Agalega: une perte territoriale et financière pour le pays

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IBL voulait être le second transporteur régional avec Catovair et augmenter la desserte d’Agalega.

IBL voulait être le second transporteur régional avec Catovair et augmenter la desserte d’Agalega.

L’archipel d’Agalega représentait un véritable potentiel touristique et pour la pêche. Or, il sera difficile d’envisager de tels projets pour ces îles désormais occupées par les militaires indiens.

Même si Pravind Jugnauth affirme la main sur le cœur que Maurice conservera sa souveraineté sur Agalega, il est clair que cette souveraineté ne serait que symbolique. Car, avec au moins 162 Indiens stationnés là-bas et l’archipel devenu manifestement une base militaire, il est impensable que les Mauriciens et touristes pourraient y entrer comme dans un moulin… encore moins qu’aujourd’hui, où même les députés sous lesquels Agalega tombe ne peuvent se rendre. Les bases militaires, c’est connu, sont étroitement surveillées. «Si quelqu’un s’y aventure, nous dit un avocat, on pourrait facilement l’accuser d’espionner pour le compte des Chinois ! Et tant que l’accord entre la Grande péninsule et Maurice demeure secret, on est en droit de penser que l’archipel est déjà perdu pour nous.»

Une si jolie petite plage…

Maintenant que l’archipel est pratiquement aux mains des Indiens, tout véritable projet de développement à venir est à remballer. Nando Bodha nous rappelle qu’il y avait eu un projet de développement économique durable de l’archipel entre 2003 et 2004. «Le groupe IBL allait y construire des chalets et le complexe allait produire sa propre électricité et en fournir à la population locale.» L’ancien ministre souligne que les chalets allaient être construits sur le modèle des Maldives et des Seychelles, sur pilotis. «Le coin aurait pu attirer notamment des couples qui voudraient s’isoler du monde moderne pendant quelques semaines.» Était aussi prévu, ajoute-t-il, un projet d’agriculture bio et intégrée pour fournir les touristes en légumes et autres viandes. «On avait même identifié une société coopérative mauricienne qui allait aider à lancer le projet.» Malheureusement, il est resté dans les cartons, car le Conseil des ministres ne lui a pas accordé de bail en 2005. IBL avait même obtenu les droits d’atterrissage à Agalega pour sa compagnie régionale Catovair, qui n’a jamais vraiment pu décoller et visait pourtant à augmenter la desserte. Le groupe comptait d’ailleurs refaire la piste à l’époque.

Mais Nando Bodha est convaincu que de tels projets touristiques auraient pu être possibles. «Cependant, je ne pense pas qu’ils le soient maintenant avec l‘occupation de l’archipel par les Indiens. Je ne sais même pas combien d’espace sera disponible.» Il est de surcroît difficile de penser que des touristes qui recherchent le calme iront sur une base militaire où de gros avions vont atterrir et décoller régulièrement. Pour Nando Bodha donc, de tels projets sont condamnés car, de toute façon, l’archipel a déjà perdu de son cachet naturel. La pêche aussi sera rendue encore plus difficile si ce n’est impossible dans les lagons avec la surveillance continuelle et la pollution. Si l’on a perdu toutes ces opportunités à jamais, on ne sait pas non plus si l’Inde nous paiera un loyer pour l’utilisation de l’archipel. Selon une source, on ne recevra que des paiements lors de chaque atterrissage d’avions et d’accostage de navires. «C’est peanuts comparé à un loyer fixe.» Et aussi, comparé à ce que l’on perd en opportunités de développement touristique et autres.

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