Only diamond can cut diamond?

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Malgré sa convalescence, Navin Ramgoolam demeure l’homme fort des oppositions fragmentées. Son sérum de vie doit sûrement se concocter à partir des casseroles que traîne la cuisine de Pravind Jugnauth.

Après 11 mois, le leader du MMM a réalisé que Nando Bodha (dont la mayonnaise n’a jamais pris depuis qu’il a quitté le Sun Trust, malgré tous les efforts de promotion de Paul Bérenger), ne fait pas le poids dans la terrible bataille des éléphants Vaish entre les dynasties Ramgoolam et Jugnauth, qui détermine le paysage politique local depuis ces quatre décennies au moins.

En decembre 2014, le Premier ministre sortant, Navin Ramgoolam, et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, avaient fait fi du Parlement pour négocier leur alliance. Ils croyaient avoir les chiffres avec eux, mais les électeurs ne les ont pas suivis.

Inamovibles leaders des deux plus grands partis du pays, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam avaient pourtant tout prévu : une conférence de presse de la victoire à l’hôtel du gouvernement ; un 60-0 ou, à la rigueur, une majorité de trois quarts des sièges pour initier des réformes électorales et constitutionnelles afin de se tailler des costumes neufs (celui de Premier ministre pour le leader du MMM et celui de super président pour le second) ; une ÎIe République ; le ministère des Finances à Rama Sithanen, un super ministère à Reza Uteem ; le lancement du méga projet de métro léger dont le financement de l’Inde avait déjà été trouvé. Ils croyaient avoir tout anticipé. Mais les deux stratèges n’avaient pas vu cette lame de fond qui a traversé le pays et qui les a engloutis.

Pourtant, depuis la conclusion de l’accord électoral Rouge-Mauve de 2014, l’express avait maintenu que le calcul mathématique simplet – qui consiste à combiner le corps électoral traditionnel du PTr à celui du MMM – ne tenait pas la route par rapport à l’usure du pouvoir du Premier ministre et du gouvernement sortants. Cette analyse se fondait surtout sur le reflet du terrain. Et nous avons noté que si l’alchimie semblait plus ou moins fonctionner au niveau des deux leaders, la synergie entre les activistes des deux partis ne s’est, elle, jamais faite. Séparément, les deux partis auraient sans doute fait mieux. En s’associant, le PTr et le MMM se sont causé du tort mutuellement.

En face des géants rouge et mauve, il y avait un assemblage hétéroclite de petits partis, menés par le MSM de sir Anerood Jugnauth. À l’image du combat de David contre Goliath, la preuve a été faite qu’un minus comme le MSM peut effectivement gagner en montrant suffisamment de créativité, d’innovation et de connexion avec les «bread and butter issues» du peuple. Dans cette optique, le nom de l’alliance Lepep était nettement mieux trouvé que l’alliance de l’Unité et de la Modernité, qui n’était ni unie ni moderne.

Après leur défaite électorale, Ramgoolam et Bérenger n’ont pas fait une sérieuse autocritique de leur leadership respectif – et de leur entourage de béni-oui-oui.

Mais si Ramgoolam est resté tranquille sur son mariage raté, Bérenger n’a pas tardé à rejeter tout le blâme sur le leader des Rouges, comme si lui n’était responsable de rien. Et lors de l’assemblée des délégués du MMM qui a eu lieu à la municipalité de Quatre-Bornes, le samedi 20 décembre 2014, le leader mauve avait déclaré qu’«on a sous-estimé la colère du public envers Navin Ramgoolam». Il est même allé plus loin en littéralement crachant sur son ancien partenaire : «Ramgoolam s’est comporté de manière ‘arrogante’ durant la campagne électorale, ce qui l’a rendu impopulaire». Poursuivant sur sa lancée, il a soutenu que Navin Ramgoolam était un homme «capricieux» et qui a commis des «gaffes magistrales».

Sept ans plus tard, Paul Bérenger, éternel courtisan qui a compris que son destin politique et celui de sa famille passent par Ramgoolam, qui devient alors un moindre mal pour déboulonner le jeune Jugnauth (comme hier les Jugnauth étaient nécessaires pour faire tomber Ramgoolam). Dans la marge de l’agenda de Bérenger, Bhadain et Bodha n’ont pas encore le carat. Only diamond can cut diamond, n’est-ce pas camarade Paul ?

Fait notable : le silence du leader de l’opposition Xavier-Luc Duval qui reste à l’écart des tractations. A-t-il eu marre de ces permutations à n’en plus finir, au point où il pourrait choisir une retraite tranquille au Réduit ?

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