Covid-19 │ Le Dr Vasantrao Gujadhur: «Paret ena plis mor…»

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Pas moins de 18 décès liés au Covid-19 en une semaine. Pis, depuis mars, au moins 137 personnes ont été emportées par le virus contre, tenez-vous bien, dix décès de mars à décembre 2020. 

Ces chiffres qui interpellent, à un moment où les frontières sont ouvertes et les restrictions à travers le pays assouplies, ont été divulgués par le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, lors du point de presse du Comité national de communication sur le Covid-19, à son bureau à Port-Louis, vendredi. Six des 18 personnes décédées avaient moins de 60 ans. 

Quatorze n’étaient pas vaccinées contre quatre «complètement» – en sachant que la double dose des vaccins tout comme l’unique dose de Janssen ne suffisent plus aujourd’hui – inoculées, «dont deux personnes présentant des comorbidités», semblait justifier Kailesh Jagutpal. 

Face à cette situation, il va sans dire que le l'ex-directeur des Services de santé à la retraite, le Dr Vasantrao Gujadhur, reste sceptique et se demande si les chiffres du ministère reflètent la réalité. «Li assé serié 18 mor dan enn semenn. Pou mwa paret ena plis dan la kominoté. Kan get sif OMS, sif ban lagazet ek sif enn kompagnie fineb pe meté li pa tally avek sif ministère. Paret ena plis mor…» Puis, poursuit-il, le chiffre ne dit pas si les personnes sont décédées au New ENT, à l’hôpital ou à la maison, en auto-isolement. 

Concernant les moins de 60 ans qui meurent du Covid, le Dr Gujadhur dit détenir des informations selon lesquelles des 40-50 ans qui sont vaccinés et n’ont aucune comorbidité tout comme des enfants, dont le petit de deux ans, y figurent. Le Dr Gujadhur insiste sur le fait qu’en sus du nombre d’infections, le ministère aurait dû publier le nombre de décès, de guéris et de cas actifs au quotidien. «Pou nomb vaksiné pé tap zépol. Nomb mor ek ka aktif si bizin doné.» 

Évoquant l’auto-isolement, une décision «inévitable puisqu’il n’y a pas d’autre choix avec l’explosion des cas», le Dr Gujadhur parle de propagation de la contamination à la maison. «Eski pé expliké kouma bizin auto-izolé ? Mo pa trouv nanyé.» 

De son côté, face au nombre «alarmant» de morts, le Dr Satish Boolell est d’avis que le public, loin d’être dupe, attend plus de transparence et de redevabilité des autorités. Par exemple, il faut savoir quels sont les décès associés directement ou indirectement au Covid. «Les chiffres on peut les manipuler comme on veut. Le citoyen lambda n’est pas statisticien. La vérité ne peut que faire peur mais elle est primordiale en matière de santé publique», fait valoir l’ancien médecin légiste en chef de la police qui exerce maintenant dans le privé. 

Celui-ci demeure convaincu que dans n’importe quelle condition physique, le Covid est la dernière goutte d’eau qui fait déborder le vase. «Je demande au ministre de nous dire toute la vérité sur ce qui se passe à ENT et d’y organiser une visite à l’intention des organisations non gouvernementales concernées par la Santé.» 

Le public, poursuit-il, a aussi le droit de savoir de quelles maladies collatérales souffraient les personnes décédées ou encore quel vaccin leur a été administré. «On n’insulte pas le pays fabricant du vaccin en ce faisant. Il y a des vaccins dont le public a déjà décidé qu’il n’en voulait pas. Il contribue à leur achat à travers les taxes et a le droit de choisir son vaccin selon les informations à sa disposition.» 

D’autre part, il fait ressortir le manque d’informations sur les admissions de patients positifs dans les hôpitaux publics et le nombre de wards dédiés à ces malades. Et sans langue de bois, Satish Boolell affirme haut et fort qu’il n’a pas apprécié les regroupements pour la proclamation des résultats du HSC, par exemple. «La vaccination des adolescents n’avait pas encore débuté à ce moment-là…» 

Le médecin estime qu’une évaluation de tous les vaccins utilisés dans le pays est nécessaire. La transparence et de bons conseils sur l’association de vaccins pour la 3e dose sont aussi requis. Ensuite, le citoyen qui a attrapé le Covid-19, dit-il, doit aussi savoir à quel moment après son auto-isolement, il peut se faire vacciner. «Selon les infos que je détiens, c’est trois mois après un résultat négatif.» 

Pour conclure, Satish Boolell souligne qu’un protocole, une recommandation de traitement à ceux en auto-isolement est primordial. «Que prendre si vous êtes positif ? La chloroquine du premier confinement a disparu dans la nature. Moi-même en tant que médecin, j’aurai souhaité être guidé et savoir ce qu’on prescrit au lieu du très répandu paracétamol…» 

Nous avons également sollicité le ministère de la Santé pour des réponses. Aucun retour.

«Kont pa pé balancé !» 

Le ministre Jagutpal a parlé de 31 patients admis au New ENT. De ce chiffre, six totalement vaccinés avec les deux doses, sont sous respiration artificielle.18 patients nécessitent une assistance en oxygène et 11 étaient en observation en raison de leurs comorbidités. «Ça fait 35 au total alors que le ministre parle de 31 patients. Pa koné ki zot pé kozé», fait valoir le Dr Gujadhur. Avant de relever une autre anomalie. Le ministre, rappelle-t-il, a déclaré que des 110 admissions au New ENT du 1er au 22 octobre, 83 ont déjà obtenu leur décharge. «Leres kinn arivé ? Inn mor. Pé tap zépol pé dir komié inn discharged, komié inn mor, pa dir. Zot kont pa balancé !»

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