Manoeuvres militaires indiennes: l’histoire nous rappelle que les tentatives d’ingérence ne datent pas d’hier

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SAJ et Indira Gandhi, qui craignait dans les années 80 que le MMM remporte le pouvoir.

SAJ et Indira Gandhi, qui craignait dans les années 80 que le MMM remporte le pouvoir.

Lors du congrès de vendredi à Triolet, le MSM a lancé les activités dans le cadre des 40 ans du parti qui seront célébrés l’année prochaine. Mais ces 40 ans rappelleront aussi les tentatives de l’Inde de s’ingérer dans les affaires de Maurice. On se rappellera notamment de l’opération Lal Dora. Une page d’histoire qui démontre, avec toutes les allégations autour d’Agalega, que les velléités d’intervention militaire de l’Inde dans notre pays ne datent pas d’hier. 

1983. C’est l’année où le Mouvement socialiste militant (MSM) a été fondé après la cassure de la coalition Mouvement militant mauricien-Parti socialiste mauricien (MMM-PSM), qui a commencé à se fissurer depuis 1982. En 1983, donc, Paul Bérenger quitte le gouvernement pour être dans l’opposition. Sir Anerood Jugnauth (SAJ) a organisé ensuite les élections générales en 1983 en coalition avec le Parti travailliste et le Parti mauricien social-démocrate. 

Après cette cassure, des tensions ont commencé à s’installer dans l’île, comme l’explique un observateur politique. Craignant un coup d’État de la part du MMM, SAJ s’envole vers New-Delhi pour demander de l’aide à Indira Gandhi, la Première ministre d’alors de l’Inde. «À cette époque, Maurice et l’Inde avaient déjà des relations bilatérales, économiques et politiques entre autres. Et l’Inde et les États-Unis avaient beaucoup d’intérêt dans l’océan Indien. Indira Gandhi craignait aussi que le MMM remporte ces élections générales anticipées car il était important pour l’Inde à cette époque que le Premier ministre soit d’origine indienne.» 

À cet effet, une opération nommée «Lal Dora» avait été planifiée en Inde. «Si SAJ avait perdu les élections, l’armée indienne serait venue à Maurice. Cependant, cela n’a pas été le cas, non seulement parce que l’armée de l’air indienne et la marine n’arrivaient pas à se mettre d’accord mais aussi parce que l’opération n’avait plus de raison d’être vu que SAJ avait gagné les élections», explique notre interlocuteur. 

Selon l’historien Joycelyn Chan Low, cette partie de l’histoire est très importante surtout actuellement avec les doutes entourant Agalega. «Cela rappelle que depuis longtemps, l’Inde voit l’océan Indien comme une zone d’influence.» Un intérêt qui s’est accentué avec la présence de la Chine dans l’océan Indien. «Il s’agit d’un jeu géopolitique très fort car trois des huit passages clés du transport maritime s’y trouvent», rappelle Roukaya Kasenally, professeure agrégée et chercheuse en système politique et médiatique. 

Selon nos interlocuteurs, quoi qu’il se passe à Agalega, que cela soit une «station balnéaire» ou pas, l’histoire mais aussi les faits qui se sont accumulés au fil du temps démontrent qu’en effet, concernant notre sécurité nationale, l’intérêt de l’Inde dans son soutien accru est à questionner. 

En effet, depuis 1974, Maurice et l’Inde avaient signé un accord de défense. Maurice a mis de côté le traité de défense avec le Royaume-Uni pour l’Inde en tant que principal garant de sa sécurité. «Jusqu’à aujourd’hui, le National Security Advisor est un Indien. Jusqu’à maintenant, l’Inde a beaucoup investi dans la formation et le matériel des services de sécurité du pays comme les garde-côtes», ajoute Roukaya Kassenally. 

Investir huit milliards de roupies dans une «station balnéaire» seulement comme l’avait prétendu Bobby Hurreeram, donne à réfléchir. Quoi qu’il en soit, Joycelyn Chan Low affirme qu’il faut surtout se poser la question : «Avons-nous un nouveau traité avec les Indiens ?»

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