dimoun prese? Nous sommes encore dans l’opposition, et nous resterons dans l’opposition jusqu’à ce que le processus de ratification soit terminé des deux côtés», a fait valoir le patron du MMM.

«La Dream Team, c’est moi et Paul Bérenger à la tête du pays»

L’autre grosse interrogation concernait la sélection des candidats et des ministres en cas d’élection de cette «grande alliance». Les deux leaders n’ont pas désiré s’étendre sur le sujet, mais ont néanmoins annoncé qu’ils travailleront «en équipe» pour dresser la liste des candidats. Avec 12 ministres et 30 candidats de chaque côté, «il faudra faire des choix, c’est clair», a admis le Premier ministre. Selon lui, «ce sera difficile», mais ce choix sera fait sur «un seul critère»: l’éligibilité des candidats.  

«La Dream Team, c’est moi et Paul Bérenger à la tête du pays, a lancé Navin Ramgoolam.Je redonne l’assurance, comme le camarade Paul vient de le dire, que nous voulons des gens qui feront le pays avancer. Ce ne sera pas facile, avec 12 ministres de chaque côté, autant pour le MMM que pour le Parti travailliste. Nous voulons avoir la meilleure équipe possible pour que le pays franchisse une nouvelle étape de développement.»

Le travail à ce propos commencera «dès cette semaine», a précisé Paul Bérenger, et ce «dans le respect des prérogatives du Premier ministre». Questionné à propos d’un éventuel «veto» du MMM sur certains noms indésirables au sein du PTr, le chef des mauves rétorquera qu’«on ne peut pas se servir du mot ‘veto’ entre amis et partenaires. Il n’y a pas de veto, nou mett la tet ansam. Nous voulons de part et d’autre des candidats éligibles. Et je pense que les 60 le seront».

«Nous aurons une majorité de plus de trois quarts»

A propos de la IIe République et de la réforme constitutionnelle, Paul Bérenger a annoncé que la question était encore sujette à modifications. «Nous n’inventons pas la roue, a-t-il dit, mais nous nous inspirons de l’Histoire et de ce qui a déjà été fait au niveau international». Il y a selon lui beaucoup de «variations» entre un système westminsterien et un système «à la française». Les deux partis devraient s’inspirer de tout cela pour créer un système «à la mauricienne».

En ce qui concerne les prochaines élections, elles sont déjà gagnées, à en croire les leaders de cette nouvelle alliance. «Je n’ai aucun doute. Comme mon camarade Paul Bérenger l’a dit tout à l’heure, nous aurons une majorité de plus de trois quarts», a d’ailleurs prévu le chef du gouvernement. Une telle victoire apportera plus de stabilité au pays, permettra de renforcer «l’union nationale» et «la démocratie», tout en donnant plus de pouvoir au gouvernement «face aux difficultés à venir», pense Navin Ramgoolam.

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