L’honneur perdu de deux institutions

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Un recul !

En attendant le jugement de la Cour suprême dans la pétition de la candidate Jenny Adebiro au n°19, l’on est en droit, en se basant sur les anomalies chiffrées mises en avant et les bulletins de vote officiels qui se promènent dans la nature, d’affirmer notre déception comme citoyens.

Malgré quelques controverses et des accusations d’élections «mardaye», la commission électorale était parmi les institutions les plus fiables et crédibles du pays. C’est pour cela que la décoration du commissaire électoral, Abdool Rahman Mohammad Irfan, dit Irfan Rahman, comme Grand Officer of the Star and the Key of the Indian Ocean, est passée comme une lettre à la poste, en mars 2018. Avec ce qui se passe, l’institution et l’homme vont devoir faire encore plus pour démontrer leur sérieux, tant leur image risque d’être écornée durablement par cette affaire.

Que le Returning Officer (RO) affecté à Stanley-Rose-Hill ait lamentablement failli à ses fonctions est une évidence, mais qu’en est-il de la commission électorale et de la commission de surveillance électorale (Electoral Supervisory Commission)? On peut pardonner au RO son inexpérience (c’était sa première fois à ce poste). Mais peut-on pardonner à la commission électorale et à l’Electoral Supervisory Commission ?

La révélation faite au tribunal fait froid dans le dos. Dans 18 unités de comptage sur 25, le nombre de votes comptés n’était pas divisible par 3. On ne parle pas d’une unité mais de 18 unités ! Dans trois unités de comptage, le nombre de votes comptés était supérieur au nombre de bulletins de vote alloués à ces unités! Comment peut-on accepter que ces anomalies flagrantes n’aient pas tapé dans l’œil de ces deux institutions qui organisent des élections à Maurice depuis des temps immémoriaux ?

La commission électorale et l’Electoral Supervisory Commission ne peuvent pas prétendre ignorer ces chiffres. Ces chiffres se retrouvent dans les documents officiels qui leur sont remis par le RO à la fin du scrutin, parfois juste après la proclamation des résultats. Et le seul fait de penser que la commission électorale et l’Electoral Supervisory Commission disposaient des informations sur ces chiffres erronés depuis décembre 2019 et qu’elles ont choisi de ne pas les divulguer jusqu’à présent est franchement déroutant.

Le pire, c’est que la position de ces deux institutions, dans le dossier de la pétition électorale, était qu’il n’y avait eu aucune irrégularité dans le processus de dépouillement. C’est ce qu’ils avaient dit au tribunal jusqu’à maintenant ! Était-ce un mensonge glacial ? Était-ce délibéré ? Jusqu’à quand étaient-ils prêts à cacher la vérité…

Si la confiance n’est plus de mise, en raison de ces irrégularités et de l’usage des «Computer Rooms», comment voulez-vous qu’on puisse passer au vote électronique, surtout lorsque ce gouvernement place ses petits et gros mignons et mignonnes à la commission électorale et l’Electoral Supervisory Commission ?

Dans les démocraties avancées, les élections sont transparentes et chaque étape du processus est susceptible d’être ouverte à un examen. Les parties prenantes peuvent alors vérifier de manière indépendante si le processus est mené avec honnêteté et précision. Le principe de transparence est lié au droit fondamental des citoyens de rechercher, de recevoir et de disséminer des informations (qui sont des éléments de la liberté d’expression). Il relève aussi du droit de participer aux affaires gouvernementales et publiques. Raison pour laquelle l’appréciation des juges Aruna Devi Narain et Denis Mootoo, de la Cour suprême, pourrait marquer l’histoire et redonner confiance à deux institutions qui auraient pu avoir été perverties par le jeu politique… Puisse le judiciaire demeurer notre dernier rempart !

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