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Que nous cache-t-on à la Banque centrale ? Dans son dernier bulletin mensuel, émis en fin de semaine, l’autorité régulatrice ne dévoile pas son bilan financier pour le mois d’avril 2022. Ce qui est contraire aux dispositions de l’article 32(5) de la Bank of Mauritius Act, qui exige la publication du balance sheet à chaque fin de mois. Cette situation fait tiquer plus d’un. Xavier-Luc Duval, parmi les premiers à réagir face à ce manquement de la BoM, n’y va pas avec le dos de la cuillère : «Pour deux mois consécutifs, la Banque de Maurice a révélé uniquement son balance sheet de mars 2022. Ce qui confirme qu’il est grand temps de virer tous les membres du conseil d’administration.» 

Le problème des institutions en général, et de la Banque de Maurice en particulier, c’est qu’elles sont devenues l’ombre d’ellesmêmes, incapables de tracer leur route en toute autonomie. Elles sont les complices du pouvoir en place et font tout pour masquer les faits qui pourraient déranger la stratégie politicienne en cours. La dépréciation politicienne de notre roupie est grave et a un effet pervers sur le pouvoir d’achat et sur le prix des carburants. Plus loin, KC Ranzé nous explique que «(…) la STC nous annonce que le prix CIF du litre d’essence est de Rs 39,4197 et celui du diesel de Rs 40,8857, ces prix auraient été moins chers d’environ Rs 7,10 et Rs 7,35 respectivement avec une roupie valant 18 % mieux face au dollar, comme il y a deux ans». 

Un autre fin observateur note que “the quietest way to destroy a country is by debauchery of its currency. In our case, debauchery is prescribed in the central bank legislation. Where did the MoF and the Governor study economics from? Do they have a knowledge of basic economics?”. Une source interne à la Banque centrale confie : «BoM FX reserves are also suffering from the sell-off in markets, because of higher inflation, and Hawkish pivot of G7 central banks. Central banks are rising rates aggressively to tame global inflation - mostly due to the supply and demand frictions, and supply shock following the peak of the pandemic. The war in Ukraine and Russian sanctions have amplified the food and energy crisis (…) Higher inflation is really bad for BoM FX reserves because they are not actively managing the portfolio and they do have inflation sensitive assets». Et de conclure : «The leadership of the central bank is too weak and inexperienced…» 

En août 2018, cela sentait déjà la fumée au sommet de la BoM Tower. Après une période d’embellie, les comptes de la Banque centrale redescendaient à nouveau vers le rouge. Le gouverneur d’alors, et ses deux Deputy Governors – qui s’entre-déchireraient dans un conflit de bas étage – étaient assis sur des réserves (forex reserves) de plus de USD 6 milliards – soit environ Rs 200 milliards. Rs 200 000 000 000, une somme phénoménale pour une petite économie comme la nôtre. Cette somme était sur une courbe ascendante depuis 2015-2016. Mais pour la période 2017-2018, tout cet argent, mal géré, a fini par générer un retour sur investissement de seulement… 0,5 % ! Dont une bonne partie avait été engloutie par des limousines, salaires et per diem surdimensionnés. 

Puis est venue la Mauritius Investment Corporation Ltd (MIC) ! Pour rappel, Renganaden Padayachy avait été applaudi quand il avait conclu son discours-Budget 2020-2021, en mettant en avant le fait que c’était un «budget équilibré». Or, l’on sait que le déficit budgétaire avait été (et est encore) masqué par la ponction des Rs 60 milliards de la Banque centrale, et qu’à aucun moment le FMI n’a cautionné ces recours non-conventionnels. Sur la MIC, le FMI ne passe pas par quatre chemins pour rappeler au ministre des Finances et au gouverneur de la Banque centrale, par rapport aux Rs 80 milliards, que «directors recommend that the central bank be recapitalized and relinquish ownership of the Mauritius Investment Corporation (MIC) with the financing of MIC provided through the budgetary process». 

ll n’y a plus d’issue. Le ministre des Finances et le gouverneur sont désormais au pied du mur et c’est maintenant qu’on va vraiment voir les maçons. Ils peuvent gagner encore du temps, mais ils auront, tôt ou tard, à passer à la caisse.

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